Rubriques




Se connecter à

Les enchères prennent la roue du GP historique

C'est une première ! Pas moins de quatre prestigieuses maisons de vente, de Monaco et d'ailleurs, ont décidé de se greffer, dès demain, à la grand-messe des collectionneurs de belles mécaniques

Thomas MICHEL Publié le 11/05/2016 à 05:04, mis à jour le 11/05/2016 à 05:04
Cette Lancia Rally 037 de 320 chevaux devrait provoquer une belle bataille d'enchères sur le Rocher. Photo Michael Alesi

Novice sur la thématique des voitures de collection, la galerie monégasque Accademia Fine Art, dirigée par Joël Girardi, essuiera les plâtres d'une série de vacations dédiées aux voitures de collection, demain à 18 h 30, dans le « garage-showroom » de son nouveau partenaire, Monaco Legend Motors. Une nouvelle aventure appréhendée avec beaucoup d'humilité par Joël Girardi, conscient de son statut face à des ogres du marché, tels RM Sotheby's ou Bonhams (lire ci-contre), qui entendent bien capter un maximum de collectionneurs fortunés venus partager leur passion sur le Grand Prix de Monaco Historique (de vendredi à dimanche).

« Nous n'avons pas voulu nous placer sur les grands jours, comme Sotheby's, par question de respect. Le jeudi soir n'est pas le meilleur moment parce que la plupart des collectionneurs et acquéreurs ne viennent que pour le week-end mais je pense, et j'espère, que même si les gens n'achètent pas, ils feront connaître le garage. On ouvre une porte et on verra bien… »

« 800 m2 de garage »

Prudent, l'organisateur n'en reste pas moins convaincu d'avoir quelques atouts en mains. « La chose importante, c'est qu'on dispose de 800 m² de garage à Monaco avec tout un service technique derrière. C'est un peu notre point fort par rapport aux maisons de vente qui viennent de l'étranger. Ils ont des voitures magnifiques et attrayantes mais pas le service qui suit. Une fois leur voiture achetée, les collectionneurs ne seront pas tout seuls avec nous. On a un outil de travail qui est un peu unique et nous donnera peut-être cette chance de nous faire une petite niche dans ce marché qui est très volatile. Les voitures, ça monte et ça descend, c'est vraiment un marché à part. Je crois qu'on va découvrir autant que les gens ! (rires) »

 

Avec - seulement - une quinzaine de voitures inscrites à un catalogue de plus de 200 lots, Accademia Fine Art misera également sur l'atmosphère de sa vacation. « Il y a deux garages en sous-sol où sont les véhicules, une salle où se tiendra la vente en partie supérieure et un deuxième espace d'exposition en vitrine. » Le plus ? « Un ascenseur plateau qui relie le garage à la salle de vente et permet de monter les voitures. »

« Un grain de sable »

Dans cet esprit d'ouverture et cette quête d'une scénographie léchée, de vieilles affiches du Grand Prix de Monaco Historique et autres reliques du sport automobile (pompes à essence, modèles réduits, culbuteur de pot d'échappement d'une Ferrari modèle F1 de 2006…), partageront la ligne de départ des adjudications avec des montres de luxe (Philippe Patek, Richard Mille…) et de la bagagerie.

Côté carrosseries, les Fiat de poche seront à l'honneur à des estimations hautes n'excédant pas les 50 000 euros. Au programme : une Fiat 500 N de 1957, un rare modèle de Fiat 590 GT Giannini ou encore une Fiat 600 D Multipla de 1961. Une coccinelle VW « Ovale » de 1957, une Bianchina cabriolet Prima Serie de 1960 ou un rare cabriolet US Chrysler Town & Country Woody de 1948, feront également patienter les plus gourmands venus faire la cour à une demoiselle nommée Lancia Rally 037. 320 chevaux dévoilés en 1981 (prototype destiné à l'homologation "Groupe B" du championnat du monde des rallyes) et estimés entre 330 000 et 430 000 euros.

