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Le dessin de Kenza, 5 ans, adressé au Président Emmanuel Macron

Mis à jour le 15/07/2017 à 12:23 Publié le 15/07/2017 à 12:30

Le dessin de Kenza, 5 ans, adressé au Président Emmanuel Macron

Kenza et sa mère Hager sont passées sous les roues du camion, le soir du 14 juillet 2016. Des miraculées traumatisées.

Le président Macron est un tout petit bonhomme bleu avec les cheveux dressés sur la tête. Pour sa maman, Kenza a choisi le rouge, comme le sang qui coule de son oreille. Sur cette feuille rose, elle a aussi dessiné des ballons bleus, plein de ballons, qui filent vers un soleil radieux et des enfants qui sont montés au ciel.

Et puis, dans le ciel, il y a aussi un sac de bonbons mutlicolores. Ces mêmes bonbons que le 14 juillet dernier, Kenza, et sa maman, Hager, venaient tout juste d'acheter au kiosque avant que le camion ne leur fonce dessus. Dix-neuf tonnes de haine et de mort lancées sur elles et leur jolie vie sans histoires.

En une seconde, Hager a plaqué Kenza contre son ventre, sa fille tout contre elle, et s'est jetée sous le camion. Elles sont passées entre les roues, miraculées, une oreille qui saigne pour Hager et, puis, des blessures qui ne se voient pas mais qui les hantent, jour et nuit. Kenza a cinq ans, sa maman, 33. Et "plus rien n'est pareil".

"Nous ne sommes pas mortes dans cet attentat mais, en quelque sorte, nous ne sommes plus en vie". Elles sont venues le dire au Président Macron: Kenza avec un dessin, Hager avec un courrier dans lequel elle explique leur difficulté à continuer: "Nous vivons au rythme des pédopsychiatres, des rendez-vous dans les hôpitaux, de la peur, des angoisses, de la peine, de la colère et de ce mal-être incessant..."

"Mon espoir, tous mes efforts ont été supprimés"

Hager rêvait d'ailleurs pour oublier: "Tant de fois j'ai voulu quitter Nice, ma ville, notre ville de naissance, si chère à notre cœur. J'ai pris la fuite, je suis partie dans le désert avec ma fille, je cherchais un autre endroit pour essayer de me reconstruire. Cependant mon ancrage et mon investissement dans mon quartier, Vernier-Trachel à la Libération, m'ont empêchée de concrétiser mon départ."

Hager et sa famille ont créé, voilà plusieurs années, une association qui crée du lien social dans ce quartier en souffrance de Nice. Surtout, Hager est, depuis 4 ans, assistante d'éducation (AED) dans l'école du quartier où est scolarisée Kenza. Et ça la raccroche à la vie.

"Après le 14 juillet, j'ai repris mes fonctions comme si de rien n'était (...) J'ai pris un appartement en face de l'école en ce début de mois de juillet afin de préparer cette rentrée (pour éviter les déplacements devenus insupportables depuis l'attentat) et c'est là que j'apprends que mon espoir, tous mes efforts et les seules choses qui me rattachent à Nice ont été supprimés au nom de restrictions budgétaires: mon poste vient d'être supprimé."

"Mon poste est précaire, mon salaire de 724 euros par mois. Ce n'est bien que par conviction que je m'investis dans cette lutte, qui est pour moi le pilier de ma reconstruction et de celle ma fille. Il faut absolument que cette école repasse en Réseau d'éducation prioritaire REP). Il faut, Monsieur Le Président, je vous en prie, que vous mettiez en place une procédure d'urgence. Ce quartier a besoin de préserver ses moyens pour poursuivre ses luttes. Nous sommes plus que confrontés au problème de radicalisation. Monsieur le Président, il est en votre pouvoir de faire renaître un sentiment d'espoir en la vie. Je vous prie de ne pas y être indifférent et de le faire."


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