"Il en va de la survie de tout un secteur d'activité": la députée azuréenne Alexandra Valetta-Ardisson explique pourquoi les restaurants doivent aussi rouvrir le 11 mai

La députée de la 4e circonscription des Alpes-Maritimes réagit à la décision du président d'ouvrir les écoles et les entreprises mais pas les restaurants, cafés et hôtels.

Mathilde Tranoy Publié le 16/04/2020 à 22:47, mis à jour le 17/04/2020 à 14:51
Illustration dans un restaurant. Photo Eric Ottino

Alexandra Valetta-Ardisson a adressé un courrier ce jeudi  au Premier ministre Edouard Philippe. 

Cette décision de rouvrir les écoles mais pas les restaurants, cafés, hôtels vous a surpris?
Oui. Ça fait quelques jours que cette annonce a été faite et je m’étonne de n’entendre personne réagir sur ce sujet? Je ne critique pas la décision d’ouvrir les écoles. Il le faut, le Président l’a redit. Les entreprises, les magasins aussi, il faut que la vie reprenne. Qu’on continue d’interdire les concerts, les festivals où tout le monde s’agglutine, oui. Mais je ne comprends pas qu’on ne puisse pas autoriser la réouverture des restaurants, cafés et hôtels. Sauf si on m’oppose de bons arguments médicaux, pas de souci. Mais comme je n’ai pas eu d’explications à ce jour, j’interpelle.

Est-ce parce que se rendre dans ces établissements est considéré comme un loisir ou une activité touristique et pas de première nécessité?
Il n’y a pas que les touristes. Il y a aussi les personnes qui travaillent dans une entreprise, dans un bureau, et qui, le midi, vont déjeuner, parfois au moyen de leurs tickets-restaurants, au bistrot d’en bas. Comment expliquer que, dans les étages, les gens travaillent et que les restaurants et cafés restent fermés. Au-delà du tourisme, ces cafés, restaurants sont des lieux de vie. Des endroits qui font aussi rêver, car on s’y rend en couple, entre amis pour passer un bon moment. Ce sont des endroits qui mettent du baume au cœur et nous en avons besoin en cette période. Si nous ne leur donnons pas l’occasion de continuer leur activité, certains ne seront plus là.

 

Avez-vous été alertée par des entreprises qui s’apprêtent à mettre la clé sous la porte?
Dans ma circonscription j’ai des établissements comme celui de Mauro Colagreco, trois étoiles au Guide Michelin, et le petit snack de quartier. Certains n’ont en effet pas les reins assez solides pour traverser cette crise. J’ai peur qu’on mette de côté tout un secteur d’activité. Il ne faut pas que ces professionnels aient l’impression de subir une injustice. Je veux leur dire que j’ai confiance en eux et que je vais me battre. Mais si je suis toute seule ça va être un petit plus compliqué.

Les mesures de soutien économique ne sont pas suffisantes?
Je crois que nous n’avons pas à rougir de la façon dont notre pays gère cette crise économique quand on regarde ce qui se passe dans d’autres pays européens. Des mesures économiques ont été mises en œuvre pour soutenir les professionnels et c’est très bien. Ils sont aidés et vont continuer à l’être mais la grande majorité préférerait travailler.

Quelles mesures sanitaires supplémentaires faudrait-il mettre en œuvre pour leur permettre de poursuivre leur activité en toute sécurité?
On peut imaginer des demi-services, leur demander de sacrifier une table sur deux, ou encore des tables espacées de deux mètres. Je pense qu’il faut faire confiance à nos professionnels du tourisme pour appliquer les précautions sanitaires nécessaires. S’ils pouvaient rouvrir le 11 mai, ça leur laisserait un mois pour se préparer. C’est moins dangereux selon moi d’aller au restaurant que d’aller faire ses courses au supermarché, surtout quand on voit le monde qu’il y a parfois.

Votre courrier est parti ce jeudi. Qu’attendez-vous du Premier ministre?
J’attends d’être écoutée, sinon je ne le ferai pas. J’espère être entendue, il en va de la survie de tout un secteur qui va déjà subir l’absence de clientèle étrangère.

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