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Voilà une solution pour que les yachts ne jettent plus l'ancre et s’amarrent en surface dans les Alpes-Maritimes

Quinze coffres connectés ont été fixés entre Cannes et Beaulieu afin de permettre aux structures entre 24 et 70 mètres de ne plus jeter l’ancre ni racler le fond, et donc d’épargner la posidonie.

Chrystèle Burlot Publié le 24/07/2022 à 09:00, mis à jour le 23/07/2022 à 22:17
Les coffres flottants sont dimensionnés pour supporter des efforts de 10 tonnes, soit la tension exercée par un yacht de 70 mètres subissant un vent de 50km/h. Photo Patrice Lapoirie

Tout faire pour éviter que le bateau ne jette l’ancre. Trouver des solutions pour que cet objet lourd et métallique ne racle plus le fond, arrachant sa précieuse végétation. C’est bien l’orientation prise par les collectivités.

En Méditerranée, des bouées écologiques ont déjà été mises en place. La préfecture maritime se lance aujourd’hui dans les coffres d’amarrage.

Quinze structures ont été placées à Cannes (4) Antibes Golfe Juan (6), Èze et Beaulieu (5).

Séance inaugurale à Cannes. Deux coffres ont été fixés entre le rivage et Sainte-Marguerite et deux autres entre Sainte-Marguerite et Saint-Honorat.

 

Il existe deux manières de présenter le projet: Voici un moyen d’éviter que les grosses unités ne jettent l’ancre dans les champs de posidonies et ne les abîment. Ou bien voici un moyen pour les grands yachts (de 24 à 70 mètres) de mouiller dans une zone qui auparavant lui était interdite.

Ces deux formulations illustrent la problématique de notre région : D’un côté l’impérieuse nécessité de préserver la faune et la flore aquatiques. De l’autre celle de préserver la grande plaisance et les retombées économiques qu’elle assure au territoire.

Par temps calme uniquement

Pour être concret, le coffre permet de s’amarrer en surface. L’ancre est tout simplement accrochée à un anneau livré dans une structure flottante, rattachée au fond via un châssis en acier et 8 ancres à bascules souterraines.

"Le plaisancier doit d’abord réserver son ancre via l’application Donia, détaille Pierre Descamp, gérant de la société Donia Moering qui a réalisé le coffre. À l’approche du coffre, il le déverrouille, toujours via l’application. Ce dernier s’ouvre et l’anneau d’ancrage sort, prêt à accueillir les cordages de l’embarcation."

 

Attention, insiste Pierre Descamp, "le procédé n’est viable que par temps calme. Dès que la houle grossit, c’est retour au port."

Le chef d’entreprise a investi 100 000 e par coffre, soit 1,5 Me auxquels s’ajoute une redevance à verser à l’État.

Mais il est serein : avec 600 à 1000 e par jour de location, le projet devrait se rentabiliser.

Les Affaires Maritimes, elles, ont accompagné ce dernier au niveau réglementaire et administratif. «L’implantation éventuelle d’autres coffres est soumise à l’autorisation de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM). Il est clair que nous y sommes favorables» explique Amélie Chardin, administratrice des Affaires Maritimes.

L’été, on estime à 3500 le nombre de yachts (toute longueur confondue) qui naviguent en Méditerranée. Ces dix dernières années, les herbiers de posidonies ont diminué de 15 à 25 % entre Antibes et Cannes.

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