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Une semaine après la tempête Alex, le village de Marie est menacé par un glissement de terrain

Mis à jour le 12/10/2020 à 21:54 Publié le 12/10/2020 à 21:23
Un pan entier de la montagne de Marie est en train de glisser. Au premier plan, des crevasses.

Un pan entier de la montagne de Marie est en train de glisser. Au premier plan, des crevasses. Photo Mairie de Marie

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Une semaine après la tempête Alex, le village de Marie est menacé par un glissement de terrain

A Marie, un peu plus d'une semaine après la tempête Alex, c'est tout un pan de montagne qui menace de glisser en contrebas, sur le vallon qui alimente la Tinée, non loin de la route vers Isola 2000 et Auron.

A tel point que, ce lundi, l'évacuation de deux bergers exploitants de la vacherie, de leurs deux aides-bergers, ainsi que de leurs 500 chèvres et brebis était envisagée, tandis que 18 vaches avaient déjà été rapatriées, après 25 km de marche éprouvante en partie à travers les éboulis, vers le village.

"La montagne a bougé" indique Gérard Steppel, le maire de Marie, inquiet. "Des gravières qui s'effritaient sans doute depuis longtemps, ont, sous l'effet de la concentration d'eau pendant 12 heures d'affilée lors de la tempête, complètement glissé. Des plaques de boue, de pierre, de cailloux sont déjà tombées dans le vallon d'Ullion, qui se déverse dans la Tinée. Ce qui a d'ailleurs sans doute été un accélérateur à la crue de la Tinée et a peut-être même contribué à certains dégâts causés sur la route métropolitaine 2205..."

Une expertise va devoir être menée sur la montagne qui surplombe le vallon. "Peut-être que ce n'est rien. Peut-être que ça bougera très lentement. On ne sait pas. Mais les bergers ont détecté des crevasses, d'où l'inquiétude." Il va falloir évacuer. Par une piste "chavirée" par les éboulements, que la Métropole était en train de rendre accessible jusqu'à la vacherie ce lundi.

"Il faut que nous redescendions à Saint-Jeannet nos 500 brebis et chèvres par camion. Donc on attend que ce soit accessible. On le fera la semaine prochaine" expose Claire Claire Trastour, qui exploite la vacherie communale avec son compagnon Frédéric Marques, du Gaec des éleveurs du baou. "En attendant, on a un berger qui les surveille dans un alpage à l'opposé du versant qui glisse".

Le pastoralisme désormais en danger

Les vaches ont fait 25 kilomètres pour contourner les éboulements et rejoindre le village.
Les vaches ont fait 25 kilomètres pour contourner les éboulements et rejoindre le village. Photo Gaec des éleveurs des Baous

Les hommes et les bêtes sont en sécurité. Mais quel avenir pour eux ? Gérard Steppel est très inquiet. "Ce cataclysme a complètement chamboulé les alpages. En fait, ce mouvement de terrain a laissé place à de la boue et à des cailloux. On a perdu 1/3 de nos pâturages ! L'avenir du pastoralisme, qui est un enjeu fort de notre commune, puisque c'est une des facettes que nous souhaitions développer, avec le beau projet de la vacherie et de la fromagerie, est désormais incertain..."

D'autant que ces mouvements ont provoqué la perte de ressource en eau de la vacherie : "Il y avait des sources qui amenaient de l'eau dans des citernes. Or, les dépôts de cailloux ont dévié ces sources, les ont détournées, et les captages n'amènent plus l'eau dans les bassins" expose Gérard Steppel.

Claire Trastour, encaisse le coup: "On repart de zéro. De moins de zéro. Puisque notre seule source d'eau n'existe plus. Il va falloir chercher. On a besoin d'un hydrogéologue... Et sinon, il faudra pomper l'eau de beaucoup plus bas... Mais ça aura un coût... Pour l'instant, difficile de se projeter..."

Gérard Steppel veut encore y croire: "Il faut d'abord être sûr que la terre se soit stabilisée... Si c'est le cas, l'espoir pourra revenir, la verdure pourra peut-être reprendre le dessus sur la boue et les cailloux... Sinon, sans ça, sans eau, alors qu'il en faut énormément pour la production de fromage, rien ne sera faisable..."

"Ce serait dommage, parce que la vacherie et la fromagerie sont intactes... Et on a pris des vaches exprès, pour ce projet..."

"Nous avons régressé de plus d'un siècle..."

Autre coup dur pour le village de Marie, la destruction d'un canal de près de 80 mètres qui permettait l'irrigation des jardins.

"La prise d'eau dans le vallon a été détruite. On a regressé de plus d'un siècle. Aujourd'hui, quelqu'un de la ville qui voudrait monter à Marie pour avoir une maison avec son jardinet ne peut même plus y avoir un potager. Il n'y a plus d'eau. Et en plus, c'était notre système de secours pour l'eau potable, au cas où. Mais refaire ça, ça va coûter des millions. On est 105 habitants. Qui va mettre autant d'argent chez nous ? Surtout qu'il y a tellement de dégâts partout ailleurs... Même si je sais que la Métropole, le Département, la Région nous aideront, l'Etat le fera-t-il ? Marie ne sera plus jamais comme avant la tempête..."

Le canal d'irrigation de Marie, vieux de plus d'un siècle, a été en bonne partie détruit.
Le canal d'irrigation de Marie, vieux de plus d'un siècle, a été en bonne partie détruit. Photo Mairie de Marie
Métropole: Pas de danger pour les habitations et la route

Suite au passage de la tempête Alex sur le moyen et haut pays, le géologue de la Métropole Nice Côte d’Azur a repéré un glissement de terrain affectant le versant coté Tinée du Caire Gros près de la commune de Marie. "Notre géologue l’a alors immédiatement signalé à l’Office National des Forêts (ONF) qui a pris le relais de l’analyse et du suivi pour le compte des services de l’Etat."

L’ONF nous a indiqué que le glissement ne présentait pas de danger direct pour les habitations, ni pour la RM2205 car il se situe très loin de nos axes de circulation. Seule la vacherie pourrait éventuellement être impactée, d’où son évacuation préventive. Le risque d’embâcle au sein du Vallon (ravin de la Pairolière) a également été écarté suite aux observations des experts de l’ONF.

"Une surveillance est cependant maintenue sur la zone pour suivre l’évolution de ce mouvement" a indiqué, ce lundi, la Métropole.

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