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DOSSIER. "C'est très positif de se retrouver à débattre, pour essayer de construire". On a assisté à une réunion du grand débat

Mis à jour le 07/02/2019 à 19:17 Publié le 07/02/2019 à 17:30
Dans un café du port de Nice, la réunion organisée par Stéphanie Boy, une citoyenne, rassemble une dizaine de personnes.

Dans un café du port de Nice, la réunion organisée par Stéphanie Boy, une citoyenne, rassemble une dizaine de personnes. Photo S.C

DOSSIER. "C'est très positif de se retrouver à débattre, pour essayer de construire". On a assisté à une réunion du grand débat

COMMENT REDONNER LA PAROLE AUX CITOYENS? Episode 4. Dans un café du port de Nice, des femmes et des hommes ont pris le temps d'échanger et de réfléchir. Ensemble. Il a été question de justice sociale, de liberté d'expression, d'instruction civique... On a assisté à ce débat démocratique, ouvert. Ponctué d'interrogations mais aussi d'idées pour avancer.

Port de Nice. Il est 14 heures, ce mercredi après-midi. On pousse la porte du "Café des délices" avec en tête le tube entêtant de Patrick Bruel. A l'intérieur, confortablement installée dans des fauteuils colorés, une petite dizaine de personnes est venue prendre part au grand débat. 
Collier de perle sur pull rouge, Stéphanie Boy, est à la manœuvre et à l'initiative de cette réunion. "Les gens disent, le grand débat c'est du bidon, alors, peut-être si c'est dirigé, avec des questions fermées. Mais pas si on laisse parler les gens librement."

C'est pour organiser un "débat ouvert" qu'elle s'est inscrite sur le site du gouvernement.
"J'ai été acceptée. Ils m'ont demandé de retranscrire les propos." Pour animer les échanges, sans avoir le nez plongé dans la prise de notes, elle filme le débat. Les règles du jeu sont claires: la parole est libre. Le tour de table commence.

Privilèges, inégalités et justice sociale

"Il y a trop d'injustice sociale. Il faut supprimer les privilèges des ministres, députés… On est le seul pays à avoir autant d'élus. En Allemagne ils ont le ⅓ des députés. Et pas d'avion présidentiel." Paule, retraitée, comprend la colère des Gilets Jaunes, "des femmes avec des enfants n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois."
A côté d'elle, Bérénice tempère.

"Connaît-on assez nos institutions? On a besoin de leçons d'instruction civique, c'est peut-être ça aussi l'objet de ce grand débat national"

"Qu'est ce que les privilèges? Peut-être qu'on propose des choses démagogiques. Connaît-on assez nos institutions? On a besoin de leçons d'instruction civique. C'est peut-être ça aussi l'objet de ce grand débat national."
Nicole renchérit.
Sur les inégalités, entre les grandes et les petites communes, entre les Régions. Tandis qu'une autre revient sur les écarts de salaires.

"Il ne faudrait pas pouvoir gagner plus de 10 fois le salaire le plus bas." Une jeune femme l'interroge: "vous croyez que les grands patrons resteront en France si on applique une telle mesure?"

Fiscalité, immigration, liberté d'expression et gilets jaunes

La discussion se poursuit sur le terrain de la fiscalité. "Comment financer la solidarité pour qu'elle soit juste?" Doudoune bleue, et baskets rouges, Georges a sa petite idée. Il suggère que: "tous paient des impôts pour participer à la solidarité. Même si pour les plus petits ce n'est que 5 ou 10 euros par an d'impôt sur le revenu."
Ce retraité aborde ensuite la question de l'immigration.

"Je suis moi même immigré. Les immigrés doivent être accueillis correctement." La dernière fois qu'il a manifesté, c'était à Budapest. "Contre la loi Orban, qui punit les associations venant en aide aux migrants."

"En France, on a le droit de manifester, d'exprimer ses opinions. Quand mes parents ont quitté la Hongrie, ils ont choisi la France parce que la parole y est libre."

Pour François, venu de Nice-Nord pour débattre, cette liberté est "essentielle": "sans liberté d'expression on va vers le pire."
"Ma liberté, elle a été empêchée par les Gilets Jaunes", reprend un participant.

"Si on voulait passer, il fallait mettre le gilet sur le tableau de bord, j'ai trouvé ça abusif", estime une dame.

Stéphanie Boy de l'Escarène, a pris l'initiative d'organiser une réunion dans le cadre du grand débat.
Stéphanie Boy de l'Escarène, a pris l'initiative d'organiser une réunion dans le cadre du grand débat. Photo S.C

"C'est très positif d'être autour d'une table à essayer de construire"

La semaine dernière, Georges a déjà participé à une réunion organisée dans le cadre du grand débat à Nice. "Il y avait une trentaine de personnes. Les gilets jaunes ont empêché la parole. Aujourd'hui, ce n'est pas pareil on peut s'exprimer, on s'écoute."

