Plongée dans un siècle de musique live avec l'exposition Monaco on stage

Projet de Monaco on stage, l’exposition immersive, salle du quai Antoine-Ier, rappelle avec des photos et des décors, l’incroyable casting de stars de la chanson qui se sont produits à Monaco.

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CEDRIC VERANY Publié le 18/10/2022 à 19:30, mis à jour le 18/10/2022 à 19:38
L’exposition rappelle aussi la venue à Monaco de membres de groupes mythiques, comme Sting. Photo Cyril Dodergny

C’est un couloir de loges, où traînent les flight cases et s’amoncellent les photos souvenirs. L’entrée des artistes. Sur les murs, le casting démarre avec Édith Piaf, Charles Aznavour, Ray Charles, Nat King Col, Frank Sinatra, Whitney Houston, Elton John ou Dalida pour ne citer qu’eux.

Dénominateur commun, toutes ces images ont été prises lors de performances en Principauté depuis près d’un siècle.

Voilà comment démarre l’exposition "Monaco on stage" pensée par la direction des Affaires culturelles et déroulée dans la salle du quai Antoine-1er jusqu’à la fin de l’année.

"L’idée était de raconter un siècle de concerts à Monaco et de mettre en valeur la collection patrimoniale de la SBM", souligne Françoise Gamerdinger. La Société des Bains de Mer, dans sa mission d’animation du pays, ayant accueilli du premier Sporting d’hiver dans les années 1930 à la Salle des Étoiles, en passant par le Cabaret, la Salle Garnier ou le Moods, le gratin de la musique internationale.

 
Le public passe par l’entrée des artistes, jalonnée de photos de stars, pour entamer la visite. Photo Cyril Dodergny.

La musique comme une expérience

Pour raconter cette histoire, interviennent l’expertise du scénographe Rudy Sabounghi habitué à imaginer des décors d’opéra et le savoir du compositeur et chroniqueur musical Alex Jaffray. C’est lui qui a mené le commissariat de l’exposition selon deux préceptes: "D’abord ce que disait Ennio Morricone que la musique n’est pas une science mais une expérience. Ensuite, sur le fait que dans toutes les langues du monde, on dit jouer de la musique".

Et c’est ce qui se passe pour le visiteur. À défaut de faire de la musique, l’exposition se veut ludique pour jouer avec ce patrimoine. Notamment dans la collection de guitares de l’ancien directeur artistique Jean-René Palacio astucieusement mis en scène où les gratt’ de Claptone, Kravitz ou Santana sont éclairées comme des stars.

La guitare d’Eric Clapton, en bonne position. Photo Cyril Dodergny.

La ballade sous les projecteurs se poursuit dans un couloir où s’alignent des superstars de la musique: Tina Turner, Robbie Williams, Rod Stewart, Céline Dion… en pleine action sur la scène de la Salle des Étoiles. "C’est plus facile de compter les artistes qui ne se sont pas produits à Monaco", glisse Gilles Marsan, directeur artistique de la SBM qui estime à plus de 4.000, le nombre de concerts donnés à Monaco.

Certains ne l’ont pas (encore) fait comme Barbra Streisand ou U2. "Pour des artistes habitués à chanter dans des stades, on ne peut pas faire entrer toute la technique à la Salle des Étoiles. Mais maintenant que nous avons réaménagé la place du Casino, nous aurons peut-être les artistes que nous n’avons jamais eus", espère Gilles Marsan.

Chaque programmateur à ses rêves. L’exposition rappelle que si nombre de mythiques groupes de rock n’ont jamais performé à Monaco, certains de leurs membres sont venus s’y produire en solo. Exemple(s)? : Sting de Police, Ringo Starr des Beatles, Charlie Watts des Stones.

 
Dans une salle dédiée au standard My way, différentes versions se confrontent, dont celle de Robbie Williams. Photo Cyril Dodergny.

Paul Anka, le recordman

Pour ceux qui préfèrent la disco, un espace avec boule à facettes au plafond compile les photos des meilleurs représentants du funk ou de la disco passés par Monaco.

Un peu plus loin, un temple est érigé aux divas de soul entendues Salle des Étoiles. Entre deux, le public peut traverser la loge de Joséphine Baker, qui inaugura le Sporting en 1974 ou celle que l’on imagine préparée pour un crooner. Les spiritueux y sont en bonne position. Pour chauffer sa voix ?

La voix justement est au cœur d’une salle intéressante où tourne en boucle une version inédite de My way piochant dans les versions de différents artistes passés par Monaco.

Du coup, le standard est probablement la chanson la plus jouée au Sporting. Son créateur Paul Anka, qui a adapté le Comme d’Habitude de Claude François a chanté à Monaco la première fois, il avait 17 ans. C’était en 1959. Il détient le record de l’artiste qui s’est produit le plus souvent à Monaco précédant Johnny Hallyday, Paolo Conte ou Frank Sinatra.

S’il n’y a pas de karaoké dans les salles, le spectateur est avant de partir, projeté sur la scène de la Salle des Étoiles, face à un public virtuel. Une manière de ressentir les sensations du live après avoir voyagé dans les images archivées.

Toutes fixes, car l’exposition ne propose pas, seul bémol, d’images animées de ces concerts légendaires en Principauté. Il n’existe que de très rares captations vidéos de certains concerts, l’enregistrement étant généralement interdit par les productions. "Mais il reste les souvenirs, note Gilles Marsan, qui eux sont magiques".

Dans la loge d’un crooner, les spiritueux sont en bonne position. Photo Cyril Dodergny.
La galerie de photos de la scène de la Salle des Étoiles impressionne. Photo Cyril Dodergny.

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