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Une trace de dinosaure "capturée" dans le Var

Mis à jour le 21/09/2016 à 05:01 Publié le 21/09/2016 à 15:15
Voici à quoi devait ressembler le charmant bipède qui a laissé ses contre-empreintes sur le rivage sanaryen.

Voici à quoi devait ressembler le charmant bipède qui a laissé ses contre-empreintes sur le rivage sanaryen. Montage I. Chepleanu et photos C. Keilany-Priam.

Une trace de dinosaure "capturée" dans le Var

Dans la baie de Portissol, une équipe missionnée par le Département est venue récupérer un bloc effondré, menacé par l'érosion, portant une contre-empreinte vieille de 200 millions d'années.

Trois doigts en relief, d'une trentaine de centimètres chacun, figés dans le calcaire des falaises de la Cride. Trois doigts appartenant à un dinosaure carnivore de 5 ou 6 m de long, qui passait du côté de la baie de Portissol il y a quelque 200 millions d'années.

C'est la trace véritablement exceptionnelle que s'est attachée à récupérer, le 26 août dernier, une petite équipe de passionnés menée par le paléontologue Stephen Giner. Ce, au profit du Conseil départemental, propriétaire du site.

Sur le rocher d'une centaine de kilos qu'ils ont remonté, la contre-empreinte (1) d'un théropode. Le «témoignage» pétrifié de ce charmant bipède sera bientôt exposé au Muséum d'histoire naturelle de Toulon et du Var.

«Une opération de sauvegarde»

«Ce site, relativement rare en Europe, a été découvert il y a un demi-siècle déjà, explique Stephen Giner, également conservateur adjoint du Muséum. Il comprend une trentaine de contre-empreintes in situ. Aucune n'a jamais été montrée au grand public. Là, le fait que celle-ci provienne d'un bloc détaché de la falaise, menacé par l'érosion, et qu'elle se trouve donc « hors contexte » géologique, nous a autorisés à la récupérer. Il s'agissait même d'une opération de sauvegarde du patrimoine : quoi qu'il advienne, un fragment original sera désormais conservé dans les collections départementales.»

Cette pièce sera visible dès le 6 octobre prochain, lors de l'exposition temporaire «La paléontologie dans le Var».


1. Si l’empreinte marque un creux, la contre-empreinte, elle, est en relief. Elle est formée par un dépôt de sédiment dans une empreinte qui s’est ensuite fossilisée.

L’opération de récupération au pied des falaises de la Cride, fin août.	
L’opération de récupération au pied des falaises de la Cride, fin août.  Photo C. Keilany-Priam.

Un site découvert en 1964

Sorte de «pied d’oiseau», les contre-empreintes tridactyles de la Cride, du type de celle récupérée par l’équipe de Stephen Giner, représentent trois gros doigts en relief, d’une vingtaine de centimètres de long, pas toujours faciles à discerner à l’œil nu
Sorte de «pied d’oiseau», les contre-empreintes tridactyles de la Cride, du type de celle récupérée par l’équipe de Stephen Giner, représentent trois gros doigts en relief, d’une vingtaine de centimètres de long, pas toujours faciles à discerner à l’œil nu Photo DR

D'emblée, le paléontologue Stephen Giner prévient : « Attention, nous n'avons rien découvert du tout. Ces contre-empreintes sont connues depuis 50 ans ! » Depuis 1964 exactement, quand le pasteur et paléontologue Paul Ellenberger rend public sa drôle de trouvaille : sur les falaises de la Cride, à la verticale, des dizaines de pas de théropodes enfants et adultes.

«Il y a 200 millions d'années, au début du Jurassique (Hettangien), se trouvait ici une très grande vasière, un peu comme celle de la baie du Mont Saint-Michel, explique Stephen Giner. En pleine zone tropicale, ces dinosaures carnivores venaient en groupe y chercher du poisson. Avec la marée, les empreintes de ceux-ci se sont remplies de sédiments qui, avec le temps, se sont fossilisés. Puis il y a 30 millions d'années, les plages ont été redressées par les mouvements tectoniques du tertiaire. Et voilà le résultat.»

Depuis 1964, plusieurs études scientifiques ont été menées sur cette « piste à dinosaures. » Aujourd'hui situé en contrebas d'un espace naturel sensible, le site, particulièrement encaissé et interdit d'accès, est propriété du Conseil départemental.

À noter par ailleurs que, depuis 2014, deux campagnes annuelles de fouilles paléontologiques sont pilotées par le Muséum d'histoire naturelle : l'une se déroule au Thoronet (période du Rhétien) et l'autre est localisée à Gonfaron (fossiles du Permien-Trias).

Une exposition sur la paléontologie dans le Var

Du 6 octobre au 29 mars 2017, le Département exposera «La Paléontologie dans le Var» au Muséum d’histoire naturelle de Toulon et du Var. Un périple qui mènera le public à la rencontre des dinosaures qui ont arpenté les anciennes terres du Var, dont ceux de Sanary, puis à la découverte des oiseaux géants qui les ont remplacés et dont les restes se trouvent dans le Haut Var. Le périple se terminera avec les tortues géantes qui vivaient sur notre sol et que l’on ne trouve plus que sous les tropiques à ce jour. L’exposition est gratuite et tout public.


Savoir+
Le Muséum d’histoire naturelle est ouvert du mardi au dimanche, de 9 h à 18 h (fermé le lundi et jours fériés).
Adresse: 737 chemin du Jonquet à Toulon (parc Burnet).
Tél: 04.83.95.44.20 -
www.museum-toulonvar.fr - facebook.com/MuseumdeToulon

à partir de 1 €


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