« La Lancia 037 est en concurrence avec celles présentées par Bonhams et RM Sotheby's mais on a la chance que la nôtre soit un petit peu la meilleure des trois. Dans le sens où elle a le moins de kilométrage, que c'est un modèle Martini et qu'on est vraiment bon avec l'estimation. Par contre, on n'a évidemment rien à voir avec les capacités de Sotheby's et des autres. On est vraiment un petit grain de sable », insiste Joël Girardi.

Coys of Kensington investit Fontvieille samedi matin

Lors d’une précédente vente aux enchères, cette Maserati claire s’était déjà vendue plus d’un million d’euros. Photo archives Franz Chavaroche.

C'est une plongée dans le passé. La vente aux enchères « Légende et passion » des Anglais de la maison Coys of Kensington, ce samedi, permet de remonter le temps. 108 vieilles voitures vont remplir l'Espace Fontvieille. Il y aura une Maserati de 1973 aux lignes droites, une Lancia de 1955 tout en rondeurs, un massif 4x4 Toyota du début des années 1980 aux airs de tout-terrain militaire… Les véhicules mis en vente ce jour-là balaient un spectre plutôt large. Leur prix de départ aussi.

Une Porsche à un million d'euros

 

 

 

Le premier modèle, sur l'échelle des prix de départ, démarre à 5 000 euros. C'est une Seat 500, une petite voiture rondouillarde qui promet « beaucoup de fun », selon Chris Routledge, le directeur général de Coys of Kensington. À l'opposé, du côté du véhicule au prix de départ le plus élevé, il y a une voiture « très spéciale ». Et très rare, aussi.

Des Porsche 924 Carrera GTR comme celle-ci, il n'y en a que 19 au monde. Elle n'a eu qu'un seul propriétaire depuis 1981, et n'affiche que 110 kilomètres au compteur. Prix de départ : un million d'euros. Même si Chris Routledge en est convaincu : selon le nombre d'acquéreurs potentiels - et surtout leur intérêt - le bolide pourrait se négocier, au final, autour des « 1,3 ou 1,5 million d'euros ». Le véhicule, assure-t-il, attise beaucoup de convoitises. Les autres aussi. Une combinaison de facteurs fait qu'il y a beaucoup d'attentes, autour de cette vente. D'abord, l'événement organisé depuis seize ans attire traditionnellement beaucoup d'acheteurs potentiels.

Ensuite, c'est le week-end du Grand Prix de Monaco Historique, qui devrait faire venir encore plus d'amateurs de voitures anciennes comme celles en vente lors de la vente. Et puis de toute façon, « Monaco est un très bon marché pour ce genre de véhicules, reprend Chris Routledge. Peut-être le meilleur en Europe ».

 

 

 

«On veut que ce soit à Monaco»

Il parle d'expérience. Coys of Kensington échange régulièrement avec des musées, des collectionneurs ou des amateurs argentins, japonais, américains, européens…

« Parfois, on propose de mettre un véhicule en vente à Berlin ou à Londres, remet-il. Les vendeurs nous disent : non, j'attends la vente à Monaco. »

Avant les coups de marteau, les véhicules en vente seront exposés à l'espace Fontvieille, jeudi, vendredi et samedi avant le début de la vente. Histoire de satisfaire, aussi, les amateurs qui ne peuvent pas forcément acheter…


Savoir +
Exposition des véhicules demain, de midi à 18 heures, vendredi, de 9 heures à 18 heures et ce samedi, à partir de 9 heures et jusqu’au début de la vente, à 11 heures à l’espace Fontvieille.

RM Sotheby’s en pole samedi au Sporting

La Peugeot 908 HDi FAP (châssis n°5) deuxième des 24 Heures du Mans 2008. Photo RMSotheby’s.

C'est la référence. La n° 1 incontestée et incontestable sur le marché international des voitures anciennes et de collection. Habituée du Rocher, la maison de ventes anglosaxone RM Sotheby's revient en force, ce samedi, au Sporting de Monte-Carlo. Attention les mirettes dans la salle des Etoiles !

Véritable catalogue muséal de plus de 200 pièces, dont des bateaux et motos, la sélection des experts de Sotheby's donne le vertige. Il faut dire qu'en plus de la rareté des mécaniques, de nombreux lots sont chargés d'histoire.

