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C'est l'arnaque à la mode: cette Azuréenne raconte comment une fausse banquière l'a escroquée par téléphone

Mis à jour le 30/11/2020 à 09:25 Publié le 30/11/2020 à 09:00
L’Azuréenne Vanina a eu de la chance dans son malheur : la réactivité de sa banque a permis d’éviter que le montant des achats frauduleux ne soit débité sur son compte.

L’Azuréenne Vanina a eu de la chance dans son malheur : la réactivité de sa banque a permis d’éviter que le montant des achats frauduleux ne soit débité sur son compte. Photo d’illustration F. F.

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C'est l'arnaque à la mode: cette Azuréenne raconte comment une fausse banquière l'a escroquée par téléphone

Une Azuréenne a été escroquée sur sa carte bancaire par une fausse banquière. L'arnaqueuse, "très convaincante, telle une vraie professionnelle du secteur" au téléphone, a réussi à lui prélever 5.000 euros sous forme d'achats en ligne. Elle témoigne.

23 heures, le 11 novembre dernier. Vanina, qui habite sur la Côte d’Azur, est tirée de son sommeil par un appel sur son téléphone portable. À demi réveillée, elle décroche et entend alors une voix féminine qui lui explique appartenir au service fraude de la Caisse d’Épargne, banque où la jeune femme a sa domiciliation bancaire. Vanina est inquiète.

"Cette personne me dit qu’il y a eu beaucoup d’achats effectués sur mon compte et qu’il convient donc de vérifier. Comme je l’interroge sur son appel aussi tardif, elle m’assure que son service fonctionne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et visiblement connaît mon identité, mon adresse, etc. Elle était très convaincante, comme peut l’être une véritable professionnelle du secteur, s’exprimait très bien et je ne me suis donc pas méfiée."

Mais ce qu’ignore encore celle qui exerce le métier de photographe, c’est qu’elle est en train de faire les frais d’une escroquerie. Une arnaque que son interlocutrice anonyme s’emploie à concrétiser… "Elle me précise vouloir lister les achats prétendument suspects et me demande de lui communiquer l’un après l’autre, les codes de confirmation que la banque va m’envoyer par SMS. Cela dure bien une demi-heure."

Le lendemain matin, nouvel appel de la banque. Cette fois-ci, c’est une véritable employée du service fraude qui est en ligne. Et qui s’enquiert de savoir si sa cliente a réellement effectué des achats en ligne pour un montant de presque… 5.000 euros.

Décontenancée, Vanina s’étonne d’être ainsi contactée à deux reprises pour le même motif. Et comprend qu’elle a été abusée. "J’ai joint ma conseillère, celle qui s’occupe personnellement de mon compte. J’étais paniquée parce qu’en fait, c’est moi qui ai fourni à chaque fois un code aux fraudeurs pour valider ces achats et que, dans ce cas, la banque n’a pas à rembourser. Ce n’est pas à proprement parler une fraude à la carte bancaire telle que celles que l’on peut déclarer sur la plateforme Perceval. Finalement, c’était une usurpation de l’identité de la banque et c’était presque à elle qu’il appartenait de porter plainte."

Mais, dans les faits, c’est bien Vanina qui s’est trouvée ennuyée par cette malencontreuse affaire. "Ma carte bleue a été mise en opposition et n’importe quel débit qui se présentait pouvait être rejeté. Heureusement, les prélèvements frauduleux, eux, ont été refusés par ma conseillère qui a placé une alerte sur mon compte. Pendant quelque temps, je n’ai plus pu payer en carte ni par chèque, mais je pouvais quand même retirer des espèces au guichet."

Au fait, sait-elle comment ses coordonnées personnelles ont pu se retrouver entre les mains de personnes mal intentionnées? "J’ai des doutes vis-à-vis d’un site marchand très connu qui m’a abonnée sans me demander quoi que ce soit et d’un service de paiement en ligne. Je pense avoir reçu un mail frauduleux sur lequel j’ai peut-être cliqué par inadvertance, ce qu’il ne faut jamais faire évidemment."

