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Les contraventions pleuvent: ils vivent à la frontière monégasque et n'osent presque plus sortir

Mis à jour le 01/05/2020 à 19:00 Publié le 01/05/2020 à 18:30
Tom et Alex vivent à la frontière. Ici, ils sont à Monaco. Dans la rue en face, chez eux, ils sont à Beausoleil. Ils cumulent déjà quatre PV.

Tom et Alex vivent à la frontière. Ici, ils sont à Monaco. Dans la rue en face, chez eux, ils sont à Beausoleil. Ils cumulent déjà quatre PV. Photo Cyril Dodergny

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Les contraventions pleuvent: ils vivent à la frontière monégasque et n'osent presque plus sortir

La police monégasque verbalise des Français, les polices municipales des résidents de la Principauté qui ne respectent pas les mesures de confinement. Tous demandent un peu plus de tolérance.

La vie à la frontière franco-monégasque n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Tout au moins en période de confinement. Tom et Alex peuvent en attester.

Ce couple réside dans un immeuble de la rue Jean-Jaurès, à Beausoleil, sur la frontière entre la France et Monaco. Beaucoup de bâtiments sont dans ce cas dans ce secteur fortement urbanisé. Le problème, c’est qu’il n’y a qu’une seule entrée. Et elle se situe sur le territoire monégasque.

Autre particularité, qui aura son importance dans le récit qui suit, Tom est français, commerçant à Monaco. Son compagnon est monégasque.

"Je suis traumatisé"

"Jusqu’à présent, cela ne posait aucun problème de vivre ici, à la frontière, témoigne Tom. Mais depuis le confinement, c’est une autre histoire. Nous en sommes déjà à quatre contraventions. J’ai été verbalisé deux fois par la Sûreté publique et mon compagnon, deux fois par la police municipale de Beausoleil."

La facture commence à être salée: deux fois 135 euros pour Alex; 100 euros, puis 300 euros – la récidive – pour Tom.

Pour eux, très clairement, ces PV sont injustes et le résultat d’une "guerre des polices".

Injuste? "J’ai été verbalisé deux fois par la police monégasque, les 25 et 28 avril, en allant acheter des cigarettes à pied, pas loin de chez moi, explique le Français. Ce n’est pas normal, j’habite juste à côté, je suis passé en France pendant quelques mètres et il n’y a pas besoin de document pour circuler à Monaco."

Son compagnon, monégasque, a eu le même problème, mais avec la police municipale de Beausoleil, cette fois-ci. "Il était en scooter et s’est fait contrôler à la frontière. Il n’avait pas d’attestation sur lui car, dans ce quartier, on change de pays en fonction du parcours que l’on emprunte…"

Pour Tom, pas de doute: "Nous sommes les victimes d’une sorte de guerre des flics. Ils devraient vraiment faire preuve de tolérance."

Depuis, Tom ne sort plus de chez lui, ou presque. "Je suis traumatisé, je tremble comme une feuille quand je dois sortir le chien."

Car ici, il suffit de changer de trottoir pour franchir une frontière.

"Une tolérance de passage"

Une mésaventure assez semblable nous est rapportée, dans un mail, par une résidente monégasque.

"J’habite rue Malbousquet à Monaco et je n’ai d’autres choix que de rouler quelques mètres en France pour rejoindre une quelconque destination en Principauté", écrit-elle.

Assurant ne sortir que rarement de chez elle et respecter au mieux les mesures de confinement, elle poursuit: "Ayant un impératif de déplacement en Principauté, je choisis d’y aller en voiture (...). Arrivée à l’angle du boulevard des Moneghetti et de la rue Jean-Bouin à Beausoleil, passage obligé pour tous les habitants de mon quartier pour rejoindre les voies de circulation monégasques, je tombe sur un contrôle de police stratégiquement stationné pour contrôler et verbaliser en priorité les citoyens et résidents monégasques."

La sanction tombe: 135 euros. C’était le 16 avril.

"Je ne demande pas une dérogation ou un quelconque privilège, plaide-t-elle. Je demande une tolérance de passage pour les riverains."


Ce que répondent les autorités françaises et monégasques

Gérard Spinelli, maire de Beausoleil: "Je suis dans la rue tous les jours et je peux vous assurer que les cas de verbalisation que vous citez sont des exceptions. J’ai donné comme consigne aux policiers municipaux de faire preuve de tolérance et de pédagogie. C’est nécessaire lorsque, par exemple, la moitié des clients du marché de Beausoleil sont des résidents monégasques. Les policiers municipaux y distribuent les attestations de déplacement dérogatoire. La verbalisation est l’exception. C’est uniquement quand le contrôle se passe mal."

Patrick Césari, maire de Roquebrune-Cap-Martin: "Au début du confinement, nous avons observé que les plages de Roquebrune et Saint-Roman étaient régulièrement occupées par des Monégasques. Nous leur avons donc demandé de ne plus venir et les choses sont rentrées dans l’ordre. S’agissant de la circulation des véhicules le long de la frontière, nous avons eu quelques difficultés avec des Monégasques qui passaient à Roquebrune et des Français à Monaco. Le message que j’ai passé à la police municipale est de faire preuve de tolérance dès lors que les usagers sont de bonne foi. Depuis l’opération conjointe menée à la frontière par la France et la Principauté, ça se passe plutôt bien. Il n’y a plus de contraventions."

Ministère d’État de Monaco: Au gouvernement princier, on affirme, un peu dans la même veine que les maires de Beausoleil et de Roquebrune-Cap-Martin, que les instructions données à la Sûreté publique sur cette problématique frontalière vont dans le sens de la tolérance, de la prévention et du conseil, pas de la répression.

"Les personnes qui habitent dans les communes limitrophes peuvent librement venir faire leurs courses à Monaco, sans avoir à produire de documents. Et si des PV sont dressés de manière jugée abusive, il est toujours possible de les contester."

Depuis le début du confinement 79.492 contrôles ont été effectués (63.908 véhicules et 15 584 piétons), et 413 PV dressés

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