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Esperance de vie, mariages, divorces... Cette étude qui en dit plus sur les 9.611 Monégasques

À travers de multiples indicateurs, l’Observatoire de la démographie présente un bilan démographique de la population de nationalité monégasque. Un focus en huit questions.

Thibaut Parat Publié le 18/04/2022 à 10:27, mis à jour le 18/04/2022 à 10:19

Combien de personnes possèdent la nationalité monégasque?

L’Observatoire de la démographie, fruit d’une collaboration entre les services de l’Institut monégasque de la statistique et des études économiques et la mairie de Monaco, dévoile que la Principauté comptabilisait 9 611 Monégasques au 31 décembre 2021: 5.226 femmes (54,4%) et 4.385 hommes (45,6%). L’historique des données statistiques, qui remonte à l’année 1951, nous informe que soixante-dix années auparavant, ils n’étaient que 3.004 à posséder cette nationalité avec, là encore, une prédominance de la gent féminine. La population de nationaux a donc plus que triplé.

Les changements de législation ont une incidence sur la population

Au gré des décennies, trois changements majeurs de législation ont eu un impact significatif sur le nombre de Monégasques: en 1952, en 1992 et 2011. "En dehors de ces années, la croissance de la population est régulière", note l’Observatoire de la démographie. Entre 2011 et 2012, par exemple, l’augmentation se chiffre à 3,4% et est étroitement liée à l’entrée en vigueur, en décembre 2011, d’une nouvelle loi votée par le Conseil national. Celle-ci fixait alors le délai de naturalisation par mariage à dix années pour les femmes et les hommes avec, pour condition, de conserver la nationalité d’origine. Récemment, avec la loi n°1.512 du 3 décembre 2021, le délai de l’acquisition de la nationalité monégasque par mariage a été porté à 20 ans.

Les célibataires monégasques se marient-ils de plus en plus tard?

Photo drone Sébastien Botella.

Selon l’Observatoire de la démographie, avec 85 mariages célébrés en 2021 (avec au moins un des deux époux de nationalité monégasque), le taux de nuptialité s’élève à 8,8% ce qui est légèrement inférieur à la moyenne observée depuis une décennie.

"Depuis 1993, environ 2 mariages sur 3 rassemblent un époux monégasque et un époux français. En 2021, 3 mariages [sur 85, donc] ont été célébrés entre deux époux monégasques", informe l’Institut monégasque de la statistique et des études économiques.

Et, globalement, c’est en Principauté que la grande majorité des mariages sont officialisés (91,3%). Une part qui a largement augmenté depuis les années 1950-1959, au détriment des unions célébrées en France.

À cette époque-là, d’ailleurs, les célibataires monégasques se mariaient, en moyenne, à 27,5 ans pour les hommes et 24,3 ans pour les femmes. En 2021, cette donnée a reculé pour s’établir à 32,4 ans pour les hommes et 30,9 ans pour les femmes.

 

La Principauté a-t-elle une population vieillissante?

Oui, selon la pyramide des âges révélée par l’Observatoire de la démographie. En moyenne, les Monégasques sont âgés de 44,5 ans et la moitié de la population a plus de 46,9 ans. "L’âge moyen et l’âge médian sont significativement plus élevés chez les femmes - respectivement +6,0 et +9,9 ans - que chez les hommes", peut-on lire dans le rapport.

Près d’un Monégasque sur 5 est âgé de 16 et moins et près de 15% ont 75 ans et plus. "Avant 35 ans, la population est légèrement plus masculine avec, par exemple, 114 hommes pour 100 femmes entre 25 et 34 ans. Le sex ratio s’inverse ensuite: chez les 75 ans et plus, les femmes sont près de deux fois plus nombreuses que les hommes."

Où naissent et vivent les Monégasques?

Parmi les 9.611 Monégasques recensés, une grande majorité est née sur le territoire national: 6082, très précisément, soit un ratio de 63,3%. 2 564 d’entre eux sont nés dans le pays voisin, la France, et 217 de l’autre côté des Alpes, en Italie. Là encore, via cette étude approfondie, la Principauté prouve son caractère éminemment cosmopolite.

