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Est-ce vraiment la fin de la pandémie de Covid-19? Le point sur ce qu'en disent les spécialistes

Alors que la petite musique de la "fin de la pandémie" commence à retentir, qu'en pensent les scientifiques? Est-on réellement au début de la fin de la pandémie?

La rédaction Publié le 25/01/2022 à 14:59, mis à jour le 25/01/2022 à 14:57
Le port du masque est toujours obligatoire en extérieur dans les communes azuréennes. Photo M.D.

Est-on entré dans la phase finale de la pandémie de Covid-19 ? Difficile de répondre à cette question, tant elle implique des inconnues dans l'équation.

La vague Omicron qui a déferlé sur l'Europe et continue d'affluer sur la France est-elle la dernière? C'est avec un "optimisme prudent" qu'Olivier Véran s'était avancé, début janvier dans les colonnes du JDD, à ce sujet. Selon lui, cette vague Omicron pourrait être "la dernière"

Un scénario qui semble, à ce stade, partagé par un certain nombre d'experts. Avec un nouveau variant qui est "un peu plus transmissible (que ses prédécesseurs, ndlr) mais moins agressif, peut-être qu'on assiste à un début d'évolution vers un virus plus banal comme on en connaît d'autres", avait détaillé le Pr Alain Fischer, le "Monsieur vaccin" du gouvernement français, sur BFMTV, début janvier. 

Autrement dit, un virus plus contagieux mais moins dangereux permettrait d'acquérir une immunité naturelle qui, conjuguée à une immunité vaccinale, marquerait l'entrée dans un stade moins sévère de la pandémie. 

"A terme, il y a de l'espoir" et "le Sars-CoV-2 rejoindra les autres coronavirus saisonniers humains qui nous donnent des rhumes et des angines chaque hiver", avait également avancé l'épidémiologiste Arnaud Fontanet. "Nous n'y sommes pas encore. On peut s'attendre à ce que de nouveaux variants émergent mais, notre immunité se renforçant avec le temps, soit par infection naturelle, soit avec des doses de rappel du vaccin, leur capacité à donner des formes sévères va diminuer", avait-il prédit.

 

Il est permis de le penser pour l'OMS...

Pour l'OMS, on peut se permettre de croire à une fin "plausible" de la phase aiguë de la pandémie en Europe. C'est Hans Klugge, l'un de ses dirigeants, qui l'a même indiqué la semaine dernière: "Il est plausible que la région se dirige vers la fin de pandémie". 

Avec un bémol toutefois. Et pas des moindres: "Il est dangereux de supposer que (le variant très contagieux) Omicron sera le dernier variant ou de parler de fin de partie", car les conditions sont "idéales" actuellement dans le monde pour que d'autres variants émergent, y compris des variants plus transmissibles et plus virulents. 

"Une fois que la vague Omicron sera calmée, il y aura pendant quelques semaines et quelques mois une immunité globale, soit grâce au vaccin, soit parce que les gens seront immunisés en raison de l'infection, et aussi une baisse en raison de la saisonnalité", a-t-il estimé. L'OMS table alors sur "une période de calme avant peut-être le retour du Covid-19 vers la fin de l'année, mais pas nécessairement le retour de la pandémie". 

En 2021, des centaines d'épidémiologistes étaient interrogés sur ce qu'allait devenir la Covid-19. Allions-nous être encore un moment sujets à certaines restrictions ou pourrions-nous reprendre un semblant de vie normale? 

Près de 90% des personnes interrogées par la revue Nature affirmaient que le virus allait devenir endémique, "ce qui signifie qu'il continuera à circuler dans des poches de la population mondiale pour les années à venir". 

 

De nouveaux médicaments sur le marché 

L'arrivée de médicaments sur le marché pourrait changer la face de la pandémie. Vendredi dernier, la France s'est dotée d'un nouvel anticorps monoclonal, le Sotromivab, avant l'arrivée prochaine du Paxlovid, un antiviral qui devrait être livré dans les prochains jours. La France a donc reçu 6.000 premières doses du traitement curatif par anticorps monoclonal, le Sotrovimab (Vir Biotechnology/GSK). Elle doit en recevoir 20.000.

Autre traitement curatif que la France devrait utiliser: la pilule Paxlovid, de Pfizer. Administrée par voie orale à raison de trois comprimés par jour pendant 5 jours, ce traitement est efficace contre Omicron et réduit de 89% le risque d'être hospitalisé ou de décéder de la Covid.

