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Transition énergétique : Monaco ville durable les forces s’allient La Société des Bains de Mer s’engage totalement

Mis à jour le 31/01/2019 à 05:13 Publié le 31/01/2019 à 05:12
Le Ministre d’Etat, Serge Telle, mardi matin devant la presse locale.

Le Ministre d’Etat, Serge Telle, mardi matin devant la presse locale. Michael Alesi / Dir. Com.

Transition énergétique : Monaco ville durable les forces s’allient La Société des Bains de Mer s’engage totalement

Le Ministre d’État a exposé, aux côtés de sa ministre de l’Environnement et de sa directrice de la mission énergétique, les défis à relever pour atteindre la neutralité carbone dès 2050

Chacun doit faire sa part… Monaco fait la sienne avec la mission pour la transition énergétique qui doit fédérer toutes les instances publiques et privées afin que chacun s’engage, individuellement.

Préserver la planète : le prince y a consacré son règne, le gouvernement princier fait un pas de plus pour mobiliser et parvenir à la neutralité carbone en 2050.

Mardi 29 janvier, le Ministre d’État a dressé un tableau sans compromission de la situation. « C’est un énorme sujet. La planète ne va pas bien. Des records de froid, de chaleur, sont tous les ans battus. S’ajoutent les vents violents, les tsunamis… Les catastrophes vont continuer à se produire. Nous sommes rentrés dans des processus profonds qui vont durer. Et les démocraties ne sont pas équipées pour prendre les décisions qu’il faudrait pourtant prendre et qui sont radicales. »

L’anthropocène (l’Ère de l’Homme) affole les esprits clairvoyants. « La menace est réelle. On la vit. Et les mesures à prendre sont compliquées. On assiste à une rupture du contrat social sous-tendue par l’utilisation sans fin et sans prix des énergies fossiles. Ce contrat social, fondé sur le contrat naturel depuis les Lumières, est entièrement disjoint. »

L’engagement du Prince sur la scène internationale

Face à cette problématique qui relève sinon de la survie, du moins de la qualité de vie de l’humanité tout entière, Monaco « a fait ce que je trouve la seule chose à faire, souligne le Ministre d’État. Qu’est-ce que ça veut dire en Principauté ? Il faut des engagements individuels, voire sociétaux. Le Pacte pour la transition énergétique est une façon de dire “on se rend capable de”. Sur le plan international, le prince Albert II porte un discours et une vision car il a une conscience morale sur ces sujets-là. » Comment le politique doit agir quand les démocraties sont « à des limites de résistance sociale », dans l’impossibilité d’instaurer une fiscalité écologique ?

Monaco, qui n’a pas le même paradigme social, même s’il est confronté aux contradictions du monde et à ses propres paradoxes, va donc coordonner tous les efforts - publics, privés, individuels - au travers de la mission pour la transition énergétique.

Depuis huit ans, Marie-Pierre Gramaglia, à la tête du département pour l’Équipement, l’Environnement et l’Urbanisme, travaille au quotidien pour limiter l’impact des pollutions sur le quotidien des Monégasques et résidents. Et il y a du pain sur la planche : « Il faut qu’on avance quatre fois plus vite que ce que l’on fait jusqu’à présent. » Car l’objectif donné par le souverain est très ambitieux : une diminution de moitié du CO2 dès 2030, et zéro émission en 2050. « Monaco ville durable », c’est un slogan derrière lequel chaque mesure, aussi minime soit-elle, doit faire avancer les choses dans le bon sens. Dans une ville « très urbaine », il s’agit par exemple de « réintégrer un peu d’espaces verts ». Mais Marie-Pierre Gramaglia en est convaincue : « C’est tous ensemble que nous y arriverons. »

Un de ces plus gros dossiers : l’usine de retraitement des déchets qui dégage, à elle seule, un tiers du CO2 et est en fin de vie. Après avoir imaginé une nouvelle usine en lieu et place de l’actuel site, après avoir entrepris des négociations qui n’ont pas abouti avec un propriétaire privé de Fontvieille pour une implantation différente, le nouveau bâtiment est prévu à l’extrême ouest de l’îlot Charles-III. Ce seront deux tours avec un socle commun. L’appel d’offres sera lancé début 2020. « Tous les spécialistes pensent que l’incinération est une des meilleures techniques dans un espace contraint. Mais nous n’allons pas limiter l’appel d’offres. Toutes les technologies proposées seront examinées. »