 

Érigée à la deuxième place des 24 heures du Mans 2008 par l'équipage Nicolas Minassian, Marc Gene et Jacques Villeneuve, une Peugeot 908 HDi FAP (châssis n°5) et son moteur 12 cylindres de plus de 700 chevaux est estimée entre 1,2 et 1,6 million d'euros.

Dans la série voiture de légende, une Ferrari 275 GTS-4 NART Spider by Scaglietti de 1968, estimée entre 19 et 23 millions d'euros, devrait également faire grand bruit.

Et que dire de la dispersion de la collection Quattroruote prévue le midi. Bâtie sur plus d'un demi-siècle par Gianni Mazzocchi, le défunt créateur du magazine italien éponyme, cette compilation rassemble 36 lots sans réserve de prix, allant d'un bicycle Michaux de 1956 à une Lancia Lambda 1st Series Torpedo de 1922.

Deux vacations de légende qui consitueront un warm-up idéal pour RM Sotheby's avant une saison estivale où la traditionnelle vente de Monterey en Californie affolera encore et toujours les compteurs.


Savoir +
Exposition ce vendredi, de 10 heures à 19 heures, et samedi de 9 heures à 16 heures. Vente de la collection Quattroruote, ce samedi dès midi. Seconde vente à partir de 18heures. Au Sporting Monte-Carlo. Salle des étoiles. 26, avenue Princesse-Grace.

 

Bonhams va faire rugir le Fairmont Hotel vendredi

Photo DR.

Cette Jaguar XK120C C-Type Sports-Racing de 1953 (voir photo), estimée 4 à 5 millions d'euros, n'est qu'un échantillon. Un avant-goût d'un catalogue de 142 lots qui fait la part belle à l'élégance automobile.

Grosse cylindrée du marché du véhicule d'exception et d'occasion, la maison britannique Bonhams, réputée pour ces ventes annuelles sous les verrières du Grand Palais à Paris, part à la chasse aux records en terre monégasque, vendredi au Fairmont.

Sobrement intitulée « Les grandes marques à Monaco », la vacation arbore une forte tonalité sportie à l'instar de l'ex-monoplace Benetton-Ford de Michael Schumacher.

Le kart du fils Schumacher dédicacé par le «Kaiser»

Photo M.A..

L’actualité a malheureusement rattrapé la vente d’Accademia Fine Art, lundi dernier, après les dernières révélations sur l’état de santé de Michael Schumacher.Un kart signé de la main du « Baron rouge », et offert à son fils Mick en 2006, sera en effet présenté au marteau à 4000 euros d’estimation basse. Doté d’un moteur à essence monocylindre 118 cc 4 temps OHV, le bolide a permis au fils de « Schumi » de faire ses gammes avant de débuter une carrière en 2008 sous le pseudonyme de Mick Betsch. 

Attention à la surenchère

Étranger à la tenue de ces vacations dédiées aux automobiles de collection, le président de l’Automobile club de Monaco, Michel Boeri, n’en garde pas moins un œil attentif au développement de pareils événements dans un souci de cohésion du Grand Prix de Monaco Historique et de ses à-côtés. S’il se réjouit que la Principauté attire la crème des maisons de vente internationales, le président émet le souhait que ces rendez-vous ne se banalisent pas à l’avenir.

 

« Là, on atteint la limite du raisonnable. Nous sommes à l’origine de ces ventes pour avoir essayé de faire venir RM Sotheby’s au départ. Comme ça a très bien marché, il n’y a pas eu besoin de dire aux copains de le faire. Mais ce n’est pas moi qui autorise ou non les ventes. Aujourd’hui, avec quatre ventes aux enchères, c’est un bon signal pour dire “Regardez, Monaco attire du monde”, mais je ne crois pas qu’économiquement parlant ce soit aussi bon que quand il n’y en avait qu’une. Ce qui fait la spécificité et le succès, c’est la position de monopole, le fait d’être le seul sur le marché. Je ne peux que me réjouir de ces ventes mais, si on les vulgarise, ça ne devient plus un événement exceptionnel mais régulier. »

Offre numérique MM+

...

commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.