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Un véhicule électrique révolutionnaire conçu à Monaco pour explorer les zones polaires

Ce mardi, le groupe Venturi a présenté au prince Albert II la troisième version d'Antarctica, le premier véhicule électrique d'exploration polaire. L'engin sera à nouveau testé en région Paca puis en chambre froide avant de filer en Antarctique pour des essais grandeur nature en décembre prochain.

Thibaut Parat Publié le 02/06/2021 à 11:00, mis à jour le 02/06/2021 à 11:03
Gildo Pastor, président de Venturi, a présenté Antarctica au prince Albert-II. Photo Jean-François Ottonello

Année 2009. De retour d’un périple en Antarctique, le prince Albert II relate un constat observé sur l’hostile Continent blanc : aucune des vingt-deux bases d’exploration visitées n’était dotée de véhicule décarboné. Un paradoxe au regard de la nature des expérimentations sur place. Il charge alors Gildo Pastor, président de Venturi, d’étudier la faisabilité d’un tel projet.

Ainsi naît, dans ces deux esprits pionniers puis sous le coup de crayon affûté du designer Sacha Lakic, Antarctica.

Onze ans après le dévoilement de l’esquisse au Mondial de l’automobile de Paris, la troisième version électrique du robuste véhicule d’exploration polaire a été présentée ce mardi au souverain. Une mouture zéro émission, donc, plus lourde à la balance car plus évoluée que ses deux prédécesseures, testées en 2019 sur les pistes damées d’Auron et au cœur de la vaste province canadienne de Colombie-Britannique.

Conçu pour évoluer à des températures de -60°C

Les équipes de Venturi ont surtout planché sur le châssis – similaire à celui d’une voiture de rallye – les chenilles et le nouveau système de suspensions, en surélevant le véhicule.

 

« Cela permettra de mieux franchir les obstacles. Lors des essais réalisés au Canada avec le prince Albert II, on s’est rendu compte que la topographie du terrain pouvait être très contraignante pour le châssis, détaille Louis-Marie Blondel, responsable de la conception mécanique des projets Venturi. On ignore souvent ce qui se trouve sous la neige : des souches d’arbre, des crevasses, des bosses… »

La surface vitrée a, aussi, été réduite pour améliorer l’isolation thermique. « Le véhicule est conçu pour évoluer à des températures frisant les -60 °C », poursuit-il.

Dans les prochains mois, d’ailleurs, des essais dynamiques seront conduits dans des chambres froides, à -50 °C, pour se calquer sur les conditions polaires. Objectif : tester la résistance du système électronique et la nouvelle isolation.

Des essais et mesures seront aussi réalisés en région Paca, au gré de terrains particulièrement escarpés, pour jauger sa capacité de franchissement, de freinage, d’accélération et, de facto, son autonomie.

Alors, Antarctica sera fin prêt pour sa mission d’origine : filer vers les zones polaires.

« On va le mettre en pratique sur les deux pôles. D’abord en Antarctique, en décembre prochain puis, trois mois plus tard, en Arctique, sur le Spitzberg à 900 km du pôle Nord, annonce Xavier Chevrin, président de Venturi North America. Ce seront des tests mais, à moyenne échéance, nous aimerions faire des expéditions comme être les premiers à rallier la côte antarctique au pôle Sud. »

 

À disposition de la station Princesse Élisabeth

En attendant une énième expédition menée par les dynamiques équipes de Venturi, le véhicule sera présenté aux scientifiques de la station belge Princesse Élisabeth.

« On pourra en mettre en pratique le transport de personnels, de matériel, rallier un point à un autre, notamment dans les zones interdites que l’on surnomme sanctuaires. Là-bas, les véhicules thermiques ont interdiction de s’y rendre. Notamment à cause des particules qu’ils peuvent déposer. L’idée est de prouver aux scientifiques du coin que notre véhicule leur sera, utile », conclut Xavier Chevrin.

Antarctica est capable d'évoluer à des températures frisant les moins 60°C. Photo Jean-François Ottonello.

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