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Comment ces comédiennes italiennes ont décidé d'offrir des pièces de théâtre à domicile

Mis à jour le 29/04/2021 à 18:16 Publié le 01/05/2021 à 11:00
Marica et Roberta, deux Milanaises, livrent des pièces de théâtre dans Milan.

Marica et Roberta, deux Milanaises, livrent des pièces de théâtre dans Milan. DR

Monaco-matin, source d'infos de qualité

Comment ces comédiennes italiennes ont décidé d'offrir des pièces de théâtre à domicile

Depuis la fermeture des musées et des théâtres en Italie, les artistes rivalisent d’idées pour offrir un peu de culture aux Italiens. A Milan, Marica et Roberta livrent des spectacles de théâtre sous les fenêtres des habitants. Les Milanais en raffolent.

Deux gros sacs à dos de livreurs vissés sur les épaules, un coup de pédale, et voici Roberta et Marica sous les fenêtres des Milanais. 

Dans leurs besaces, pas de pizze ou autres plats chauds, mais trois menus avec, au choix, des extraits de Dante ou de Dario Fo* qu’elles déclament en extérieur. 

Une idée qui a germé il y a un an, après l'arrivée du coronavirus. En novembre 2020, l’artiste des Pouilles Ippolito Chiarello lance une idée. Proposer des pièces en livraison à domicile pour faire face à la fermeture des théâtres. 

De Rome à Milan, des Unités spéciales de continuité artistique (Usca) voient le jour. Roberta et Marica prennent en main celle de Milan.

Menus avec spectacles au choix

Depuis le début de la pandémie, les salles sont fermées, les spectacles annulés. “La situation était très morose”, se souvient Marica.

“On voit le regard des gens qui s’illumine au fur et à mesure que nous déclamons nos textes. Ils nous disent que le théâtre leur manque, cela nous touche beaucoup.”

Les deux amies élaborent trois menus de pièces de théâtre : un “rouge”, joué par Roberta, un “blanc”, joué par Marica et un “spécial”, joué par les deux. 

Le public peut aussi proposer une pièce de son choix. Rendez-vous est ensuite donné en extérieur, dans un parc, sur les toits d’un immeuble, dans une cour… “dans le strict respect des gestes barrière”, précise Roberta. 

Chaque représentation dure entre trente et quarante minutes.

Aujourd’hui, les deux amies ont vendu une cinquantaine de spectacles. “On voit le regard des gens qui s’illumine au fur et à mesure que nous déclamons nos textes, raconte Marica. Ils nous disent que le théâtre leur manque, cela nous touche beaucoup.” 

Le bouche-à-oreille fonctionne, les Milanais appellent une fois, puis deux, puis trois. Une mobilisation citoyenne qui “montre que notre travail a toute son importance”, souligne Roberta alors qu'en Italie, la situation des artistes reste très précaire, la loi protégeant peu les comédiens. 

Création d’une coordination lombarde du spectacle

Marica et Roberta organisent des spectacles jusque sur le toit des immeubles.
Marica et Roberta organisent des spectacles jusque sur le toit des immeubles. DR

Pour combler ce vide juridique, les deux actrices ont créé dans la foulée une Coordination lombarde du spectacle afin de mobiliser les artistes, techniciens et autres professionnels du spectacle de la région Lombardie et d’alerter les autorités italiennes. 

Une refonte du système est nécessaire, nous devons nous unir pour peser dans la balance”, explique Roberta. Depuis le début de la pandémie, les artistes italiens ont organisé de nombreux sit-in et assemblées. 

Aucun accord n’a encore été trouvé sur ce point, malgré les promesses, depuis un an, du ministre de la culture de débloquer 130 millions d’euros pour le monde du spectacle, du cinéma et de l'audiovisuel.

Pas plus tard que cette la mi-avril, à Rome, les artistes italiens se sont réunis pour demander une réunion interministérielle et la mise en place d’un "reddito di continuità" (revenu continu), sorte de statut d’intermittent, complètement absent de la loi italienne.

Certains membres de la Coordination lombarde ont également pris contact avec les artistes du théâtre de l’Odéon, mobilisés contre la fermeture des salles de spectacles. 

Mais la situation italienne est différente”, constatent les deux amies qui avouent passer des moments très difficiles, regrettant l’attribution aléatoire de “bonus” aux artistes et l’absence d’un statut protecteur général. 

Une différence qui illustre aussi la manière dont sont considérés les artistes de part et d’autre des Alpes. Alors qu’en France, la culture représente 2,3% du PIB, dans la Péninsule, elle arrive à peine à 0,3%. Un pourcentage qui fait écho à la phrase “On ne mange pas avec la culture”, lancée par Giulio Tremonti, ancien ministre des finances de Silvio Berlusconi, en 2010. 

A cette époque, la cour de Cassation italienne avait supprimé l’octroi d’indemnités de chômage à tout professionnel de la culture n’étant pas embauché, c’est-à-dire, à la grande majorité des artistes italiens. 

Un mouvement qui touche tous les artistes

D’autres initiatives ont vu le jour dans la Péninsule depuis l'arrivée du coronavirus. Comme à Rome, où l’artiste de rue Sirante propose des reproductions d’oeuvres qu’il livre gratuitement à domicile dans des cartons à pizza siglés JustArt, en clin d'oeil à l'entreprise de livraison JustEat. L’artiste assure qu’elles sont parties comme des petits pains.

Une dynamique que l'on peut observer aussi de l'autre côté des Alpes.

En France, les artistes n’ont pas été en reste non plus, réalisant des spectacles vidéo malgré une situation de plus en plus compliquée et une crise sanitaire qui s’éternise, empêchant nombre d’entre eux, notamment les jeunes, d’accéder au statut d’intermittent, faute d’un nombre d’heures de travail suffisamment élevé. 

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