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Chanel dans l'oeil et l'objectif de Willy Rizzo

Mis à jour le 27/07/2016 à 05:13 Publié le 27/07/2016 à 05:13
Dominique Rizzo, la veuve de Willy Rizzo, devant des images de l'exposition consacrée au travail de son mari sur Chanel.

Dominique Rizzo, la veuve de Willy Rizzo, devant des images de l'exposition consacrée au travail de son mari sur Chanel. N.H.-F.

Chanel dans l'oeil et l'objectif de Willy Rizzo

C'était un reporter. C'était aussi le « photographe des stars ». A l'occasion d'une exposition à Accademia Fine Art, Dominique Rizzo revient sur l'œuvre et la trajectoire de son mari

Elle a planté son regard dans l'objectif. Un petit sourire se dessine au coin de ses lèvres. Et une cigarette se consume au bout de sa main. Mademoiselle Chanel est chez elle, dans son appartement de la rue Cambon, à Paris.

Juste à côté, sur une autre image, elle discute avec le mannequin Suzy Parker, lovée dans un canapé. Il y a aussi deux modèles qui descendent les Champs-Elysées, la tour Eiffel en arrière-plan, Coco Chanel en train d'angoisser avant un défilé, en coulisses… Toutes ces images de Willy Rizzo s'affichent aux murs de la galerie Accademia Fine Art jusqu'au 2 août. L'exposition, en forme d'hommage, colle à la sortie d'un récent ouvrage consacré à des images autour de Chanel. Dominique, la veuve de Willy, a voulu « montrer ce lien entre elle et lui, très doux mais très professionnel, et très léger ». Et souligner « le lien entre la mode et la photographie ». Elle revient aussi sur la trajectoire de son mari, le « photographe des stars », mais aussi un reporter qui a participé dès le début à l'aventure Paris-Match, a couvert le procès de Nuremberg, la guerre d'Indochine…

Pourquoi avoir choisi de montrer des images de Chanel, et seulement de Chanel?
Parce que Chanel a quelque chose en commun avec Willy. Et pour montrer ce côté d’après-guerre sophistiqué, mondain, sympathique, léger, ne voulant pas trop en faire, et très fort dans son boulot.

Dans l’exposition et le livre, vous panachez plusieurs styles: la photo de mode, le reportage… Pourquoi?
C’est la réalité de ce que nous avons retrouvé. C’est ce qui a compté.

Justement, quand on rembobine la carrière de votre mari, on se rend compte que sa trajectoire est assez éclectique. Il commence par le reportage, bascule vers la photo de mode, puis vers le design… Comment s’explique cet éclectisme?
Parce que c’était un artiste. Et que tout comme il a eu besoin de dessiner, de concevoir des œuvres et de sculpter, il avait besoin de s’exprimer. Il n’a jamais employé le mot travail. ça a toujours été un besoin, avec beaucoup de légèreté. C’est le besoin de dire ce qu’il avait à dire dans un domaine. D’apporter quelque chose. Les photos sont toujours très positives. Il n’y a pas de misérabilisme. C’est toujours ce qu’il voit de mieux. En général, il voit les personnes sous leur meilleur aspect.

C’est volontaire?
Non, c’est naturel. Il y a une certaine naïveté en lui, une certaine douceur. Un grand optimisme.

ça veut dire que le regard qu’il avait sur les gens se retranscrivait sur les photos?
Oui, bien sûr. Ce n’est que ça.

Il y a une anecdote sur une photo de Willy Rizzo qui lui a coûté son amitié avec Bruce Willis (1). Cela signifie que le reportage prime toujours?
Quand il y a une info, quand il y a quelque chose à montrer… C’est plus fort que lui. Il ne peut pas s’en empêcher.

Ca veut dire qu’il se considérait comme un artiste, mais aussi comme un journaliste…
Oui. Vous savez, si Match l’a envoyé en Indochine, c’est sûrement parce que c’était une opération militaire et qu’ils savaient que Willy était très sophistiqué. C’était amusant de voir un photographe à contre-courant, on pourrait dire… Et il n’a fait que des photos interdites et qui n’ont jamais pu paraître.
À présent, elles sont au musée de l’Armée mais je peux vous dire que les barbouzes de Vincennes sont venus nous trouver il n’y a pas tellement longtemps, pour nous interroger… “Pourquoi faire ces photos dans les camps? Pourquoi faire ces photos de nuit?” Tout ça était interdit… Et maintenant on les ressort.

1. Des clichés d’une soirée amoureuse avec Demi Moore, après leur séparation.


Savoir +
« Chanel par Willy Rizzo». Jusqu’au 2 août à Accademia Fine Art.27, boulevard des Moulins à Monaco. Gratuit.


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