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Gare à cette nouvelle arnaque sur la Côte d'Azur: les escrocs se font passer pour des banquiers

Mis à jour le 30/11/2020 à 12:01 Publié le 30/11/2020 à 08:05
Pour les escrocs, tous les moyens sont bons pour récupérer des données bancaires.

Pour les escrocs, tous les moyens sont bons pour récupérer des données bancaires. F. C.

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Gare à cette nouvelle arnaque sur la Côte d'Azur: les escrocs se font passer pour des banquiers

L’imagination des escrocs est sans limite dès lors qu’il s’agit de soutirer de l’argent aux particuliers ou aux entreprises. En vogue désormais, les faux banquiers, convaincants et crédibles, dont il faut se méfier.

C’est un fait avéré et démontré par les statistiques: chaque année, près d’un Français sur vingt est victime de débits frauduleux sur son compte bancaire. Et malgré une prévention de plus en plus pointue, la mise en place de systèmes de sécurité de plus en plus élaborés, ce taux ne varie guère d’une année sur l’autre.

S’il le fait d’ailleurs, c’est plutôt avec une forte tendance à la hausse au point qu’en 2020, ce type d’escroquerie pourrait atteindre 660 millions d’euros.

Un forfait bien préparé

En 2018, ce sont ainsi 1,3 million de ménages qui ont fait les frais d’arnaques plus ou moins importantes révèle une enquête menée par l’Insee et l’Observatoire national de la délinquance.

Un constat qui, de surcroît, est "minimaliste" dans le sens où il n’inclut pas les débits résultant du vol ou de la perte d’un chèque ou d’une carte, ni les cas d’extorsion de données confidentielles par la violence ou la menace, mais uniquement ceux liés au détournement d’informations personnelles, en l’occurrence un numéro de carte bancaire.

Très visiblement, l’e-commerce représente la part la plus importante (56% en moyenne) des cas de fraude. Les commerces traditionnels en revanche, ainsi que les retraits aux distributeurs automatiques offrent une garantie bien supérieure de sécurité avec, respectivement, 10% et 6% des débits frauduleux.

Mais ce qui semble aujourd’hui en vogue, c’est l’escroquerie aux faux banquiers. Un exemple parfaitement illustré par la mésaventure récemment subie par Vanina (lire son témoignage ci-dessous). Cette arnaque demande, de la part de ceux qui l’organisent, un certain "doigté" puisqu’il s’agit pour eux, d’entrer directement en contact avec leurs victimes potentielles et de les convaincre qu’ils sont bien... ce qu’ils prétendent être.

Cela implique une préparation méthodique de leur forfait, une anticipation des réponses à apporter, le recours aussi à des intervenants intelligents, s’exprimant dans un français parfaitement correct. Dans l’exemple illustré par Vanina, le fait qu’une femme soit l’interlocutrice a eu aussi son importance au niveau de la mise en confiance.

Les banques, directement concernées par ce problème, s’en sont emparées. Sur le site de plusieurs d’entre elles, un message d’avertissement trône désormais en bonne place. C’est le cas du CIC qui résume carrément le modus operandi des aigrefins...

"Dans un premier temps, la victime reçoit un appel téléphonique d’un escroc se faisant passer pour un banquier. Il l’informe avoir observé des mouvements inhabituels sur son compte et que d’importants montants ont été prélevés. Sous le choc, celle-ci oublie d’être vigilante et se laisse manœuvrer par le faux banquier..." Exactement ce qui est arrivé à Vanina!

Il n’est ainsi pas vain de rappeler que le code d’une carte bancaire ou les identifiants d’accès à une banque en ligne ne doivent jamais être divulgués à personne. Jamais votre banque ne vous les demandera, ni par téléphone ni par e-mail.

Un conseil maintes et maintes fois répété, mais qui, malheureusement, se heurte à une double problématique: la crédulité des clients... et l’habileté de ceux qui mettent en scène des scénarios si bien rodés, qu’ils continuent immanquablement à faire florès.

Une Azuréenne raconte comment une fausse banquière l'a escroquée par téléphone

23 heures, le 11 novembre dernier. Vanina, qui habite sur la Côte d’Azur, est tirée de son sommeil par un appel sur son téléphone portable. À demi réveillée, elle décroche et entend alors une voix féminine qui lui explique appartenir au service fraude de la Caisse d’Épargne, banque où la jeune femme a sa domiciliation bancaire. Vanina est inquiète.

"Cette personne me dit qu’il y a eu beaucoup d’achats effectués sur mon compte et qu’il convient donc de vérifier. Comme je l’interroge sur son appel aussi tardif, elle m’assure que son service fonctionne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et visiblement connaît mon identité, mon adresse, etc. Elle était très convaincante, comme peut l’être une véritable professionnelle du secteur, s’exprimait très bien et je ne me suis donc pas méfiée."

