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Beausoleil sur le point d'ouvrir au public son centre Histoire et Mémoire

Mis à jour le 03/08/2017 à 11:08 Publié le 03/08/2017 à 05:12
Le centre portera le nom de Roger Bennati, ancien maire de la ville et véritable légende vivante.

Le centre portera le nom de Roger Bennati, ancien maire de la ville et véritable légende vivante. L.M.

Beausoleil sur le point d'ouvrir au public son centre Histoire et Mémoire

La municipalité termine les préparatifs pour l'ouverture du centre Histoire et Mémoire. Un lieu qui accueillera les archives mais aussi des expositions, grâce aux dons des Beausoleillois

Dans l'ancien local de la trésorerie, c'est un autre trésor, tout aussi public, que les habitants pourront bientôt découvrir : celui de leur histoire, celui de la mémoire collective. Ici, la mairie a décidé d'installer ses archives dans un lieu qui se veut vivant. Expositions, ateliers pédagogiques, projections : Catherine Veran, responsable des archives municipales compte bien exploiter toutes les possibilités logistiques et techniques offertes ici pour animer les souvenirs que lui ont confiés les Beausoleillois.

Derrière la façade, comme colorée à l'aquarelle, une grande salle polyvalente, avec écran et projecteur, accueillera les visiteurs. Au fond, cachés derrière une lourde porte blindée, dans une ambiance à l'humidité constante, dorment les joyaux de la ville. Il y a bien sûr les cartes topographiques, des photos, des documents en tous genres, mais pas seulement : "Comme il n'y a pas de musée à Beausoleil, nous avons ici des drapeaux, des bannières de carnaval, et même une bouteille siphon avec le nom de la ville écrit dessus", explique la conservatrice du lieu. Si la commune se porte parfois acquéreur de quelques biens, les fonds viennent surtout de collections privées, que les gens offrent à leurs concitoyens. Parce que leur ville est chère à leur cœur.

Un destin lié à Monaco

Jeanne Argenta, 85 ans, est née ici, dans le quartier du Tonkin, et vit encore dans la maison où elle a ouvert les yeux pour la première fois : "J'ai toujours habité ici. Je suis partie un peu pour le travail, mais je suis vite revenue. J'aime trop ma ville."

Même si parfois sa mémoire s'embrume un peu, elle se souvient quand même des carnavals, avec les petits chars, et des dimanches au cinéma Lux ou à celui du casino municipal, avec son père. De cette époque, il lui reste des photos qu'elle confie volontiers aux archives municipales. Des souvenirs en sépia d'une vie modeste, à faire des ménages. Ici et à Monaco, comme beaucoup d'habitants.

Car c'est bien la Principauté qui a indirectement donné naissance à Beausoleil. Quand Camille Blanc est chargé par Charles III de construire le complexe du casino avec ses hôtels, qui deviendront la Société des Bains de Mer (SBM), il fait venir des ouvriers qualifiés d'Italie, qui s'installe à la frontière, sur le territoire de la Turbie.

"Très vite, cette partie de la ville a changé : il y avait beaucoup de gens, en forte concentration, alors que la Turbie était rurale. Alors Camille Blanc s'est fait élire maire, et a entamé le processus de séparation de cette partie de la ville qui est devenue Beausoleil", raconte l'intarissable Catherine Meran.

Gérard Laurent est venu ici par amour. Celui de la femme qu'il a épousé il y a cinquante ans, et qui est, elle aussi, descendante d'Italiens : "Tout le quartier du Tonkin était plein d'immigrés. D'ailleurs, il s'appelle comme ça car un militaire qui revenait d'Indochine a trouvé que toute la vie, toute cette animation, ça lui rappelait le Tonkin. C'était un quartier qui grouillait de gosse. L'esprit du Tonkin, c'était : ni couleur, ni race, ni religion", explique-t-il.

L'amour de l'Histoire

Cet ancien maître nageur a choppé le virus de l'Histoire et consacre une grande partie de son temps libre à la mémoire de sa ville. Avec Catherine Meran, il se transforme parfois en détective : hier, ils cherchaient ensemble à deviner où était située la boutique qui apparaît sur une photo. L'enquête va être longue, car il y a peu de détails. Peut-être dans les archives retrouveront-ils des factures au nom de cette entreprise ?

"Tout document peut avoir un intérêt pour nous. Sans les dons des particuliers, nous n'existerions pas. Les dons, ou les prêts, car nous pouvons numériser les documents et les rendre. On peut même accepter des dons avec restriction, pour les rendre publiques dans l'avenir. Tout est envisageable!" détaille Catherine Meran.

Un travail d'autant plus possible que la ville est toute jeune (à peine 113 ans), et que certains piliers de la commune sont encore vivants pour la conter. Pour dire aux jeunes d'où ils viennent, leur raconter que d'autres ont vécu la même chose qu'eux dans un passé récent, pour qu'ils sachent où aller.


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