Une leçon bien apprise pour celle qui jure bien qu’on ne l’y reprendra plus. D’ailleurs, sa banque lui a octroyé, afin d’éviter que l’histoire ne se répète, une carte bleue virtuelle pour ses achats sur le Net… "C’est super, le numéro change toutes les dix minutes de sorte que les hackers n’ont pas le temps de le récupérer." De quoi la rassurer, en effet.

Une plateforme en ligne pour faciliter les démarches en cas d'escroquerie

Rien à voir avec la légende arthurienne et les chevaliers de la Table ronde! Perceval, en fait, est un service en ligne mis en place par le ministère de l’Intérieur sur lequel les victimes potentielles peuvent signaler le détournement de données bancaires directement en ligne.

L’acronyme signifie "Plateforme électronique de recueil de coordonnées bancaires et de leurs conditions d’emploi rapportées par les victimes d’achats frauduleux en ligne".

Ce téléservice permet de faciliter les démarches en cas de vol des données de votre carte bancaire (plus besoin de se déplacer à la gendarmerie ou au commissariat), le remboursement des sommes dérobées et la lutte contre les fraudeurs.

Pour signaler sur Perceval, il faut:

- Toujours être en possession de sa carte bancaire ;

- Que les coordonnées de la CB aient été utilisées pour faire un achat en ligne ;

- Ne pas être à l’origine des sommes dépensées ;

- Avoir fait opposition auprès de sa banque.

(Site : economie.gouv.fr).

"Le monde à l'envers": un expert décrypte l'attitude des banques, qui traînent des pieds pour rembourser

Matthieu Robin est chargé de mission pour les questions bancaires, chez UFC-Que Choisir. C’est lui qui a décrypté l’étude rendue publique le 22 octobre dernier, révélant qu’un tiers des banques refusaient de rembourser leurs clients victimes de fraudes. Selon lui, à contre-courant de la loi...

30%, c’est un chiffre énorme...
C’est très conséquent, en effet, et en progression par rapport à l’année précédente. Mais si vous demandez à toutes les associations de consommateurs quel est le premier objet de litige qui ressort sur les fraudes bancaires, c’est bien celui-là.

Quel est le problème?
La réglementation a changé. Avant, l’envoi d’un code par SMS (3D-Secure) était suffisant pour considérer la transaction comme sécurisée. Or, du fait des risques de détournement de ce code, ce dispositif n’est plus sûr et doit être remplacé par une nouvelle technologie. Les banques accusent le consommateur de négligence alors que ce sont elles qui n’ont pas fait l’effort de se mettre à jour. C’est pour cela que nous sommes intervenus. Pour dire qu’il y a une nouvelle réglementation et que ce droit au remboursement des consommateurs doit être pleinement appliqué.

Quelles sont les banques qui rechignent à rembourser?
Toutes en général ont des pratiques problématiques en la matière.

Vous avez même constaté qu’elles s’efforçaient de dissuader leurs clients de réclamer ces remboursements...
C’est le monde à l’envers. Dans la logique, la banque doit rembourser dès le constat d’un paiement frauduleux ou démontrer que le consommateur a été négligent.Or, elles érigent tout un tas de contraintes administratives extrêmement longues. C’est d’autant plus grave, que le montant moyen des fraudes s’élève à 400 euros et que nous sommes en période de crise.

Quels sont les principaux cas de fraude qui vous remontent?
Principalement des victimes de phishing, ces personnes vulnérables et isolées que l’on appelle et à qui on demande de mettre à jour des coordonnées sur Ameli.fr, par exemple, alors que le code secret sert à réaliser un paiement.

L’arnaque aux faux banquiers?
Ce sont des escroqueries de ce type qui, s’il y avait une double identification, ne serait plus possible.

Vous évoquez aussi la fraude au paiement sans contact. Pour vous, ce moyen de paiement est dangereux?
Ce qui est certain, c’est qu’il est plus fraudé que le bon vieux paiement avec code secret. Le risque, c’est que ce type de fraude s’accentue, d’autant que l’augmentation du plafond à 50 euros sera maintenue après la crise. Le problème est que le sans contact, on peut l’utiliser plusieurs fois et que faire opposition à sa carte bancaire ne permet pas d’échapper à la fraude : sans code, nul besoin de se connecter au réseau de la banque émettrice.

Photo DR

Offre numérique MM+

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