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"Dans 80% des cas", les auteurs de violences faites aux femmes sont "des proches et non des inconnus"

Mis à jour le 28/11/2018 à 08:40 Publié le 28/11/2018 à 07:26
Selon un rapport de l’ONU, c’est le domicile qui est le lieu le plus dangereux pour les femmes. Chaque heure, six d’entre elles sont tuées par quelqu’un qu’elles connaissent.

Selon un rapport de l’ONU, c’est le domicile qui est le lieu le plus dangereux pour les femmes. Chaque heure, six d’entre elles sont tuées par quelqu’un qu’elles connaissent. Illustration Eric Ottino

"Dans 80% des cas", les auteurs de violences faites aux femmes sont "des proches et non des inconnus"

En marge de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, une conférence se tiendra ce mercredi soir au Lycée technique et hôtelier de Monaco.

Jeudi dernier, c’est par le prisme du théâtre que le sujet des violences faites aux femmes était abordé. Le ventre de la baleine, ou comment une histoire d’amour bascule petit à petit dans la violence conjugale.

Ce mercredi soir, à 18 h à l’auditorium du Lycée technique et hôtelier de Monaco, c’est sous une autre forme que ce sujet – plus que jamais d’actualité avec le mouvement #NousToutes – sera traité.Celui des mots, du débat, des idées, de la recherche. Karine Lambert, vice-présidente du Réseau universitaire et scientifique Euro-Méditerranéen sur les femmes et le genre, animera une conférence sur le thème "Violence contre les femmes: comprendre pour éradiquer". Rencontre en amont d’une intervention très attendue.

sur la déconstruction des violences faites
aux femmes 

"En résumé, je pars de la question suivante: pourquoi en est-on toujours là? Pourquoi, en 2018 encore, on égrène les chiffres des femmes tuées sous les coups de leurs partenaires intimes? Pourquoi on regarde la question des viols encore de la même façon? On déplore une sous-dénonciation. Pourquoi le viol n’est-il pas un crime comme les autres? Pourquoi y a-t-il un permis de violer qui s’accompagne d’une quasi-impunité de ces actes-là? Je parle de ces questions-là avec la volonté d’essayer de comprendreautour de quoi et comment s’articulent ces violences. D’où le thème: "Comprendre pour éradiquer".Avec un focus essentiellement sur les violences domestiques/conjugales et sexuelles. En expliquant, aussi, ce qu’est la culture du viol."

sur l'universalité des violences faites aux femmes

"Elles n’épargnent aucune classe sociale, aucune ethnie, aucune période historique. De ce point de vue là, d’ailleurs, ce qu’on peut noter, ce sont des variations davantage dans la législation ou la perception de ces violences que dans leur existence même. Mon parti pris est là. En tant qu’universitaire, je cherche à comprendre pourquoi il y a toujours autant de violences, ce qui les nourrit, où elles s’ancrent."

ses solutions pour éradiquer ces violences faites aux femmes

"En finir avec la culture du viol. C’est un terme qu’on utilise depuis 2010. Cela part de l’idée d’expliquer tous les faisceaux qui concourent à cette impunité qu’il y a autour du viol. Une infime minorité de viols et de violences sexuelles est dénoncée. Et, du coup, une plus infime minorité encore est poursuivie. Cela donne l’impression que le viol est le crime parfait… Avez-vous déjà vu les films de James Bond? Vous voyez ce moment où il saisit une femme, cherche à l’embrasser. Elle dit "non, non". Il insiste, elle cède. Deux images plus loin, James Bond sort du lit de cette femme. C’est un viol qu’on décrit. Aujourd’hui, 1 Français sur 5 pense que quand une femme dit non, elle dit oui. C’est ça la culture du viol. C’est-à-dire le fait qu’on n’apprend pas aux femmes à se défendre mais on leur apprend leur propre vulnérabilité, que leurs agresseurs ce sont des inconnus. Alors que dans plus de 80% des cas, ce sont leurs proches. On leur apprend que c’est la rue qui est dangereuse, alors que c’est la maison."

sur les notions de consentement et de viol conjugal dans les médias

"On sait statistiquement que le danger est davantage à la maison, c’est extrêmement documenté. Pourtant, l’image médiatique du viol, c’est tout le contraire. C’est ce qu’on voit dans les séries Les Experts ou Esprits Criminels. C’est-à-dire un type anormal, un bourreau, un pervers qui viole et découpe ses victimes. On ne présente jamais Monsieur Tout-le-monde qui fait céder une victime. Le violeur, ce n’est jamais le meilleur ami, ni le partenaire intime…C’est ça la culture du viol… Cette question est à mon sens très importante à populariser."

sur la sensibilisation 

"On a obtenu un budget du Ministère de l’Enseignement supérieur français pour faire des sessions de sensibilisation à l’université sur les violences sexistes et sexuelles. On a travaillé sur les notions de viol ou de sexe sans consentement. Ce qu’on remarque, c’est que les étudiant(e)s ont une image du viol qui ne correspond pas du tout à la réalité. On remarque aussi, et pas seulement chez les étudiants, qu’il y a énormément de victimes de viols sexuels.Souvent, elles-mêmes n’arrivent pas à l’identifier comme tel."

sur l'image de #MeToo et du mouvement #NousToutes

"A priori, je trouve que cela va dans le bon sens, sauf que le mouvement a déclenché des résistances très fortes. Il y a eu une augmentation des dépôts de plaintes en France et, en même temps, il y a de très forts mouvements de parole masculine qui se déploie dans l’espace publique. Cette prise de parole de #MeToo est intéressante mais il faut voir sur la durée.Il faut suivre cela avec attention, voir si ça va bouger. Je reste sceptique sur la capacité de transformation rapide."


Savoir +
Conférence "Violence contre les femmes: comprendre pour éradiquer". Ce mercredi soir, à 18 heures, à l’auditorium du Lycée technique et hôtelier de Monaco, en présence de Didier Gamerdinger, conseiller de gouvernement --ministre des Affaires Sociales et de la Santé.


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