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Combats acharnés entre Kurdes et jihadistes, 123 morts en 4 jours en Syrie

Pour le quatrième jour consécutif, des combats entre jihadistes et forces kurdes soutenues par la coalition internationale ont continué de faire rage dimanche en Syrie avec un bilan alourdi à plus de 120 morts.

AFP Publié le 23/01/2022 à 13:48, mis à jour le 23/01/2022 à 13:30

Déclenchés jeudi soir par un assaut majeur du groupe jihadiste Etat islamique (EI) contre la prison de Ghwayran (nord-est), l'une des plus grandes abritant des jihadistes en Syrie et gardée par les forces kurdes, les affrontements ont poussé à la fuite des milliers de civils dans un froid glacial.

L'assaut a été lancé par quelque 100 combattants de l'EI pour libérer leurs camarades de la prison située à Hassaké, une région faisant parie des territoires contrôlés par les Kurdes en Syrie, pays en guerre depuis 2011.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), "77 jihadistes et 39 combattants kurdes ont été tués" en quatre jours, de même que "sept civils" dans ces combats qui ont lieu dans la prison et aux alentours.

Cette attaque est la plus importante revendiquée par l'EI depuis sa défaite en 2019 en Syrie face aux Forces démocratiques syriennes (FDS) dominées par les forces kurdes et soutenues par la coalition internationale antijihadistes dirigée par les Etats-Unis.

"Des combats féroces ont éclaté dimanche avant l'aube. Les forces kurdes tentent de reprendre le contrôle de la prison et de neutraliser les jihadistes se trouvant dans les zones environnantes" du centre de détention qui abrite quelque 3.500 jihadistes, a précisé l'OSDH. Les FDS sont soutenues par l'aviation de la coalition internationale.

 

"Un miracle"

Le bruit des combats était entendu dans les environs, a constaté un correspondant de l'AFP.

Des membres des FDS ont été déployés en force dans et autour de la prison, recherchant les jihadistes et appelant via des haut-parleurs les civils à quitter le secteur.

Les jihadistes "entrent dans les maisons et tuent des gens", a indiqué à l'AFP l'un des civils qui fuyait à pied.

"C'est un miracle que nous ayons pu sortir vivants", a-t-il dit, transportant un enfant enfoui dans une couverture en laine. "La situation est toujours très mauvaise. Après quatre jours, les combats acharnés continuent."

 

Hamcha Sweidan, une femme de 80 ans qui a réussi elle aussi à s'enfuir, a affirmé: "nous allions mourir de faim et de soif". Et "maintenant nous ne savons pas où aller".

Selon les autorités kurdes, des milliers de personnes ont quitté leurs maisons près de la prison.

Les FDS ont affirmé avoir saisi des ceintures explosives, des armes et des munitions lors de la contre-attaque.

Les assaillants ont indiqué s'être emparés d'armes et avoir libéré des "centaines" de jihadistes. Plus de 100 des évadés ont pu être rattrapés par les forces kurdes mais des dizaines seraient encore en fuite, a indiqué l'OSDH.

"Retrouver sa force"

Dans une vidéo diffusée samedi, l'EI montre une vingtaine d'hommes, dont certains en habit militaire, affirmant qu'il s'agit de kurdes capturés pendant l'assaut.

Commentant la vidéo, les FDS ont affirmé que les captifs étaient des membres du personnel travaillant à la cuisine de la prison.

Selon Nicholas Heras, du Newlines Institute à Washington, "les évasions de prison représentent la meilleure opportunité pour l'EI de retrouver sa force et la prison de Ghwayran est une bonne cible car elle est surpeuplée".

 

Des milliers de jihadistes sont détenus dans les centres de détention dans les vastes territoires du nord et nord-est de Syrie sous contrôle des autorités Kurdes. De nombreuses prisons étaient à l'origine des écoles et sont donc mal adaptées pour garder des détenus sur le long terme.

Selon les autorités kurdes, quelque 12.000 jihadistes de plus de 50 nationalités --européennes et autres-- sont détenus dans leurs prisons. Elles réclament en vain depuis des années leur rapatriement.

Malgré sa défaite, l'EI parvient toujours à mener des attaques meurtrières grâce à des cellules dormantes.

Déclenchée en mars 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie s'est complexifiée au fil des ans avec l'implication de puissances régionales et internationales et la montée en puissance des jihadistes.

Le conflit a fait environ 500.000 morts selon l'OSDH, dévasté les infrastructures du pays et déplacé des millions de personnes.

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