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Coût, Herrou, rôle des élus... Clash idéologique dans la Roya sur l'accueil des migrants

Mis à jour le 09/10/2017 à 08:58 Publié le 09/10/2017 à 08:30
À la table des débats : les membres du bureau de « Défendre la Roya ». Dans la salle : des  sympathisants… et des représentants de l'association rivale, Roya citoyenne.

Coût, Herrou, rôle des élus... Clash idéologique dans la Roya sur l'accueil des migrants

La nouvelle association organisait vendredi sa première réunion publique à Breil-sur-Roya, afin de présenter ses objectifs. Contraires à ceux de « Roya citoyenne » sur la question des migrants

Les réactions à l'annonce de l'événement, sur Internet, laissaient à craindre un pugilat. Une bataille rangée entre deux camps apparemment irréconciliables. Les « pro » face aux « anti » migrants, comme médias et politiques aiment à les réduire. Mais la première réunion publique de la récente association « Défendre la Roya », en partie représentée par des figures locales du FN, s'est plutôt déroulée dans le calme, vendredi soir. Malgré la présence de membres de l'association rivale - Roya citoyenne - aux premiers rangs de la Ca de Breil.

Le responsable de Défendre la Roya, l'ancien policier aux frontières Eric Payet-Maugeron, pose d'emblée les règles : « Essayons d'avoir un débat. Mettons les idées politiques de côté. » Invitation difficile en ces temps de scission dans le village. Alors, dialogue de sourds ou réelle discussion sur la question migratoire ? La séance aura dans tous les cas permis de dévoiler au grand jour les principaux points d'opposition.

Économie VS humanisme

Du côté de la nouvelle association - qui a choisi pour logo la tour Cruella, « gardienne vigilante de la cité » - les choses sont claires : il est temps d'« arrêter les frais ». Au motif que chacun des habitants de la Roya finance la présence accrue des forces de l'ordre dans la vallée par ses impôts. Le président fait un rapide calcul. « On dépense 6000e par jour pour ça. Ce qui correspond à 3,2 millions d'euros depuis le début de la crise, il y a 18 mois. Cette somme n'aurait-elle pas pu être utilisée autrement ? » Un sympathisant embraie : « Les migrants impactent notre vie quotidienne. Le phénomène migratoire est en train de tuer le village et la vallée ! »

Roya citoyenne, de son côté, privilégie l'humain. En clamant haut et fort son but : « l'urgence de porter secours aux réfugiés et migrants de passage dans la vallée de la Roya ».

Ce que dit la loi

« Je suis humaniste, moi aussi. Mais il y a des limites, et il faut le faire dans la légalité », tranche Eric Payet-Maugeron. Attaché à ce que soit scrupuleusement respecté l'article L622-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - stipulant que « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d'un étranger en France sera punie d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 30 000 euros ». La peine que risquent Cédric Herrou et les autres solidaires passés en justice, en somme. « Roya citoyenne aussi ne demande que l'application de la loi ! », rétorque l'un de ses membres actifs. Rappelant que le préfet a été condamné à plusieurs reprises par le tribunal administratif de Nice. Pour « violation du droit d'asile ». D'autant, précise l'ancien professeur, que « les mineurs doivent être pris en charge dès lors qu'ils sont sur le territoire français ».

Les raisons de l'exil

« Les gens ne fuient pas tous quelque chose. Ceux qui arrivent à notre frontière ont tous des Nike aux pieds et un smartphone, assure Eric Payet-Maugeron, un brin provocateur. Ils ne viennent pas forcément chercher un travail. Mais plutôt - et c'est humain - une assistance. Mais on ne peut la leur donner. » Et d'ajouter que la France n'accorde pratiquement plus le droit d'asile. Aussi appelle-t-il à davantage différencier les termes de migrant, de demandeur d'asile et de réfugié. Tandis que Roya citoyenne continue à se battre, elle, pour que les migrants qui souhaitent faire une demande ne soient pas renvoyés en Italie.

La figure de Cédric Herrou

« Comment est-ce possible que les migrants se retrouvent dans la Roya ? Ce n'est pas leur itinéraire…, souligne le président de Défendre la Roya. J'ai rapidement compris quand un jour, M. Herrou a appelé la préfecture pour dire qu'il y avait trente migrants dans son jardin. Moi, j'ai du mal à trouver chez lui. Alors comment quelqu'un venant d'Afrique tomberait-il dessus ? » Plusieurs membres du public partagent son avis, persuadés que le médiatique Cédric Herrou est grandement responsable de l'afflux de migrants dans la Roya.

Conseillère municipale de Breil, Sylvia Gossmann répond : « Je ne le soutiens pas, je ne pense pas que sa personne soit importante. Mais c'est sa cause que je porte ! Les migrants ne montent pas la vallée à cause de lui. La preuve, le flux s'est tari alors qu'il est toujours là. »

Le rôle de la mairie de Breil-sur-Roya

« Le problème, c'est l'amalgame entre la loi 1 901 et la position d'une municipalité. En tant que Breillois, je trouve scandaleux que la commune ait payé des billets de train pour les migrants », s'emporte un habitant. « Roya citoyenne a-t-elle remboursé la commune ? », questionne à son tour une membre du bureau de Défendre la Roya. Tandis que le solidaire René Dahon tâche d'expliquer qu'il s'agissait d'une mesure d'urgence, afin que les réfugiés puissent être reçus en préfecture avant le week-end.

« Pourquoi ne pas faire s'arrêter les migrants à Menton, sur la plage des Sablettes ? Comme ça, même Roya citoyenne serait tranquille », suggère un habitant. Déclenchant l'hilarité dans la salle. Unie, un instant.


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