Les 748 Monégasques restants sont nés dans moult pays différents, parfois dans des contrées lointaines : États-Unis (78), Royaume-Uni (53), Maroc (50), Belgique (49), Suisse (49), Allemagne (43), Espagne (30), Égypte (20), Liban (19), Tunisie, 19, Brésil (18), Canada (17) etc.

L’immense majorité habite à Monaco Concernant le lieu de résidence, près de 95% des compatriotes monégasques vivent actuellement en Principauté. Quant aux 5% restants, ils habitent en majorité en France (4,2%) et, dans des proportions moindres, en Suisse (0,2%), en Italie (0,2%), aux États-Unis (0,2%) et dans d’autres pays non cités (0,5%).

Combien de personnes ont été naturalisées Monégasques en 2021?

Au terme du processus d’une demande de naturalisation, c’est le prince Albert II qui tranche. Photo Jean-François Ottonello.

Avec les privilèges inhérents à la nationalité monégasque - fiscalité nulle, priorité nationale au logement et à l’emploi -, il n’est guère étonnant de voir affluer les demandes de naturalisation à la Direction des services judiciaires.

Après l’instruction du dossier, un rapport est présenté au prince Albert II à qui il revient, au terme du processus, de trancher.

En 2021, le souverain a accordé la nationalité monégasque à 3 hommes et 5 femmes. C’est bien moins que ces dernières années, durant lesquelles des dizaines de naturalisations avaient été actées: 45 en 2020, 55 en 2019, 32 en 2018 mais… une seule en 2015. "Les Monégasques ayant obtenu la nationalité par ordonnance souveraine de naturalisation représentent environ 14% de l’ensemble de la population", chiffre l’Institut monégasque de la statistique et des études économiques.

 

C’est la filiation, naturellement, qui est le mode d’obtention de la nationalité le plus répandu (66,9%) avant le mariage (18,6%).

Quel est le taux de divorce en Principauté?

Bonne nouvelle pour l’amour: il y a de moins en moins de divorces. En 2020, 30 ont été enregistrés, soit un taux brut de divorces qui se chiffre à 3,1%. C’est bien moins, par exemple qu’en 2009 où cette donnée s’élevait à 6,6%.

À noter que la proportion d’unions rompues pour la génération des mariages 1950-1959 est de 25,3 % contre 45,5% pour la génération des mariages de 1970-1979. À la lecture des chiffres, on constate aussi que la génération de mariages 1990-1999 a divorcé plus vite que les deux précédentes.

Le nombre de décès a-t-il atteint un record?

Dans un contexte de pandémie de Covid-19, 101 Monégasques ont perdu la vie en 2021 : 43 hommes et 58 femmes. "Le plus haut niveau jamais observé", fait savoir l’IMSEE. Il faut remonter en 2015 pour trouver trace du précédent record de mortalité avec 96 décès enregistrés cette année-là.

L’âge moyen au décès n’a cessé d’augmenter depuis six décennies, passant de 67,8 ans au début des années cinquante à 83,7 ans en 2020-2022. L’écart entre les femmes et les hommes, lui, s’amenuise entre deux décennies: il est de 3,6 ans en 2020-2021 (81,6 ans pour les hommes, 85,2 ans pour les femmes) contre 7,5 ans en 2000-2009 (76,1 ans pour les hommes contre 83,6 ans pour les femmes). 

Quelle est leur espérance de vie?

Si l’historique de l’espérance de vie n’a pu être reconstitué que depuis l’année 2000, il montre que celle-ci, à la naissance, s’établit à 86,7 ans: 84,9 ans pour la gent masculine et 88,7 ans pour la gent féminine. Des données qui n’ont jamais été aussi hautes par le passé.

"Dans les conditions de mortalité observées entre 2019 et 2021, les hommes monégasques de 80 à 84 ans peuvent s’attendre à vivre en moyenne 9,9 ans de plus, bien au-delà des 84,9 ans constatés pour l’espérance de vie à la naissance", indique l’IMSEE. Si l’on compare avec le pays voisin, la France, l’espérance de vie à la naissance s’élève à 82,3 ans. Soit quatre années de moins.

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