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Usine d’incinération à Monaco: les élus (re)mettent la pression

Mardi, lors des débats sur le budget général rectificatif 2021, les conseillers nationaux ont à nouveau fait savoir leur exaspération de voir traîner dans le temps ce dossier, très complexe.

Thibaut Parat (tparat@nicematin.fr) Publié le 14/10/2021 à 08:23, mis à jour le 14/10/2021 à 08:27
L’usine d’incinération actuelle, nichée à Fontvieille et jugée obsolète, a traité 41836 tonnes de déchets divers en 2020. (Photos Jean-François Ottonello)

C’est un dossier épineux, technique, débattu à maintes reprises des deux côtés de la place de la Visitation. Mardi soir, rebelote dans l’hémicycle du Conseil national. Le projet d’une nouvelle unité de valorisation et de traitement des déchets – ou usine d’incinération selon le jargon utilisé – a de nouveau cristallisé les tensions entre le gouvernement et les conseillers nationaux.

Si le principe d’abandonner le site actuel à Fontvieille [41.836 tonnes de déchets ont été traitées et incinérées en 2020, selon l’Imsee], désormais obsolète, et d’ériger une nouvelle structure sur le futur îlot Charles-III a été acté, c’est le calendrier, repoussé à plusieurs reprises aux calendes grecques, qui irrite fortement les élus.

L’appel d’offres international, lancé pour désigner une société capable de concevoir, bâtir et gérer pendant 24 années un lieu doté d’une technologie innovante, s’était révélé infructueux.

"Cette inaction a un prix"

"J’ai l’impression de me retrouver dans le film Un jour sans fin, ironise Guillaume Rose, élu de la majorité Primo!. Il semblerait qu’on ait recommencé à zéro sur cette usine dont on parle depuis 15 années. On ne peut plus attendre. Lancez ce projet au plus tôt, s’il vous plaît."

 

Pour les parlementaires, le temps presse. Chaque année, il faut injecter plusieurs millions pour maintenir en activité l’usine.

"Cette inaction a un prix, confirme Stéphane Valeri, président du Conseil national. Pour 2018-2025, date à laquelle la concession actuelle arrive à son terme, ce sont près de 30 millions nécessaires. Il est temps que le gouvernement prenne ses responsabilités. Pour le moment, aucun des éléments fournis à notre assemblée laisse à penser qu’une solution de remplacement est définitivement arrêtée."

A contrario, et de façon plutôt inhabituelle, Jacques Rit d’Horizon Monaco a, quant à lui, apporté son soutien à l’exécutif monégasque. "Il est tentant d’espérer une décision qui concerne une technologie innovante, révolutionnaire. Je peux imaginer la difficulté, quasi cornélienne, de ce choix. Innovant, oui. Mais fiable, le sait-on exactement? C’est là toute la difficulté".

Sur la ligne budgétaire afférente à ladite usine, lui et Béatrice Fresko-Rolfo voteront "pour". Tous les autres élus du Conseil national se positionneront "contre".

 

"Moment d’humeur"

Une défiance qu’a vivement regrettée le ministre d’État, Pierre Dartout: "Cela ne change rien au problème. Ce n’est pas une bonne forme d’alerte. Je l’interprète comme un moment d’humeur. Ce n’est pas une démarche constructive".

Sur ce dossier complexe, le chef de l’exécutif a rappelé les enjeux de "souveraineté" » et "d’attractivité". "Il faut qu’on ait, ici à Monaco, un équipement autonome et efficient. Il ne faut pas compter sur d’autres", a-t-il martelé.

Un constat partagé par l’ensemble des parlementaires. Même Jean-Louis Grinda (Union monégasque), longtemps partisan d’une externalisation du traitement des déchets, a concédé avoir fait "le deuil" de cette option.

Solide mais... coûteux

Devant composer avec un territoire sururbanisé et des objectifs ambitieux – "la baisse des gaz à effet de serre, l’opportunité que représente la production d’énergie, la question des plastiques" – Pierre Dartout a souligné l’importance d’un "projet solide qui ne pourra qu’être innovant". De facto, celui-ci sera coûteux. "Mais ce sera à la hauteur des besoins et caractéristiques de la Principauté"

 

Et de conclure: "Il est indispensable de pouvoir se voir pour qu’on puisse entendre le projet tel qu’il est actuellement conçu par les équipes de la SMA, d’étudier les aspects techniques et financiers. Le projet n’est pas totalement abouti. Ce serait démagogique de dire le contraire. C’est une opération compliquée. Nous vous proposons ce dialogue."

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