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Contre les fachos, les barbares, les salauds, un artiste de street art redessine le visage de Simone Veil à Nice

Mis à jour le 03/03/2019 à 11:42 Publié le 03/03/2019 à 08:21
Christian Estrosi et l’artiste C215 (Christian Guémy) mettent la dernière touche à l’œuvre en présence, notamment, des représentants des cultes.

Christian Estrosi et l’artiste C215 (Christian Guémy) mettent la dernière touche à l’œuvre en présence, notamment, des représentants des cultes. Frantz Bouton

Contre les fachos, les barbares, les salauds, un artiste de street art redessine le visage de Simone Veil à Nice

Après la profanation des portraits de la Niçoise début février à Paris, l’artiste de street art C215 a reproduit samedi à Nice son œuvre sur deux boîtes aux lettres qui seront installées devant la mairie et au Mamac.

Trait pour trait. Sans rien céder. Sans trembler. Il a redonné son visage à la rescapée de la Shoah, à cette combattante pour les Droits des femmes, à celle qui n’avait pas peur. Simone Veil à quatre époques de sa vie, son regard droit devant et son emblématique chignon nimbés d’un halo bleu sur deux boîtes aux lettres, qui seront installées dans la cour de la mairie et au Mamac.

« C’est un temps d’émotion », a déclaré Christian Estrosi qui avait invité l’artiste à reproduire son œuvre profanée à Nice.

C’est plus que cela, un geste fort. Signifiant.

C’est à Nice où Simone Veil est née, à Nice qu’elle a été raflée, c’est à Nice que C215 « répare » le visage de Simone Veil défigurée par des croix gammées.

"J’avais besoin de démontrer cette horreur"

L’artiste (Christian Guémy de son vrai nom) se souvient du choc quand il a découvert que les deux boîtes aux lettres, qu’il avait réalisées sur la mairie du XIII e arrondissement de Paris à l’occasion de l’entrée au Panthéon de Simone Veil, avaient été souillées.

« La maire Anne Hidalgo et la direction de La Poste souhaitaient que l’on efface rapidement ces inscriptions antisémites. J’ai refusé. Je leur ai demandé de les laisser 24 heures pour que chacun puisse vérifier et que les agences de presse viennent réaliser des images », explique C215.

« Le malheur avec l’antisémitisme, c’est que ce sont souvent de petites offenses, à la frontière, presque invisibles, rien qui n’ait une telle photogénie », poursuit-il. « Une inscription sur un magasin de sandwichs, l’arbre coupé d’Ilan Halimi sont immondes mais ne constituent pas des images aussi fortes. J’avais besoin de démontrer cette horreur. Je ne voulais pas effacer le portrait de Simone Veil. C’était reculer. Avec le président du Consistoire, avec le fils de Simone Veil, on l’a restauré ».

Et, samedi à Nice, l’artiste a multiplié son visage. Encore et encore. L’art et la culture comme un rempart. Et Simone Veil qui regarde la bête immonde droit dans les yeux.

« Ces œuvres seront là pour faire pédagogie, pour alerter, pour mener cette lutte. Alors que les actes antisémites sont en hausse de 74 %, on se dresse contre la haine, on est debout », a martelé le maire en donnant le dernier coup de vernis aux boîtes aux lettres.


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