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L'AAH toujours liée aux revenus du conjoint: la colère d'un bénéficiaire azuréen

"Lorsque j’ai appris que le texte était rejeté, j’ai eu l’impression que le sol se dérobait sous mes pieds. Oui, je l’avoue, j’en ai pleuré." Mathieu (le prénom a été modifié), azuréen de 35 ans, souffrant de plusieurs handicaps, est tombé des nues lorsqu’il a su que le calcul de l’AAH (Allocation adulte handicapé) ne serait toujours pas désolidarisé des revenus du conjoint.

Axelle Truquet atruquet@nicematin.fr Publié le 18/06/2021 à 11:57, mis à jour le 18/06/2021 à 12:10
Illustration. Photo DR

Il dénonce "une situation aberrante". Pour bien comprendre, il raconte son histoire: "ma maladie m’empêche de travailler, je ne vis que de l’AAH soit 903,60 euros par mois. Déjà, avec cette somme je peux vous assurer que les fins de mois sont très - très - compliqués. Je ne sors jamais, je ne fais pas les magasins, je porte les mêmes vêtements depuis des années."

"Et ma vie sentimentale est soumise à cette allocation. Le prix de l’amour, c’est 903,60 euros. Pourquoi? Parce que si je me mets en couple, c’est-à-dire si je me marie, je me pacse ou simplement si je m’installe avec quelqu’un, je risque de perdre mes seuls revenus. Car à partir du moment où votre conjoint(e) gagne plus de 1.020 euros nets par mois, votre allocation est réduite. Et elle est supprimée si l’autre perçoit plus de 2.270 euros nets par mois."

La problématique ne s’arrête pas à l’aspect purement financier. "A cause de ce système de calcul, un déséquilibre s’installe dans le couple. Celui qui ne perçoit plus l’AAH doit demander de l’argent pour la moindre chose, le plaçant ainsi dans une situation de dépendance totale. On perd toute notre autonomie. Et l’autre doit porter la responsabilité du foyer. Dans les couples qui souffrent de cette mesure inique, il s’installe de la tension voire de la violence. Certains sont à bout. Il y a des espaces de parole sur des sites internet dédiés: les témoignages montrent la détresse dans laquelle se trouvent beaucoup de bénéficiaires de l’AAH."

Mathieu évoque un autre aspect: "Si la personne souffrant de handicap vit chez ses parents alors elle touche quand même son AAH. Pas si elle s’installe avec son conjoint. Cela signifie que, d’une part, elle ne peut pas prendre son indépendance. Et d’autre part, que les parents ne peuvent pas voir leur enfant mener sa propre vie. Là encore, cela peut créer des tensions."

Pour l’Azuréen, "il faut absolument désolidariser le calcul de l’AAH des revenus du conjoint. C’est une question de justice et de dignité."

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