"La justice doit intervenir": face à l'afflux de gens du voyage, les maires du Golfe de Saint-Tropez abandonnés par l'Etat

Depuis plusieurs jours, les communautés du voyage s’installent sur plusieurs villages du Golfe de Saint-Tropez, sans que les infrastructures soient en capacité de les recevoir. État des lieux.

N. SA. Publié le 03/07/2021 à 13:40, mis à jour le 03/07/2021 à 14:02
Depuis 15 jours, l’afflux massif de caravanes a saturé le territoire du Golfe. R. P.

Au hameau des Crottes, à Grimaud, une cinquantaine de caravanes a forcé l’enclos d’un terrain privé où devaient prochainement arriver des chevaux. Le propriétaire est arrivé quelques minutes trop tard: échanges courtois malgré l’intrusion, mais celui-ci a préféré porter plainte. C’est le dernier arrivage en date dans le Golfe qui, depuis une quinzaine de jours, voit affluer des centaines d’attelages.

Lors du conseil communautaire mercredi, les élus sont revenus sur ce dossier, témoignant par la voix du président Vincent Morisse, "de leur solidarité à Thomas Dombry", le maire de La Garde-Freinet, victime d’une agression la semaine dernière, "en se défendant contre une intrusion sur un bien public" [le stade de foot municipal, ndlr].

"Nous faisons part de notre mécontentement auprès du sous-préfet du Var, avec une situation qui ne fait que s’aggraver dans une agressivité ambiante, déplore-t-il. On n’est plus épargnés. La justice doit s’en saisir avec sévérité."

Les maires sont à bout

Jean Plénat, maire du Rayol, abonde. "Malgré les plaintes déposées, toutes les affaires sont classées sans suite. Un début d’agression, des propos écrits ne sont pas sanctionnés. Pire, ils ne sont pas pris en compte."

Stéphan Gady (maire de La Mole), en charge d’une délibération sur les tarifs de l’aire de grand passage, a fait un point sur la situation estivale. "Actuellement, il y a plus de 800 caravanes réparties essentiellement, par ordre croissant, sur Cogolin, Grimaud, La Mole et Ramatuelle. On est dans un état de saturation complète du territoire, avec détérioration environnementale sur des zones de captage, branchement en direct sur des nappes phréatiques."

 

Un élu qui souhaiterait que "l’association de médiation chargée de nous prévenir des grandes migrations fasse mieux son office", tout en jugeant "intolérable le positionnement des autorités", avec « un maire qui se retrouve seul face à ces difficultés".

Schéma difficile à mettre en œuvre

Selon Vincent Morisse, le mutisme de l’État provient du fait que "le Golfe n’a jamais réussi à mettre en place le schéma d’accueil des gens du voyage: il y a une aire d’accueil à Sainte-Maxime (occupée tout au long de l’année) qui n’est pas aux normes. L’aire de grand passage n’a pas été validée par les autorités, car ça ne va jamais, souffle ce maire. C’est le prétexte de l’État pour ne pas intervenir dans nos problèmes".

Et quand bien même les aires requises seraient aux normes, "la quantité de caravanes dans le Golfe est le double des capacités d’accueil prévu dans le schéma", constate-t-il. Qui plus est, "quand une communauté s’est installée sur une aire, aucune autre ne veut s’y ajouter. C’est un débat de longue haleine."

Et qui semble sans solutions pérennes à l’horizon.

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