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EXCLUSIF. Boy George nous dévoile en avant-première mondiale ses portraits sérigraphiés à Monaco

Mis à jour le 16/11/2019 à 11:50 Publié le 16/11/2019 à 11:49
Boy George expose pour la première fois à la galerie GM design à Monaco

Boy George expose pour la première fois à la galerie GM design à Monaco Photo Jean-François Ottonello

EXCLUSIF. Boy George nous dévoile en avant-première mondiale ses portraits sérigraphiés à Monaco

Le chanteur du groupe culte Culture Club a inauguré sa première exposition de sérigraphies, ce vendredi à Monaco, à la galerie G&M Design. Une autre facette de l’artiste excentrique à découvrir jusqu’au 1er février 2020. L'occasion d'évoquer le parcours hors normes de l'icone glam rock, depuis son enfance jusqu'à maintenant

Chapeau rouge vissé sur un crâne tatoué, fard à paupières autour des yeux et visage blanchi par le maquillage, Boy George – né George Allan O’Dowd – n’a rien perdu de son allure extravagante. Ni de son franc-parler, d’ailleurs.

Son visage subversif a bercé les années quatre-vingt avec ses tubes cultes Do You Really Want To Hurt Me, Karma Chameleon, Church of The Poison Mind, It’s a Miracle.

Leader du groupe culte Culture Club – des dizaines de millions de disques vendus à leur actif – le chanteur tranchait avec sa personnalité fantasque et son style androgyne. Chantre de la libération homosexuelle et icône du glam rock, Boy George, désormais 58 printemps au compteur, a tout connu.

La gloire avec son groupe multiculturel. La carrière solo, certes moins glorieuse. La descente aux enfers avec des excès et scandales judiciaires. Puis la renaissance. Culture Club s’est même retrouvé récemment en signant un sixième album, Life, et une tournée.


Ce vendredi à Monaco, au cœur de la galerie G&M Design, c’est dans un tout autre registre que l’on a retrouvé l’artiste. Une trentaine de sérigraphies – inspirées de l’univers de Keith Haring – où l’on retrouve des couleurs punchy, des traits grossiers, des visages. Aussi bien par l’abstrait qu’au travers d’un travail de précision à base de perles et de sequins. Une exposition à retrouver jusqu’au 1er février.

"tous ont des visages
un peu tordus car ils sont tous un peu bourrés"


Vous exposez pour la première fois des toiles et sérigraphies. Y a-t-il un message derrière ces œuvres ou est-ce juste pour stimuler votre créativité ?
Il y a un message derrière tout ce que l’on créé. C’est la façon dont je vois le monde. J’ai grandi avec des gens très hétéroclites : des DJ des gens de la mode. Ce sont toutes des personnes qui ont un message à transmettre. Quand je fais de l’art, il y a une influence assez forte du monde de la musique.


Cette exposition n’affiche quasiment que des visages. Pourquoi cette partie du corps ?
C’est la partie la plus importante du corps. C’est le centre de l’expression. On peut dire tellement de choses avec des expressions faciales. Quand je fais un visage, je n’essaye pas de reproduire quelque chose d’exact, de précis. Si c’était pour réaliser des portraits de gens connus, je prendrais juste des photos. Bien souvent, c’est par accident. Je commence à dessiner et je me dis "Oh mon Dieu, mais ce visage ressemble à Prince", alors je le fais. Ce qui m’amuse, c’est de faire quelque chose de différent. Si quelqu’un a un gros nez, je le reproduirai encore plus grand. J’aime exagérer les traits. Tous ont des visages un peu tordus car ils sont tous un peu bourrés [rires].

Parmi les portraits peints par Boy George, Prince ou encore David Bowie.
Parmi les portraits peints par Boy George, Prince ou encore David Bowie. Photo Jean-François Ottonello

"tout c'est fait
à la dernière minute
mais c'est très excitant"


Pourquoi cette exposition arrive-t-elle tard dans votre carrière ?
C’est vraiment si tard ? Peut-être qu’au contraire elle arrive trop tôt. On grandit avec la créativité. Je sens qu’elle commence à trouver son rythme. Quand on a 50 ans, on a plus de maturité et on se sent libre. Notre vie entière se résume à devenir une personne.

Pourquoi avoir choisi Monaco pour votre première exposition?
Lady Tina Green [propriétaire de la galerie, ndlr], qui aime mon travail, m’a demandé de faire une exposition ici. Ça m’a obligé à en faire une. Tout s’est fait à la dernière minute mais c’est, en tout cas, très excitant. Je suis rempli de joie de voir mes œuvres encadrées, au mur.


Quelle est la différence entre chanter sur scène et peindre des toiles ?
C’est très similaire. Tout est une question de montrer aux gens des choses sur sa propre personne. Dans toute créativité, il faut que les gens ressentent quelque chose : de la haine, de la joie, une réaction. C’est ce qui me plaît. J’adore le fait que cela provoque des émotions, que les gens se disent qu’ils sont prêts à vivre avec cette œuvre chez eux, qu’ils peuvent se réveiller tous les matins avec elle.

