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Face à la montée des agressions, l’hôpital d’Antibes promet une "tolérance zéro"

Depuis cet été, les incivilités envers le personnel de l’établissement se sont multipliées. En réponse, la direction a élaboré une série de mesures fermes pour renforcer sa sécurité.

Emilie Moulin Publié le 29/09/2021 à 20:10, mis à jour le 29/09/2021 à 20:09
Depuis cet été, cinq dérapages ont eu lieu dans l’établissement. (Photo archives NM)

"Ca va de l’insulte aux menaces jusqu’aux crachats", déplore Bastien Ripert, à la tête du Centre Hospitalier d’Antibes.

Ces dernières semaines, l’établissement a fait face à une montée des agressions: cinq depuis le mois août. Des actes isolés, certes, mais de plus en plus fréquents, "perpétrés par monsieur et madame tout le monde" et mal vécus par le personnel selon le directeur: "C’est dur pour les équipes qui étaient applaudies encore récemment de se retrouver face à cette violence. C’est allé jusqu’à l’arrêt maladie pour une de nos soignantes qui a subi des insultes racistes."

Anxiété, attente importante, manque de communication, désaccord avec la prise en charge médicale… les raisons de ces incivilités sont diverses, même si "rien ne justifie la violence", insiste-t-il. Alors, loin de rester les bras croisés, Bastien Ripert a décidé d’appliquer la politique de la tolérance zéro à l’égard des agresseurs et d’instaurer un plan d’amélioration de la sécurité à l’aide d’une trentaine de mesures.

 

Les accompagnants interdits aux urgences

Trop de monde, tout le temps. Pour limiter le brouhaha, l’établissement a décidé d’interdire les accompagnements aux urgences. "Pour les enfants, un seul des deux parents pourra venir – sauf impératif médical. Cette décision est la conséquence des deux derniers événements que nous avons vécu où ce sont les parents qui ont posé problème", précise Bastien Ripert. Les visites, elles aussi, seront restreintes jusqu’à 19 heures en semaine et à 18 heures le week-end (contre 20 heures), "toute personne étrangère à l’hôpital devra quitter l’établissement."

Un dépôt de plainte systématique

Marquer le coup "pour ne pas que ça se reproduise". L’hôpital d’Antibes, qui a déjà porté plainte pour les dérapages passés, compte bien systématiser cette procédure. "Nous sommes en contact avec la police pour que la prise de rendez-vous soit rapide et nous appuyons chaque plainte avec les preuves vidéos de nos 70 caméras de surveillance", détaille le chef d’établissement. Parmi les autres mesures: le filtrage à l’entrée sera accentué et les rondes des agents de sécurité renforcées pour plus de présence dans les lieux tendus comme l’entrée des urgences, 24/24. Bastien Ripert ajoute: "Nous allons aussi retravailler les zones d’attente avec plus de vidéos par exemple, pour que les gens patientent dans de meilleures conditions."

"Depuis l’instauration du pass sanitaire, on ressent une défiance, de la nervosité ambiante..."

Un basculement. C’est ce qu’a remarqué le Dr Broussard Jean-Felix, chef de pôle de médecine au Centre Hospitalier d’Antibes : « Depuis l’instauration du pass sanitaire, on ressent une défiance, de la nervosité ambiante...». Et pour cause : « 80 % des patients hospitalisés pour la Covid à Antibes sont des personnes non vaccinées et qui, le plus souvent, sont anti-vax. C’est comme si le mouvement de rébellion s’était glissé dans nos services », observe le professionnel.

Des consignes de moins en moins respectées

Refus de porter le masque, rejet des gestes barrières et des directives sanitaires... Le Dr Broussard s’agace : « La quatrième vague n’est pas encore finie, nous sommes encore en plan blanc ! Par conséquent, les visites groupées sont toujours interdites. Pourtant on continue à voir des familles qui viennent à plusieurs et sans pass sanitaire alors que c’est obligatoire pour pénétrer dans l’établissement... Mais si on demande le pass, ce n’est pas pour aller boire un café, c’est pour ne pas infecter les malades ! »

"Les équipes sont fatiguées"

Ces incivilités à répétition mélangées à un climat ambiant tendu... un combo qui devient « très dur à supporter » pour le personnel à bout de souffle. « N’oublions pas que depuis presque deux ans les soignants ne se reposent pas. Il y a une accumulation des heures supplémentaires, certains n’ont pas pu prendre de vacances... Les équipes sont fatiguées », s’inquiète le docteur. En espérant que ces dérapages s’atténueront, il rappelle avec conviction : « L’hôpital est un sanctuaire où la violence n’est pas acceptable et nous devons protéger des agressions les malades comme les équipes. »

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