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Une drôle de commande pour soigner les citrons mentonnais

Mis à jour le 04/04/2021 à 16:44 Publié le 04/04/2021 à 16:00
Christophe Sacchelli a distribué, vendredi, des larves de coccinelles à une dizaine d’adhérents pour protéger les agrumes contre les pucerons.

Christophe Sacchelli a distribué, vendredi, des larves de coccinelles à une dizaine d’adhérents pour protéger les agrumes contre les pucerons. Photo Cyril Dodergny

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Une drôle de commande pour soigner les citrons mentonnais

L’association pour la promotion du citron de Menton a commandé 5.000 larves de coccinelles. Un traitement écologique et naturel contre les insectes ravageurs tels que les pucerons

Protéger sa plantation et la nature. C’est le pari de l’association pour la promotion du citron de Menton. L’APCM a commandé 5.000 larves de coccinelles européennes pour lutter contre les insectes ravageurs.

"La coccinelle est un prédateur pour les pucerons, explique Christophe Sacchelli. C’est un traitement qu’on utilise en permaculture à la place des produits phytosanitaires qui détruisent la biodiversité et tuent nos abeilles."

Le producteur d’agrumes et apiculteur de la vallée du Borrigo avait déjà fait l’expérience à titre personnel. Il s’est dit qu’il allait en faire profiter ses adhérents. Problème: à la livraison, une bonne partie des larves étaient déjà mortes.

"Deux, trois jours de survie"

"La difficulté c’est que les larves de coccinelles n’ont que deux, trois jours pour survivre, si elles sont conservées dans de bonnes conditions, pointe le directeur de l’APCM, Stéphane Constantin. On a commandé mardi sur le site internet Mano Mano."

"Et comme c’était un envoi Colissimo, on n’a pas pu faire comme on voulait. On surveillait la livraison comme du lait sur le feu. On a dit aux adhérents de se tenir prêts et de venir les chercher directement chez Christophe pour gagner du temps. Mais toutes n’ont pas survécu au transport."

Vendredi, une dizaine d’adhérents ont récupéré les petites bêtes qui, à l’état de larves, ressemblent plus à des fourmis qu’à des coccinelles. Chacun est reparti avec un sachet en papier rempli de moitié avec pour consigne de le déchirer au milieu du verger, le plus vite possible.

Les larves ne survivent pas au-delà de deux, trois jours de transport.
Les larves ne survivent pas au-delà de deux, trois jours de transport. Photo Cyril Dodergny

"C’est la première fois"

"C’est la première fois que j’en prends", avoue Viviane Gaziello en récupérant son paquet. La Roquebrunoise a hérité des agrumes et citronniers de son grand-père. "Ils produisaient peu à l’époque", sourit-elle.

Elle a obtenu l’indication géographique protégée il y a un an pour vendre ses citrons, notamment aux confituriers de la maison Herbin à Menton. "Ce n’est pas pour faire de l’argent, c’est juste une passion et l’envie de produire quelque chose d’authentique." C’est pourquoi avec son mari, Jean-Claude, ils ont décidé de ne plus traiter leur verger avec des produits chimiques.

"En désherbant, on tue tout ce microcosme, ces insectes qui mangent les pucerons, les cochenilles… Il faut retourner à une terre normale", milite Viviane Gaziello.

À côté d’elle, Christelle Sacchelli, opine du chef: "Il faut laisser faire la nature, elle se débrouille très bien toute seule."

Jean-Claude et Viviane Gaziello sont adhérents de l’association pour la protection du citron de Menton. Ils sont venus chercher leurs larves vendredi. Une première !
Jean-Claude et Viviane Gaziello sont adhérents de l’association pour la protection du citron de Menton. Ils sont venus chercher leurs larves vendredi. Une première ! Photo Cyril Dodergny

"Rétablir un équilibre"

"On n’est pas obligé de faire du bio pour vendre nos citrons de Menton, note Stéphane Constantin. Mais les gens n’ont plus envie d’utiliser des produits phytosanitaires. En juin 2020, l’association a d’ailleurs signé une carte zérophyto."

Il poursuit: "Les pucerons sont des insectes suceurs. Ils s’attaquent aux arbres, aux rosiers, au potager… Quand ils vont piquer la feuille du citronnier, elle va garder des traces et mal pousser. L’arbre sera affaibli et donc aura moins de fruits."

Et d’ajouter: "L’avantage de la coccinelle, c’est qu’elle peut consommer plusieurs centaines de milliers de pucerons. Elle a une force de frappe extraordinaire, comme la chrysope. L’idée ce n’est pas d’éradiquer tous les pucerons du verger mais de rétablir un équilibre de manière naturelle."

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