“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Après 37 ans en poste à Monaco, il doit retourner en France

Mis à jour le 30/11/2015 à 09:12 Publié le 30/11/2015 à 09:08
S’il retourne en France, Giuseppe Boffa perd 12 % de salaire, son treizième mois et n’aura pas de tournée fixe. Lui estime que c’est injuste, son directeur assure que « ce n’est pas une sanction ».

S’il retourne en France, Giuseppe Boffa perd 12 % de salaire, son treizième mois et n’aura pas de tournée fixe. Lui estime que c’est injuste, son directeur assure que « ce n’est pas une sanction ». J.D.

Après 37 ans en poste à Monaco, il doit retourner en France

À 2 ans de la retraite, le facteur Giuseppe Boffa a appris par le directeur de la Poste Monaco qu’il allait être « remis à la disposition de la Poste française », entre choc et incompréhension

Après 37 ans de carrière à Monaco

Après son service, ce samedi, il a dû libérer son casier, rendre ses badges professionnels et ses clés. La fin de 37 ans de carrière à Monaco pour Giuseppe Boffa, 57 ans, que le directeur de la Poste Monaco Jean-Luc Delcroix remet à la disposition de la Poste française. Le facteur est nommé à Cap-d'Ail à partir du 1er décembre. À deux ans de la retraite, pour lui, c'est le choc.

Un événement survenu en septembre pourrait être le déclencheur

À l'Union des Syndicats de Monaco, il est aux côtés de sa compagne et d'Olivier Cardot, secrétaire général adjoint. Pourquoi une telle situation ? Il explique.

L'élément déclencheur pourrait être un événement qui s'est produit le 16 septembre. Ce jour-là, à 6 h 30, au tri général, il est question de tâches supplémentaires non payées. Et puis un collègue ne se sent pas bien. Giuseppe Boffa l'accompagne dehors quelques minutes avec d'autres collègues.

L'ambiance se calme très vite et tout le monde reprend le travail… Aujourd'hui, le directeur de La Poste Monaco dit lui-même qu'il s'agit d'un "non-événement", donc sans lien avec sa décision de le muter à la poste de Cap-d'Ail à partir du 1er décembre.

Il "[l]'accuse de tous les maux et [le] met plus bas que terre"

Pourtant, Giuseppe Boffa explique qu'à partir de ce moment-là, son directeur l'« accuse de tous les maux, [le] mets plus bas que terre » lorsqu'il est convoqué dans son bureau.« Il m'a dit que ça allait être fini pour moi », assure le facteur, en sanglots.

"Il perdra 12% de son salaire et son 13e mois"

C'est Olivier Cardot, secrétaire général adjoint de l'Union des Syndicats de Monaco, qui poursuit. "S'il part à Cap-d'Ail, il n'aura pas de tournée fixe, perdra 12% de salaire et son 13e mois. Après 37 ans sans aucun avertissement, c'est tout simplement inhumain. C'est une sanction. Et une sanction totalement disproportionnée! Les salariés sont tétanisés par le directeur de La Poste Monaco. Son autorité est exclusive."

"Un manager moderne n'impose pas ses décisions"

Avec un brin d'ironie, Olivier Cardot tient à reprendre une citation du livre de Jean-Luc Delcroix, "Le management stratégique, d'abord humain ».« Pour Jean-Luc Delcroix, un manager moderne n'impose pas ses décisions, il fait des choix en créant un espace de confiance à renforcer, grâce à son savoir-être et son savoir-faire. Pour cela, il évite l'autoritarisme qui enferme et réduit la communication.(...)"

Bien sûr, Jean-Luc Delcroix n'a pas la même analyse de la situation. D'ailleurs, pour lui, la remise à la disposition de la Poste française de Giuseppe Boffa "n'est pas une sanction."

Une décision prise de façon "collégiale"

Par ailleurs, le directeur de La Poste Monaco souligne que la décision a été prise de façon "collégiale, suite à la réunion d'un comité exécutif de La Poste Monaco. Cette solution est la plus simple."

Mais comment expliquer une telle décision si l'épisode du 16 septembre est un "non-événement" de l'avis des deux parties?

"Il a été évalué comme un "agent devant gérer son self-control""

Jean-Luc Delcroix affirme: "L'ensemble de l'encadrement dit qu'il est difficile de travailler avec Monsieur Boffa. Lui dit qu'il y a des problèmes alors qu'il n'y en a pas. En 2013, Giuseppe Boffa a été évalué par son supérieur comme un " agent devant gérer son self-control en cas de désaccord avec ses collègues ou sa hiérarchie ". En 2014, une nouvelle évaluation précise qu'il " doit continuer son effort pour avoir un meilleur relationnel et ne pas hésiter à faire des propositions en vue de facilité le travail d'équipe ""

""Il pense toujours détenir la vérité"

"Monsieur Boffa a démontré une fois de plus qu'il ne faisait plus confiance à son encadrement. Il a démontré qu'il a porté sur la place publique une situation dans l'unique but de défendre ses intérêts propres. Il ne respecte pas l'autorité. Il pense toujours détenir la vérité. C'est un électron libre. C'est toutefois quelqu'un qui fait correctement son travail. Mais il a un comportement qui fait que, pour ses collègues, c'est difficile. Il parle négativement de sa hiérarchie. Je suis là pour assurer la paix sociale. La remise à disposition de Monsieur Boffa est une mesure qui va lui permettre de quitter un environnement professionnel qu'il ne supporte plus et dans lequel il n'a aucune confiance. À Cap-d'Ail ça ira mieux."

Ca n'ira certainement pas mieux à partir du 1er décembre. Ce vendredi, Giuseppe Boffa a craqué. Le médecin l'a mis en arrêt maladie pour quinze jours.


La suite du direct