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A la villa Paloma, les artistes interrogent le monde

Le NMNM a choisi de montrer une sélection d’œuvres issues de ses collections et acquises lors de la dernière décennie. Comme une transition logique entre ses directeurs.

CEDRIC VERANY Publié le 26/11/2021 à 14:41, mis à jour le 26/11/2021 à 14:16
Au premier plan, des créations de Yinka Shonibare, en fond une photo de Nan Goldin, le NMNM expose ses collections à la villa Paloma jusqu’en mai. Jean-François Ottonello

Les directeurs se succèdent, les collections demeurent. C’est en résumé l’esprit de Tremblements, la nouvelle exposition ouverte hier à la villa Paloma qui fait la part belle aux œuvres détenues par le Nouveau Musée national de Monaco.

Pour sa première exposition dans les habits de directeur de la maison, Björn Dahlström a choisi d’opérer une transition en douceur avec Marie-Claude Beaud, qui a dirigé le musée de 2009 jusqu’au printemps dernier, et de saluer la politique d’acquisition du NMNM de la décennie passée.

Une quintessence de ces œuvres entrées dans les collections nationales est présentée dans les salles de la villa Paloma. Des œuvres récentes signées par dix-sept artistes (dont neuf femmes) d’une douzaine de nationalités. Et un dénominateur commun choisi autour de la définition de la pensée du tremblement édictée par le poète Édouard Glissant pour qualifier "ce qui nous unit dans l’absolue diversité, en un tourbillon de rencontres".

Une philosophie en accord avec sa définition du musée du XXIe siècle dans laquelle Marie-Claude Beaud se retrouvait et que Björn Dalhström poursuit, évoquant des artistes qui sont "comme une caisse de résonance d’une société en mouvement".

 

La vidéo comme expression

Exemple dès le premier étage, où la pièce vidéo d’Arthur Jafa, The white album cueille le visiteur en guise de préambule. Le vidéaste américain y compile en quarante minutes des images de tous horizons pour explorer le thème de la « blanchité ». Et, en contraste celui du racisme aux États-Unis. Une pièce singulière qui donne le tempo d’une visite où se succèdent justement beaucoup d’œuvres vidéos. Un choix qui peut être déroutant mais qui, bien articulé, donne à voir une image moderne de la création.

Les pièces Body Double de Brice Dellesperger ou A more perfect day de Sylvie Blocher inspirée d’un discours de Barack Obama en témoignent.

Mention spéciale pour la très belle chorégraphie contemporaine de Clément Cogitore, imprimée sur pellicule et diffusée dans la videoroom qui montre un groupe de jeunes danseurs contemporains improviser sur Les Indes galantes.

"Des œuvres qui parlent du monde"

Fil conducteur à travers les étages? "Être réactif sur l’art entrain de se faire en proposant des œuvres qui nous parlent du monde contemporain, invitent à une prise de conscience esthétique, portent des questions et questionnent notre public", estime Celia Bernasconi qui signe le commissariat de cette exposition où elle a mis en musique les pièces de la collection du NMNM avec cette envie de "remettre la sensibilité des artistes au centre du musée".

 

Pari réussi dans un parcours très fort à travers une exposition vivante où les artistes interrogent le monde. Parmi les pièces notables : l’installation du réalisateur Steve McQueen qui surmonte un lit en fer de la sinistre prison de Reading d’une moustiquaire en plaqué or ; la tapisserie au long cours de Laure Prouvost qui raconte l’histoire de son grand-père ou la petite foret de cactus de Candice Breitz, coulés dans le bronze en fusion. Des pièces à chaque fois singulières qui méritent l’attention.

Il y a aussi un plaisir à (re) découvrir les incursions passées de Yinka Shonibare ou de Latifa Echakhch faites dans les collections du musée. Deux exemples, parmi d’autres qui rappellent que le NMNM a réalisé un sacré chemin en dix ans.

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