"Des jeunes de votre âge ont participé au destin funeste de mon frère": la sœur de Samuel Paty s’adresse aux collégiens à Antibes

Mickaëlle Paty a adressé un message à la jeunesse lors d’une cérémonie prenant place ce vendredi au collège de la Fontonne d’Antibes. Une plaque dédiée à la mémoire de son frère assassiné, Samuel Paty, a été dévoilée.

margot dasque mdasque@nicematin.fr Publié le 10/12/2021 à 17:30, mis à jour le 10/12/2021 à 17:14
Mickaëlle Paty a adressé un message à la jeunesse ce vendredi lors d’une cérémonie rendant hommage à son frère assassiné. Photo Sébastien Botella

Les regards des ados se braquent sur elle. Sa voix vient fendre le silence. "Je ne sais pas si en 2021, il reste de la place pour les rêves ", au micro, Mickaëlle Paty s’adresse aux collégiens de la Fontonne, réunis ce vendredi dans le gymnase de l’établissement d’Antibes.

La sœur de l’enseignant assassiné, victime du terrorisme islamiste, interpelle l’assemblée: "Je ne sais pas comment, dans votre vie inondée d’écrans, de monde virtuel, de réseaux sociaux, vous arrivez à être finalement vous-mêmes. "

À 43 ans, comparant sa jeunesse à celle des enfants qui lui font face, elle en appelle aux "valeurs morales": " J’ajouterai à liberté, égalité, fraternité, le respect, la loyauté, l’honneur et le courage. "

Des mots lourds de sens en cette cérémonie d’hommage au professeur d’histoire tué à Conflans-Sainte-Honorine le 16 octobre 2020. Attaqué parce qu’il enseignait la liberté d’expression.

 

Parce qu’il est du devoir de tous de garder cela en mémoire, une plaque commémorative a été installée au sein du hall du collège, juste à côté de l’oeuvre Liberté signé Jeremy Besset. Là où, chaque jour, les adultes de demain passent et repassent. Construisant souvenirs et avenirs.

Un moment où tout peut être possible, comme l’indique Mickaëlle Paty, dans sa prise de parole forte, concise, saisissante.

Une plaque commémorative rendant hommage à Samuel Paty occupe le hall du collège de la Fontonne d’Antibes. Photo Sébastien Botella.

"Il y a un an des jeunes de votre âge ont participé au destin funeste de mon frère. Ils ont fait le choix du pire. Votre présence ici m’offre le meilleur ", remercie-t-elle, en préférant opter pour l’espoir contre la haine: "Vous êtes à un âge où vous avez besoin que les choses aillent bien... Vous, les vieux de demain, dites-moi, est-ce que ça va aller bien? "

Une question qui reste en suspens dans les applaudissements. Les mêmes mains qui se joignent pour saluer la chorale entonnant La Marseillaise, les mêmes phalanges qui s’agitent après la performance scénique des élèves sur "Ma lettre à l’humanité" écrite par Farès, les mêmes doigts qui frappent la mesure en entendant Grand Corps Malade et Oxmo Puccino dire la République.

Un temps pour que les aiguilles s’arrêtent. Pour qu’une minute de silence en dise autant que les mots.

“Rhôooooooooo!”

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