Une des molécules contenues dans le Paxlovid peut néanmoins interagir avec d'autres traitements pris par certains patients, qui n'y seront donc pas éligibles. "On a réservé 500.000 doses en 2022 et les premières livraisons - quelques milliers de doses - sont attendues dans une semaine", a précisé l'entourage d'Olivier Véran. Son déploiement se fera notamment via une prescription par les médecins généralistes, dans toutes les pharmacies. 

Pour les personnes qui manquent d'anticorps, des traitements préventifs existent également. Si le Ronapreve (développé par Regeneron avec le laboratoire Roche), efficace contre le variant Delta ne l'est plus contre Omicron, l'Evusheld d'AstraZeneca est maintenant disponible en France depuis mi-décembre. "On a réservé 50.000 doses, on a plus de 6.500 patients traités en ce moment", souligne-t-on au ministère. Ce traitement a deux avantages: "Il garde une efficacité contre Omicron et ne nécessite qu'une injection tous les six mois".

Il faut "changer de logiciel" pour Jean-François Delfraissy, membre du Conseil Scientifique 

Invité de France Info, ce mardi 25 janvier, le Président du Conseil Scientifique s'est voulu rassurant. Pour lui, la phase actuelle de la pandémie devrait s'éclaircir à la mi-mars car l'arrivée du variant Omicron ainsi que sa propagation au sein de la population changerait la donne. 

"Le variant Omicron, c'est une autre histoire" que les premières versions du virus, "on a un 'avant' et un 'après'", a-t-il dit. Ce variant est certes plus transmissible mais "nettement moins sévère". D'où la nécessité, selon lui, de "changer de logiciel" et donc "de gestion de l'épidémie".

Selon lui, la "vague sur l'hospitalisation va être très lourde probablement jusqu'à la mi-mars, ça va baisser un peu probablement en région parisienne mais ce ne sera pas le cas partout". "Je vois atterrir les choses plutôt vers la mi- mars, avec une baisse progressive et très lente des hospitalisations et un nombre de contaminations qui va doucement finir par baisser, avec une hétérogénéité selon les régions", a-t-il poursuivi.

 

En raison de la moindre sévérité des cas, "le chiffre de nouvelles contaminations n'a plus tout à fait la même valeur qu'avec les variants précédents", a-t-il affirmé. Le président du Conseil scientifique s'est même risqué à une prévision pour la suite de l'épidémie: "On peut imaginer qu'on passe(ra) le printemps dans de pas trop mauvaises conditions". 

"Il y aura sûrement quelque chose à l'automne" mais tout dépendra du "type de variant". "S'il est transmissible et de nouveau sévère, on serait de nouveau dans une situation très ennuyeuse", a-t-il conclu. 

La problématique des variants 

L'une des responsables de l'agence de santé danoise SSI, Tyra Grove Krause, a également exprimé son "optimisme prudent sur la situation une fois que nous aurons surmonté la vague Omicron". Pour autant, il faut se garder d'un excès d'optimisme tant les scénarios à venir restent imprévisibles.

"Plus Omicron se répand, plus il se transmet et plus il se réplique, plus il est susceptible de générer un nouveau variant", a mis en garde une responsable de l'OMS, Catherine Smallwood.  Il est donc loin d'être acquis que la vague Omicron sera la dernière. Mais même si elle ne l'est pas, les spécialistes espèrent au moins que le niveau d'immunité procuré par les précédentes infections et les vaccins limitera l'impact des suivantes. 

Dans un avis publié le 19 janvier dernier, le Conseil Scientifique pose la question de l'après Omicron. "L’ambiance générale parfaitement compréhensible est de penser qu’on sera en mars-avril 2022 au début de la fin en raison d’une immunité collective très élevée liée au nombre massif d’infections avec le variant Omicron qui est nettement moins sévère, et d’un très haut niveau vaccinal, y compris pour la 3ème dose/rappel", peut-on lire.

Mais les scientifiques d'alerter tout de même sur les variants et l'expérience récente qui a démontré que leurs arrivées étaient parfois difficile à anticiper. Bien habile donc, celui qui pourra prédire la fin de la pandémie et le début d'une nouvelle ère Covid. 

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