Autour de la table, tous acquiescent. Visiblement satisfaits de la teneur des échanges.

"Il n'y pas d’extrémistes, constate une retraitée. Souvent, la violence naît d'une parole qu'on a du mal à exprimer, ou qui n'est pas entendue," analyse-t-elle.

"Qui a mis un gilet jaune?" interroge Caroline, cadre marketing.
Tous répondent par la négative.

"S'il n'y avait pas eu les Gilets Jaunes, on ne serait pas là aujourd'hui, à discuter, il n'y aurait pas eu ce grand débat"

"La révolution c'est pas trop mon truc, confie Georges. Il faut respecter la démocratie et l'élection. On ne peut pas demander à un président démocratiquement élu de démissionner."
"Il faut quand même reconnaître que s'il n'y avait pas eu les Gilets Jaunes, on ne serait pas là aujourd'hui, à discuter, il n'y aurait pas eu ce grand débat," enchaîne une retraitée.
"C'est très positif de se retrouver aujourd'hui à débattre autour d'une table, pour essayer de construire, on sera tous gagnants, se félicite Cécile. Les feuilles de doléances m'ont fait réfléchir aux idées que je pouvais proposer. Je me sens écoutée, et le grand problème ressenti par les gilets jaunes, c'était justement ça. De ne pas être écouté."
Elle est venue avec Nicole, pour participer à cet exercice "citoyen".

"C'est en posant des questions pertinentes qu'on pourra trouver des solutions"

"On doit faire des propositions, pour aider nos dirigeants avec nos débats", poursuit Georges. Bérénice, en est convaincue : "on ne peut avancer que par un effort d'intelligence, ensemble. Ce serait bien que le grand débat ne dure pas que deux mois."
Elle est venue pour écouter, échanger. Tenter de trouver des pistes pour résoudre le problème des inégalités. Nicole, elle, s'inquiète aussi du réchauffement climatique.
"On a à s'instruire les uns des autres. Or il y a peu d'endroits où on peut débattre, s'interroger. Mais c'est en posant des questions pertinentes qu'on pourra trouver des solutions", croit-elle savoir.

Une participante avoue n'avoir jamais adhéré à un parti. Pour "garder sa liberté de penser". François évoque: "En 1945 déjà, Simone Weil, la philosophe, disait qu'entrer dans un parti c'est adhérer à une idéologie mainstream. C'est ça qu'il faut casser".

Des questions et des propositions

Le temps file. Vite. Stéphanie Boy invite les débatteurs à partager leurs propositions. Caroline, insiste: "plutôt que d'adresser des questions, si on faisait remonter au gouvernement des solutions?"
Peu à peu le débat se focalise sur des pistes: pour préserver les terres agricoles, limiter la pollution plastique ou encore pour résoudre la crise du logement.

"J'ai une idée: si on développait des chambres chez l'habitant, pour arrondir les fins de mois des retraités et héberger les étudiants. C'est tout simple, ça existe déjà mais pourquoi pas le généraliser?"
Par leurs propositions, ils espèrent faire oeuvre utile.

"Vous savez combien de réunions grand débat ont eu lieu en France?"
Caroline, très au courant répond: "4171, et ce n'est pas fini."
Ils demandent à leur "facilitatrice", comment leur contribution sera prise en compte.

"Je vais faire une synthèse."

Et après?

Ambiance studieuse pour la réunion du grand débat.
Ambiance studieuse pour la réunion du grand débat. S.C

Alors qu'on s'apprête à quitter le café, les débatteurs nous interpellent. "Vous savez comment nos contributions vont être remontées au gouvernement?"

On se tourne vers la Préfecture des Alpes-Maritimes. Françoise Taheri, secrétaire générale de la Préfecture référente du grand débat national dans le département, répond à cette interrogation.

"Les contributions serviront de base aux propositions formulées par le gouvernement"

"Pour que l'expression des citoyens soit restituée, chaque organisateur doit faire un compte rendu. Retranscrire de façon transparente les contributions, sur la plateforme nationale, explique Françoise Taheri, sous-préfète. Cette matière sera analysée par la mission du grand débat. Il y a déjà plus de 700.000 contributions. Elles serviront de base aux propositions formulées par le gouvernement." 

Elle souligne l'engouement suscité dans les Alpes-Maritimes par cette invitation à débattre. "Il y a une bonne dynamique: plus de 70 réunions sont organisées, une quarantaine à l'initiative des maires, et une trentaine par des associations ou des personnes physiques, et ce chiffre évolue chaque jour."

Inédit par son ampleur, le grand débat "fera date" estime-t-elle. "Il est encore temps d'y prendre part, puisqu'il se déroule jusqu'au 15 mars. C'est un moment important et les gens ont conscience qu'ils participent à un événement qui entrera dans l'Histoire."

