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VIDÉO. Les 53 premiers jours des Explorations de Monaco

Mis à jour le 10/10/2017 à 14:27 Publié le 10/10/2017 à 14:20

VIDÉO. Les 53 premiers jours des Explorations de Monaco

Première mission accomplie. Et avec la manière. De retour sur la terre ferme de Monaco, Pierre Gilles, le directeur de la première mission scientifique en Macaronésie, dresse ici un premier bilan.

Épuisé mais heureux. Et très fier, aussi. Pierre Gilles vient tout juste de rentrer à Monaco, après 53 jours passés en Macaronésie, cette région de l'Atlantique qui comprend, avec les Açores et les Canaries, Madère et le Cabo Verde (l'ex-Cap-Vert). C'est dans ces deux derniers archipels que le chef de projet à la direction de la politique des océans de l'Institut océanographique de Monaco, a dirigé la première mission des Explorations de Monaco.

Entre le 15 août et le 15 septembre, lui et ses équipes ont sillonné l'archipel de Madère à bord du Yersin, le navire scientifique de l'armateur François Fiat, dédié pendant trois ans à une vaste campagne d'expéditions scientifiques à travers le globe voulue par le souverain.

LE ROBOT DE SÃO VICENTE

Pendant un mois, Pierre Gilles et ses équipes ont mené des études et opérations destinées notamment à protéger le phoque moine, une espèce en voie de disparition (lire nos éditions du 31 août).

Dans la foulée, le Yersin a mis le cap sur l'archipel du Cabo Verde. Et d'abord sur l'île de São Vicente, où une mission spécifique a été menée en collaboration avec l'Institut océanographique allemand Geomar - « un monstre sacré de l'océanographie », dixit le scientifique monégasque -, ainsi que l'Institut des pêches et l'Université du Cabo Verde.

« Ces trois instituts ont fondé l'Ocean Science Center de Mindelo, un site de recherche installé dans cette ville de São Vicente, explique Pierre Gilles. Nous les avons aidés à récupérer un robot plongé depuis février à 200 km de l'île, à Senghor Sea Mount, au sommet d'une montagne sous-marine. Ce robot de 300 kg enregistre toute une série de données sous l'eau. Le Yersin était nécessaire pour récupérer ce robot et l'immerger ailleurs dans l'archipel, à Santa Lucia, après avoir récupéré toutes ses données scientifiques. »

LES LÉZARDS DE BRANCO

L'opération suivante s'est déroulée sur l'île de Branco. Un lieu très difficile d'accès, une montagne plongée au milieu d'une mer agitée où il est très compliqué d'accoster. La mission : étudier les lézards. « Nous avons installé dix caméras à des endroits stratégiques, effectué des prélèvements de sol pour y détecter la présence d'ADN, collecté des échantillons de flore et de faune », détaille Pierre Gilles.

Tout l'enjeu consistait à étudier le lézard endémique de cette île, la tarente géante, et éventuellement retrouver la trace d'une espèce disparue, le scinque géant. Il y a plus d'un siècle, le prince Albert Ier avait ramené du Cap-Vert cinq scinques géants en Principauté. L'un d'eux a été offert à cette occasion au président du Cabo Verde, Jorge Carlos Fonseca, par le prince Albert II.

LES TORTUES DE BOA VISTA

Après les lézards, les tortues marines. À peine le temps de reprendre son souffle que voilà l'équipe des Explorations de Monaco embarquée dans une nouvelle mission, sur l'île de Boa Vista. C'est le troisième endroit le plus important au monde, après la Floride et Oman, où les tortues caouannes viennent pondre. Un site qui doit donc être préservé, en particulier du braconnage et du changement climatique.

« Nous avons organisé une rencontre entre toutes les ONG locales qui travaillent sur le sujet, rapporte Pierre Gilles. Nous avons également financé des balises et la réédition d'un livret sur les tortues marines, destiné à la sensibilisation des enfants. » Des livrets que le prince Albert II a distribués à des écoliers, en présence du maire de Boa Vista.

LES REQUINS DE BOA VISTA

Le dernier temps fort de ces 53 jours de mission en Macaronésie s'est déroulé sur des hauts-fonds, au sud-est de l'île de Boa Vista. En collaboration avec une ONG basée au Belize, MarAlliance, spécialisée dans l'étude de la mégafaune de l'Atlantique, une grande opération de taggage de requins et de raies manta a été réalisée.

« Pendant cinq jours, le Yersin a permis de taguer des requins marteaux, des requins baleines, des requins tigres et des raies manta, dans le but d'analyser leurs déplacements », précise Pierre Gilles. Dans le même temps, une autre équipe a réalisé des images sous-marines en déployant des caméras sans plongeur pendant deux heures sur différents sites. Un bon moyen d'étudier les comportements de cette mégafaune marine.

Mine de rien, sans les Explorations de Monaco, tout ce qui a été réalisé en 53 jours n'aurait jamais pu l'être, faute de moyens locaux. La joie des scientifiques de Madère et du Cabo Verde restera l'une des grandes satisfactions de l'équipe monégasque.


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