"Cela fait 35 ans que la pauvreté ne baisse plus en France", le point sur le dernier rapport de l'Observatoire des inégalités

Avec 4,8 millions de personnes en France vivant sous le seuil de pauvreté en 2020, la pauvreté ne "baisse plus depuis 35 ans", selon le dernier rapport publié mercredi 6 décembre, par l'Observatoire des inégalités.

Pauline Boussarie Publié le 07/12/2022 à 13:15, mis à jour le 07/12/2022 à 12:38
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Selon le rapport de l'Observatoire des inégalités: "Cela fait 35 ans que la pauvreté ne baisse plus en France". Photo AFP

"La pauvreté en France ne baisse plus depuis 35 ans", voilà le triste constat établi par l'Observatoire des inégalités dans son dernier rapport publié mercredi 6 décembre.

Un troisième volet de ce rapport, qui montre une stabilisation et une installation de la pauvreté depuis les années 2000. En 20 ans, ce sont 5000.000 personnes en plus, qui se retrouvent en situation de pauvreté. 

Selon les chiffres du rapport, la pauvreté concernerait "entre 6,5% et 8,5% de la population". En 2020, ce sont pas moins de 4,8 millions de personnes qui étaient considérées comme pauvres en France en 2020, selon les données de l'INSEE. 

Le seuil de pauvreté étant fixé à 50% du niveau de vie médian, cela représente un budget de 940 euros par mois pour une personne vivant seule. Cependant, malgré des chiffres qui pourraient sembler impressionnant, l'Observatoire des inégalités affirme que "la pauvreté n'explose pas", les calculs s'effectuant proportionnellement à la croissance de la population. 

"Les femmes seules avec enfants sont les plus exposées à la pauvreté"

Selon le rapport: "la moitié des personnes pauvres sont célibataires, avec ou sans enfant(s). Les femmes seules avec enfant(s) sont les plus exposées. 19 % des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté".

Les inactifs sont donc en effet visés, mais pas seulement. L'autre moitié concernée elle aussi par la pauvreté est en revanche active. Par conséquent, travailler ne protège pas de la précarité selon le rapport. 

La pauvreté très présente dans les grandes villes

La dernière partie du rapport est consacrée aux zones géographiques les plus touchées par la pauvreté. En premier lieu, on retrouve évidemment les grandes villes, où le niveau de vie reste généralement plus élevé qu'à la campagne par exemple. En effet, selon les données de l'INSEE, 63% des pauvres se situent dans des métropoles françaises, très attractive par le nombre d'emplois qu'elles peuvent offrir, mais implique un budget plus conséquent. 

Viennent ensuite les villes qui ont subit une forte désindustrialisation au cours des 50 dernières années. Les inégalités sont encore plus frappantes en fonction des quartiers. En effet, "le taux de pauvreté dépasse 65% dans dix quartiers défavorisés", en exemple, le quartier de Pissevin-Valdegour à Nîmes, toujours selon le rapport. 

300.000 personnes sans domicile 

Une ombre au tableau, l'installation dans le temps de "situations indignes". En effet, le rapport de l'Observatoire des inégalités pointe du doigt le fait que la France laisser persister ce qui est considéré comme la "grande pauvreté". 

En revanche, l'Observatoire des inégalités pointe une France qui laisse persister la grande pauvreté et les "situations les plus indignes". En effet, le rapport fait état de "300.000 personnes qui sont actuellement sans domicile". De plus, entre "2 et 4 millions de personnes vont appel à l'aide alimentaire", et "les revenus des plus pauvres sont très inférieurs au seuil de pauvreté". Le rapport précise "Ils se résument aux 500 euros procurés par le RSA, voire encore moins puisque les jeunes sans ressources de moins de 25 ans, les demandeurs d’asile, les sans-papiers ou les habitants de Mayotte n’ont droit qu’à un montant encore plus faible, voire à rien du tout".

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