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Le Luxembourg embarque pour les transports gratuits, une première

Mis à jour le 28/02/2020 à 14:14 Publié le 28/02/2020 à 14:13
Image d'illustration.

Image d'illustration. Photo Shutterstock

Le Luxembourg embarque pour les transports gratuits, une première

Les Luxembourgeois vont pouvoir prendre le bus ou le train les mains dans les poches: leur petit pays deviendra samedi le premier au monde à mettre en oeuvre la gratuité des transports publics sur l'ensemble du territoire.

Des villes ont déjà mis en place une gratuité partielle - à certaines heures ou pour certains moyens de transports - mais c'est la première fois qu'elle concerne un pays tout entier, selon le ministère luxembourgeois de la Mobilité.

La gratuité, vantée comme "une mesure sociale importante", concerne 40% des ménages, qui utilisent les transports en commun, et représente environ 100 euros d'économie par foyer et par an.

La voiture reine 

Cette mesure s'inscrit aussi dans un plan mobilité destiné à réduire les embouteillages, alors que la voiture est reine au Grand-Duché.

C'est le moyen de transport le plus utilisé avec un taux de 47% pour les déplacements professionnels et de 71% pour les loisirs, selon un sondage de 2018 par TNS Ilres.

A titre de comparaison, à Paris, 68,6 % des salariés empruntent les transports en commun, selon l'Insee.

Le pays de quelque 610.000 habitants est connu pour ses encombrements dans le centre-ville de la capitale où la construction d'un tramway est en cours depuis des années.

Le premier tronçon du tram est opérationnel depuis fin 2017 mais le chantier devrait se poursuivre encore quelques années pour relier la périphérie sud de la capitale au nord où est situé l'aéroport.

Le bus n'est utilisé que pour 32% des déplacements pour se rendre au travail, devant le train (19%).

"Je pense que je prendrai un peu plus souvent les transports en commun", confie Xavier Desurmont (42 ans), qui prend le train occasionnellement pour se rendre à son travail, rejoignant en moins d'un quart d'heure la gare centrale de Luxembourg.

Il craint cependant que la mesure n'ait pas d'impact sur le trafic automobile en ville: "il y aura moins de vélos et moins de piétons car éviter de payer un ticket était pour beaucoup une motivation pour faire du sport", avance-t-il.

Le produit généré par la vente de billets (au prix unique de 2 euros) et d'abonnements s'élève à 41 millions d'euros par an, selon les autorités.

Une somme qui représente 8% des 500 millions d'euros de coûts annuels des transports en commun. Elle sera financée par les impôts.

Le Luxembourg va aussi réorganiser son réseau de bus régionaux d'ici l'année prochaine pour en faire le plus dense d'Europe, selon son ministre de la Mobilité, l'écologiste François Bausch.

"Des investissements systématiques et continus sont une condition sine qua non pour promouvoir l'attractivité des transports publics", soutient le ministre, membre de la coalition libérale-socialiste-écologiste au pouvoir.

L'exception de la 1ère classe 

Aux frontières du Luxembourg, les engorgements sont aussi récurrents puisque près de la moitié des salariés du pays (46%) habitent en France, Belgique ou Allemagne.

Ces quelques 200.000 frontaliers, tout comme la population résidente, utilisent majoritairement la voiture pour se rendre au travail.

Les distributeurs de billets vont progressivement être retirés mais dans les gares, des points de vente destinés aux tickets internationaux --qui tiendront compte de la gratuité dans le Grand-Duché-- et de première classe vont rester en place.

Seule exception, le train restera payant en première classe de même que certains services de bus à la demande organisés en service nocturne par les municipalités.

Les quelque 300 accompagnateurs de train de l'opérateur ferroviaire CFL vont désormais veiller à la sécurité et à l'information des passagers et continueront de contrôler les billets en première.

Une quinzaine de personnes sont concernées par la suppression des guichets mais ont été reclassées en interne, selon les CFL.

La gratuité est soutenue du bout des lèvres par le syndicat des transports (5.000 adhérents) Fncttfel-Landesverband. "Il faut que les temps de déplacements soient compétitifs face à la voiture", s'inquiète son secrétaire général, Georges Melchers.

Quant au Mouvement Ecologique, il dit n'être pas demandeur de la gratuité. "Pour nous, la qualité de l'offre est le point crucial pour rendre les transports en commun plus attractifs, et non la gratuité. Durant les heures de pointe, les capacités sont épuisées", explique Blanche Weber, présidente de cette association environnementale.


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