Annabelle Jaeger-Seydoux a pris la direction de la Mission pour la transition énergétique (MTE) en septembre dernier. Diplômée de Sciences politiques, elle est spécialiste des sujets environnementaux. Elle fut notamment directrice du développement à la Fondation Nicolas Hulot pendant plusieurs années.

Même si elle sait la tâche immense, Annabelle Jaeger-Seydoux considère que « Monaco a des atouts : un prince très engagé et un gouvernement déterminé à faire des choses. C’est un des rares pays, voire le seul, dont la politique environnementale est incarnée par le prince souverain. La transition énergétique est en marche. » L’horizon 2050 peut sembler lointain tant le parcours est long, elle veut donner à la Principauté les moyens de réussir la transition. « Le but de la mission pour la transition énergétique est de mettre toutes les actions en cohérence. On a une vision globale et des outils qui devraient nous permettre d’avancer sur la bonne voie. Il faut faire en sorte que ça se passe bien. Aujourd’hui, je constate que les institutions monégasques sont beaucoup plus adaptées que tout ce que nous pouvons voir autour de nous. »

Annabelle Jaeger-Seydoux devra tisser des liens avec les acteurs de la transition numérique car « les deux domaines sont convergents ».

Déjà, la directrice a planifié quelques grands rendez-vous. Au printemps, les classes de 7e et 6e vont participer à des ateliers dédiés à la transition énergétique. Pour sensibiliser les résidents et pendulaires, des rencontres seront programmées dans les quartiers, mais aussi au Théâtre Princesse-Grace, et dans le cadre de la Monaco Ocean Week en mars.

Prochain grand rendez-vous : le 29 mars, pour la conférence annuelle sur la transition énergétique.

Jean-Luc Biamonti vient de signer le Pacte national pour la transition énergétique. Si la société n’a, certes, pas attendu vendredi dernier pour s’engager solennellement, elle entend agir dans trois domaines prioritaires : la mobilité, les déchets et l’énergie.

« Les clients sont demandeurs »

« Tous les projets qui touchent aux questions de l’environnement sont très mobilisateurs pour l’ensemble des équipes. De plus, les clients sont eux-mêmes demandeurs », souligne le président délégué de la SBM. Quelques exemples concrets de « bons gestes » ? « Le transfert des clients à l’aéroport en véhicule hybride, la diminution de l’utilisation du papier de moitié en cinq ans, la suppression des gobelets plastiques, des panneaux photovoltaïques au One Monte-Carlo et au Monte-Carlo Bay Hotel… Nous nous engageons totalement. »

Pour Marie-Pierre Gramaglia, conseiller de gouvernement-ministre de l’Environnement, les 3 660 salariés de la SBM sont « autant de relais. La société a un rôle formidable à jouer ».

Après la signature du pacte par ses quatre établissements hôteliers en mars 2018 (Hôtel de Paris Monte-Carlo, Hôtel Hermitage Monte-Carlo, Monte-Carlo Beach, Monte-Carlo Bay Hotel & Resort), c’est aujourd’hui le groupe SBM qui s’engage à travers la mise en place d’actions concrètes au niveau de son siège administratif à Aigue Marine Fontvieille qui abrite 250 collaborateurs ; siège que Jean-Luc Biamonti lui-même considère comme étant « un peu en retard » sur le sujet.

Pour le Ministre d’État Serge Telle, la démarche de la société est importante : « La SBM s’engage pour porter la responsabilité qui est la sienne et participer à cette évolution de nos habitudes afin de faire de notre planète un espace un peu meilleur. »

Daniele Garcelon explique ici les actions durables du Monte-Carlo Beach qu’elle dirige.

Marie-Pierre Gramaglia.
Annabelle Jaeger-Seydoux.
Jean-François Ottonello
Daniele Garcelon.

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