Mais ce qu’ignore encore celle qui exerce le métier de photographe, c’est qu’elle est en train de faire les frais d’une escroquerie. Une arnaque que son interlocutrice anonyme s’emploie à concrétiser… "Elle me précise vouloir lister les achats prétendument suspects et me demande de lui communiquer l’un après l’autre, les codes de confirmation que la banque va m’envoyer par SMS. Cela dure bien une demi-heure."

Le lendemain matin, nouvel appel de la banque. Cette fois-ci, c’est une véritable employée du service fraude qui est en ligne. Et qui s’enquiert de savoir si sa cliente a réellement effectué des achats en ligne pour un montant de presque… 5.000 euros.

Décontenancée, Vanina s’étonne d’être ainsi contactée à deux reprises pour le même motif. Et comprend qu’elle a été abusée. "J’ai joint ma conseillère, celle qui s’occupe personnellement de mon compte. J’étais paniquée parce qu’en fait, c’est moi qui ai fourni à chaque fois un code aux fraudeurs pour valider ces achats et que, dans ce cas, la banque n’a pas à rembourser. Ce n’est pas à proprement parler une fraude à la carte bancaire telle que celles que l’on peut déclarer sur la plateforme Perceval. Finalement, c’était une usurpation de l’identité de la banque et c’était presque à elle qu’il appartenait de porter plainte."

Mais, dans les faits, c’est bien Vanina qui s’est trouvée ennuyée par cette malencontreuse affaire. "Ma carte bleue a été mise en opposition et n’importe quel débit qui se présentait pouvait être rejeté. Heureusement, les prélèvements frauduleux, eux, ont été refusés par ma conseillère qui a placé une alerte sur mon compte. Pendant quelque temps, je n’ai plus pu payer en carte ni par chèque, mais je pouvais quand même retirer des espèces au guichet."

Au fait, sait-elle comment ses coordonnées personnelles ont pu se retrouver entre les mains de personnes mal intentionnées? "J’ai des doutes vis-à-vis d’un site marchand très connu qui m’a abonnée sans me demander quoi que ce soit et d’un service de paiement en ligne. Je pense avoir reçu un mail frauduleux sur lequel j’ai peut-être cliqué par inadvertance, ce qu’il ne faut jamais faire évidemment."

Une leçon bien apprise pour celle qui jure bien qu’on ne l’y reprendra plus. D’ailleurs, sa banque lui a octroyé, afin d’éviter que l’histoire ne se répète, une carte bleue virtuelle pour ses achats sur le Net… "C’est super, le numéro change toutes les dix minutes de sorte que les hackers n’ont pas le temps de le récupérer." De quoi la rassurer, en effet.

L’Azuréenne Vanina a eu de la chance dans son malheur : la réactivité de sa banque a permis d’éviter que le montant des achats frauduleux ne soit débité sur son compte.
L’Azuréenne Vanina a eu de la chance dans son malheur : la réactivité de sa banque a permis d’éviter que le montant des achats frauduleux ne soit débité sur son compte. Photo d’illustration F. F.
Remboursement: les banques (parfois) traînent des pieds...

Une enquête récemment menée par l’UFC Que Choisir met en exergue un étrange paradoxe: alors que les fraudes sur les paiements en ligne et sans contact devraient progresser de 20% en 2021, il s’avère que les clients des établissements bancaires sont de moins en moins remboursés lorsqu’ils en ont été victimes.

Au total dévoile cette enquête, "30% des victimes de fraudes n’ont pas été remboursées en 2020, contre 26% l’année précédente."

Un chiffre qui augmente donc, malgré une réglementation plus protectrice pour les usagers. Pour l’association de défense des consommateurs, cela s’explique par le fait "que les banques conditionnent souvent le remboursement à un dépôt de plainte préalable. Mais les services de police et de gendarmerie étant débordés, ils refusent parfois de prendre ces plaintes."

Or, rappelle l’UFC Que Choisir, "les textes légaux ne prévoient pas que le client victime d’une fraude bancaire doive déposer plainte. Au contraire, la banque doit rembourser immédiatement son client dès que celui-ci lui signale une opération non autorisée."

Gare à la négligence!

Exception à la règle : la négligence ou une faute du client, qui doit alors être prouvée par la banque. C’est le cas si la demande d’opposition n’est pas effectuée assez rapidement, ou si la fraude n’a pas été révélée dans un délai de 13 mois maximum.

Dans le cas où aucune négligence n’a été prouvée, si le code de carte bancaire n’a pas été utilisé, le remboursement sera intégral. Si le fraudeur l’a utilisé, il n’y aura aucun remboursement jusqu’à 50 € dépensés, et au-delà, une franchise de 50€ s’appliquera.

En cas de litige, il convient de saisir le médiateur bancaire, voire se tourner vers le juge des contentieux de la protection (ex-juge du tribunal d’instance) s’il s’agit d’un litige jusqu’à 10.000 €, ou vers le tribunal judiciaire pour des sommes supérieures à 10.000 €.

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