La plateforme du grand débat

Pratique: pour participer à une prochaine réunion

Voici les prochaines réunions prévues dans les Alpes-Maritimes et le Var. Un programme susceptible d'évoluer, que vous pouvez retrouver sur le site du grand débat.

Vendredi 8 février
- Carros village, foyer rural , place du Puy de 18 heures à 21 heures.
- Nice 5 avenue François Mitterrand, Maison de l’Etudiant Olivier Chesneau
de 19h00 à 21h30.
- Cagnes-sur-mer, 5 avenue de Verdun de 10h00 à 12h00.
- Sanary-sur-mer, Salle du restaurant La Savane, 652 Chemin Raoul Coletta, à 18h30.
- Le Cannet-des-Maures, Arc de Triomphe, Rond point de la Paix, à 18h00.

Samedi 9 février
- Nice salle des associations, place Garibaldi. De 18h00 à 20h30
- Saint-Laurent-du-Var, salle Roger Ferrière, Esplanade du Levant. De 17h00 à 19h00.
- Vence, salle des pompiers , 7 avenue Rhin et Danube, 10 heures.
- Cogolin, Bastide pisan, à 16h00.

Mardi 12 février
- Bormes-les-Mimosas, Salle des fêtes - allée des commandos d'Afrique, à 18h00.

Mercredi 13 février
- Solliès-Toucas, Salle des fêtes - Impasse des Soeurs de la Compassion, à18h30.

Jeudi 14 février
- Valbonne /Sophia Antipolis:  Ignilife, 400 av.Roumanville Bat.1B de 18h00 à 20h00

Vendredi 15 février
- Saint-Laurent-du-Var, 190 avenue Georges Guynemer à 18h30.
- Saint-Jeannet, salle Saint jean Baptiste, rue de la Ferrage. De 19h00 à 21h00.

Samedi 16 février
- Cagnes-sur-mer: salle de cinéma, 5 av.de Verdun de 10h00 à 12h00.
- Carros-les-plans, Salle des plans, place Louis Frescolini. De 9 heures à 12 heures.
- Grasse: Salle polyvalente St Jacques, 2 chemin des chênes , de 9 heures à 12 heures.
- La Brigue, salle communale Pacchiaudi de 14h30 à 17h00.
- Le Tignet, avenue de l’hôtel de ville de 9h00 à 17h00

Lundi 18 février
- Nice, salle des associations, place Garibaldi de 18h00 à 20h30
- Tourrette-Levens, La chaise bleue collection, 76 rue général Tordo. De 18h30 à 20h00.
- Signes, Maison des associations, à 18h30.

Mardi 19 février
- Cannes, maison des associations 9 rue Louis Braille de 18h00 à 21h00
- Bormes, Salle des fêtes - allée des commandos d'Afrique, à 18h00.

Mercredi 20 février
- La Seyne-sur-mer, Brasserie de la Mairie, Hôtel de Ville, à 18h00.

Vendredi 22 février
- Contes, salle de la Maison Pour Tous, chemin du Gheit à 18h30.
- Cagnes-sur-mer: salle de cinéma, 5 av.de Verdun de 10h00 à 12h00.

Samedi 23 février
- Carros, salle du conseil municipal hôtel de ville, 2 rue l’Eusière de 09h00 à 12h00.
- Gourdon, Salle polyvalente de la Bigarade, chemin du Figueret de 19h00 à 21h00.

Dimanche 24 février
- Sospel, Foyer rural de 14h30 à 16h00.
- Draguignan, 83 rue Félicien Clavier, à 14h00.

Lundi 25 février
- Vence, salle des pompiers , 7 avenue Rhin et Danube à 18h00.

Mardi 26 février
- Saint-Martin-du-Var, mairie de Saint Martin du Var à 18h30.
- Bormes-les-Mimosas, Salle des fêtes, allée des commandos d'Afrique, à 18h00.

Mercredi 27 février
- Beausoleil, Centre culturel Prince Jacques de 16h30 à 20h30.

Jeudi 28 février
- La Seyne-sur-mer, 37 avenue Gérard Philippe, à 9h00.

Samedi 2 mars
- Bar-sur-Loup, salle du conseil municipal, mairie de 10h00 à 12h00.
- Beausoleil, Centre culturel Prince Jacques de 09h00 à 13h00.
- Cabris Salle Mistral, mairie de Cabris à 16h30.
- Cagnes-sur-mer, salle de cinéma, 5 avenue de Verdun de 10h00 à 12h00.
- Contes salle de la Maison Pour Tous, chemin du Gheit à 10h00.

Mercredi 6 mars
- Solliès-Toucas, Salle des fêtes, impasse des soeurs de la Compassion, à 18h30.

Jeudi 7 mars
- Vence salle des pompiers , 7 avenue Rhin et Danube à 18h00.

Samedi 9 mars
- Cagnes-sur-mer, salle de cinéma, 5 avenue de Verdun de 10h00 à 12h00.


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