Boy George expose pour la première fois à la galerie GM design à Monaco
Boy George expose pour la première fois à la galerie GM design à Monaco Photo Jean-François Ottonello
Boy George expose pour la première fois à la galerie GM design à Monaco
Boy George expose pour la première fois à la galerie GM design à Monaco Photo Jean-François Ottonello

"on vit dans une culture où il y a toujours trop d'explications"


Parlez-nous de votre groupe mythique Culture Club, qui s’est reformé ces dernières années...
On essaye toujours de devenir meilleurs. On a fait une grande tournée. On reçoit beaucoup d’amour de la part des gens qui nous suivent. On essaye de ne pas faire de spectacles trop nostalgiques. Je suis en train de faire pas mal de nouvelles musiques que j’essaye d’intégrer dans mes concerts, tout en conservant les anciennes.


Les mentalités ont évolué depuis les années 80. Y a-t-il toujours le même besoin de revendication ?
Si vous voyez les jeunes musiciens d’aujourd’hui, tous le font. Depuis 1976, ils adoptent tous l’esprit du punk, du gothisme. Leurs messages sont importants. Mais un beau meuble restera toujours un beau meuble. Pareil pour une magnifique musique ou une belle œuvre d’art. On vit dans une culture où il y a toujours trop d’explications. On explique tout, trop, et c’est très frustrant. Je pense qu’un petit degré de mystère est important et ça ferait du bien à tout le monde.

Par rapport à vos parents comment vous êtes-vous émancipé pour faire accepter votre style ?
Mes parents sont vraiment particuliers et pas communs. Ils sont assez conservateurs. Mon père est décédé mais ma mère est toujours vivante. Il a été incroyablement compréhensif par rapport à mon homosexualité. L’utopie serait de pouvoir laisser les gens s’exprimer et c’est ce qui rendrait le monde meilleur. J’ai toujours voulu m’exprimer librement, je ne me suis jamais senti restreint. Ce qui est super avec l’art, c’est que personne ne peut venir peindre par-dessus votre tableau. Alors que votre musique, on peut la remixer, chanter par-dessus. Il y a une vraie liberté dans l’art.

L'art abstrait de Boy George s'accompagne d'un travail autour de perles et de sequins.
L'art abstrait de Boy George s'accompagne d'un travail autour de perles et de sequins. Photo Jean-François Ottonello

"tout le monde est imparfait et c'est un peu le message de mon exposition"


Qu’est-ce qui vous a poussé dans votre carrière à jouer avec les genres ?
Quand j’étais très petit, je ressemblais à une petite fille. Tout le monde demandait à ma mère comment s’appelait sa fille. Cela me rendait fou. J’ai réalisé, après, que je n’étais peut-être pas un garçon. Petit, même quand tu penses être normal, les autres enfants te diront que tu es différent car tu n’aimes pas les mêmes choses qu’eux, les mêmes couleurs. Ce n’est pas un long fleuve tranquille.
Enfant, personne ne te dira : "Tu vas être gay mais ça va aller, ne t’inquiète pas, on t’aimera quand même". Tu découvres qui tu es petit à petit quand les gens te donnent leur opinion. Il y a toujours des similarités dans des histoires comme la mienne mais chacun a sa propre histoire et il ne faut pas catégoriser les gens dans des cases : gays, immigrants, noirs etc... Mon monde est multiculturel, multisexuel, multi tout, en fait. Personne n’est exclu.


Un biopic est bientôt prévu sur vous. En quelques mots, c’est quoi la vie de Boy George ?
Waouh. Ma vie est différente maintenant. Dans les années soixante-dix, j’étais un gars des clubs, j’avais un visage connu mais je n’étais pas célèbre. Puis, je suis devenu connu, puis méconnu. Et maintenant, je suis une légende [rires]. Beaucoup de personnes s’autoproclament icône mais ce n’est pas quelque chose que tu peux déclarer toi-même. C’est impossible.


Vous avez traversé de dures épreuves dans votre vie : enfance difficile, démêlés avec la justice. Comment vous sentez-vous aujourd’hui?
Je dis toujours que les gens que je préfère, que je respecte, que j’ai aimé, qui ont compté pour moi sont imparfaits : Jésus, John Lennon, David Bowie. Tous avaient des personnalités très fortes. Tous étaient des gens un peu fous capables de se couper une oreille. Personne n’est parfait. Pouvez-vous le dire aux gens ? Je le répète, tout le monde est imparfait et c’est un peu le message de mon exposition.

Exposition de Boy George : Scarman & Other Imperfections.
A la galerie G&M Design – 11, avenue Princesse-Grace à Monaco.
Entrée Gratuite.
Jusqu’au 1er février 2020, du mardi au jeudi de 13 h à 18 h et de 13 h à 22 h le vendredi et samedi.

Boy George expose pour la première fois à la galerie GM design à Monaco
Boy George expose pour la première fois à la galerie GM design à Monaco Photo Jean-François Ottonello

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