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Un champignon plus fort que le charançon? La Ville de Nice teste toujours son insecticide naturel

Il est responsable de la mort de quantité de palmiers sur la Côte d’Azur. Pour lutter contre ce parasite, la Ville de Nice teste depuis trois ans un insecticide naturel. Une réussite.

Baptiste Bozon Publié le 19/06/2022 à 13:30, mis à jour le 19/06/2022 à 13:29
Depuis le traitement naturel, les charançons rouges se font de plus en plus rares (Photo B.B.) BAPTISTE BOZON / NICE-MATIN

Il ne fait que trois centimètres, mais est capable de décimer un palmier à lui tout seul. Le charançon rouge est bien connu pour les ravages qu’il provoque sur l’arbre le plus emblématique de la Côte d’Azur: le palmier. La femelle peut pondre jusqu’à 300 œufs à chaque portée. Les larves creusent ensuite des galeries dans le tronc, tuant l’arbre à petit feu. Pour tenter d’éradiquer ce coléoptère, la Ville de Nice a fait appel en 2019 à une solution écologique, un insecticide naturel.

Un seul palmier infecté depuis janvier

Il s’agit d’un champignon, le beauveria bassiana. Il a été mis au point par une société basée à Pau (Pyrénées-Atlantiques) et un laboratoire varois, Végétech. Jusqu’en 2016, le nombre de palmiers décimés ne fait qu’augmenter jusqu’à atteindre les 347 sujets sur le domaine public niçois. Cette année, seul un palmier a été touché. Magie? Pas vraiment. Olivier Panchaud, jardinier paysagiste de Végétech, détaille la méthode: "Avec une perche de 16mètres de haut et un compresseur à air, on répand au cœur du palmier le bioinsecticide. Ce champignon va détecter le charançon et germer en lui jusqu’à ce qu’il meure, entre cinq et dix jours. Ensuite, le champignon va contaminer les autres charançons jusqu’à créer une épidémie chez l’espèce."

Un risque pour l’environnement?

Après dix années d’homologation et une autorisation de mise sur le marché en 2018 par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, aucun effet indésirable n’a été détecté. Si le produit reste sous surveillance, la biologiste de Végétech, Karine Panchaud rassure: "On a imaginé et testé mille et une choses. L’avantage des champignons, c’est qu’ils agissent de manière très spécifique: tant que ça tue du charançon, ce n’est pas du papillon."

Depuis 2013, la mairie de Nice a fait le choix de ne plus utiliser de pesticides chimiques pour assainir ses espaces verts. "Ce traitement a de réels avantages en termes de protection de la biodiversité, d’amélioration de la qualité de l’air et de l’eau et de protection de la santé publique", valorise Pierre-Paul Léonelli, adjoint au maire délégué aux Parcs et jardins. Mais traiter ainsi un palmier infesté coûte tout de même de 350 à 1.000 euros selon la taille et l’emplacement de l’arbre.

 

De nouveaux envahisseurs

À peine le charançon rouge commence-t-il à disparaître, que d’autres insectes ravageurs émergent sur la Côte d’Azur. En cause: le dérèglement climatique mais aussi le transport mondial. En 2016 a débarqué du Mexique le charançon de l’agave. Ce tueur de palmier commence à son tour à provoquer des dégâts dans la région. D’où la nécessité pour le laboratoire Végétech d’utiliser de nouvelles technologies afin d’aller plus vite et lutter plus efficacement contre ces envahisseurs. Karine Panchaud poursuit: "On décline le travail réalisé avec les champignons, sur les nouvelles espèces. Pour étudier le comportement du charançon de l’agave par exemple, on utilise notamment des caméras, de jour comme de nuit."

La Côte n’en a pas fini avec ces insectes ravageurs. De nouveaux tests sont en cours à Nice, pour lutter contre le charançon de l’agave et du figuier.

 

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