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Les street artistes Faben, Jérémy Besset, Brian Caddy et Djiango investissent le domaine Charlot à Beausoleil avant sa rénovation

Avant sa réhabilitation pour un projet socioculturel de 15M€ à Beausoleil, cette bâtisse du XIXe siècle a été investie par quatre street artistes. L’exposition, éphémère, est ouverte au public.

Thibaut Parat Publié le 25/07/2022 à 11:00, mis à jour le 25/07/2022 à 13:07
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Faben, Jérémy Besset, Brian Caddy et Djiango ont usé de toute leur créativité pour habiller les murs du domaine Charlot. À venir découvrir tous les jours à 14h30. Photos Jean-François Ottonello

Jadis, son style architectural de la Belle Époque s’admirait depuis la place du casino de Monte-Carlo. Désormais, la villa Chêne du Domaine Charlot est noyée dans la jungle urbaine de Beausoleil.

Depuis l’avenue Maréchal-Foch, c’est par les escaliers Oradour-sur-Glane que l’on pénètre dans cette propriété en restanques de 2.000m², acquise en 2008 par la Ville.

Les façades, usées par les affres du temps, affichent depuis peu des nuances de bleu, contrastant avec les habitations voisines. La nuit, cette peinture urbaine s’illumine grâce à ses vertus phosphorescentes.

 

L’œuvre de Djiango, l’un des quatre street artistes sollicités par la Ville pour investir le Domaine Charlot, tombé en décrépitude, et monter une exposition avant que les lieux ne soient entièrement réhabilités pour un projet socioculturel à 15 millions d’euros d’ici fin 2024 (lire ci-dessous).

Le dossier phare de la quatrième mandature de Gérard Spinelli.

"Ce lieu fermé, on a voulu l’ouvrir à la population avant les travaux, pour qu’elle puisse se l’approprier sans tarder, qu’elle redécouvre la richesse de ce lieu, justifie le maire. C’est un endroit empreint d’histoire, fascinant et foisonnant."

"Une leçon d’humanité"

Au rez-de-chaussée de cette bâtisse de quatre étages, Jérémy Besset a dégainé son pinceau pour retranscrire, sur les murs et sur le carrelage d’époque, l’historique et les multiples vies de ce lieu. "C’est de la calligraffiti, une passerelle entre la calligraphie et le taf", explique l’artiste mouansois de 38 ans, lequel a aussi tissé sa toile multicolore.

Trois kilomètres de fils, en coton recyclé et aux couleurs de l’arc-en-ciel, rallient un même point de la pièce. "J’ai voulu symboliser la richesse culturelle qui anime la ville et montrer que toutes ces nationalités différentes sont venues s’unir ici pour construire un avenir ensemble. C’est une vraie leçon d’humanité."

"Démocratiser cet art"

Dans la pièce en face, une ancienne salle de musique, Faben a souhaité symboliser une "symphonie de synergie". L’artiste niçois, bien connu pour son avatar MrLover, invite les visiteurs à s’ouvrir sur les énergies qui les entourent, notamment celles qui émanent de la ville dite la plus cosmopolite de France.

 

"Je matérialise ici l’immatériel", souligne cet apôtre de la positivité qui, comme ses compères, a puisé dans les archives de la Ville pour titiller sa créativité.

Au-dessus de l’ancienne cheminée, une œuvre holographique attire mécaniquement l’œil curieux. "C’est une première mondiale que je vais aller défendre à Paris. Avec le Domaine Charlot, on pousse tous nos délires au maximum", jubile Faben.

Autrefois mal perçu, l’art urbain est désormais adoubé par les autorités et collectivités quand elles servent des projets publics. Dans les jardins du Domaine Charlot, les enfants et habitants de Beausoleil ont épaulé Brian Caddy pour sa fresque murale bigarrée.

"C’est important de démocratiser cet art qui était considéré comme du vandalisme il y a plusieurs décennies, expose ce Cannettan de 34 ans, à la signature très colorée et géométrique. Là, on a reproduit une frise qu’on retrouve dans l’entrée de la villa. Elles avaient été introduites au XIXe siècle dans tout le comté de Nice par les travailleurs immigrés piémontais."

À côté, le mobilier restant de la maison a servi à ériger des colonnes. Une fois les travaux lancés, probablement en septembre, l’exposition disparaîtra physiquement. Mais une trace numérique de celle-ci devrait subsister. "Avec le Département, on est en train de voir pour les conserver en 3D. Dans la future Micro-Folie du Village Charlot, le visiteur pourra venir avec ses lunettes de réalité virtuelle et voir nos œuvres", sourit Faben.


Exposition artistique éphémère tous les jours de l’été à 14 h 30. 4, avenue du Carnier ou 1, montée Oradour-sur-Glane.
Rens. à villagecharlot@villedebeausoleil.fr

Quels services trouvera-t-on après la réhabilitation des lieux?

En 2008, après avoir acquis par voie de préemption le Domaine Charlot pour 2,5 millions d’euros aux propriétaires les consorts Feugier, la municipalité de Beausoleil a longtemps réfléchi quel dessein lui donner.

"On a privilégié une orientation culturelle car c’est l’une des priorités de la commune, explique Gérard Spinelli, le maire. Comme notre ville est cosmopolite, on a voulu créer du lien et de la cohésion sociale."

À l’échéance 2024, après deux années de travaux qui devraient débuter en septembre, la propriété sera entièrement réhabilitée pour accueillir une kyrielle de services à la population.

"Il y aura une bibliothèque, une médiathèque, une ludothèque, une salle de libre expression artistique, un musée numérique Micro-Folies, un centre social, un centre de médiation, un espace de formation, une résidence d’artistes avec quatre ateliers et cinq hébergements pour les accueillir – dont un avec un enfant – un café philo, un hall d’exposition, un espace de restauration, des jardins remarquables", égrène l’édile.

Certaines pièces de la bâtisse n’ont pas reçu d’affectation précise.

"C’est un projet pour la population, alors on décidera avec elle de ce que l’on fera de ces 150 m² pour compléter l’offre", poursuit-il.


15, c’est, en millions d’euros, le coût du projet de réhabilitation du Domaine Charlot. Un coût financier supporté à presque 50 % par le Ministère de la Culture français et à hauteur de 5Me pour la Ville de Beausoleil. Le reste étant financé par la Région Sud, le Département des A.-M., la Carf, la Caf, la Fondation du patrimoine.

Offre numérique MM+

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