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Transition énergétique : Le prototype d’un bâtiment en bois programmé pour 2022 ils se sont engagés Ces gestes du quotidien, adoptés par Laureen, qui préservent la planète

Mis à jour le 17/07/2019 à 10:16 Publié le 17/07/2019 à 10:15
Annabelle Jaeger-Seydoux, directrice de la Mission pour la transition énergétique, et Jean-Luc Nguyen, directeur des Travaux publics.

Annabelle Jaeger-Seydoux, directrice de la Mission pour la transition énergétique, et Jean-Luc Nguyen, directeur des Travaux publics. Stéphane Danna/Dir. Com.

Transition énergétique : Le prototype d’un bâtiment en bois programmé pour 2022 ils se sont engagés Ces gestes du quotidien, adoptés par Laureen, qui préservent la planète

Hier dans ses locaux, la Mission pour la transition énergétique a mis à l’honneur des acteurs, publics comme privés, particuliers comme entreprises, qui s’engagent dans une démarche écoresponsable

BD2M. Un acronyme pour Bâtiments durables méditerranéens de Monaco. Un label sur lequel planchent depuis octobre dernier les protagonistes de la filière construction, laquelle représente 30 % d’émissions de gaz à effet de serre dans le pays. « C’est une démarche volontaire qui implique tous les acteurs pour créer un référentiel qui les engage dans des bâtiments durables méditerranéens, détaille Annabelle Jaeger-Seydoux, directrice de la Mission pour la transition énergétique. C’est-à-dire qui est adapté au climat local, non seulement sur le volet énergétique mais aussi sur le confort de vie, le choix des matériaux, la ventilation naturelle. Il sert aussi à favoriser les bonnes pratiques. Il sera officiellement présenté fin septembre. »

Une certification à la sauce monégasque fortement inspirée de BDM, créé il y a une décennie en Paca. Pour l’heure, seule la villa Troglodyte, signée J.B Pastor & Fils, est labellisée BDM en Principauté. Une autre réalisation pourrait suivre sur le territoire, cette fois sous l’étiquette toute fraîche de BD2M. Une construction qui casse littéralement les codes puisqu’elle sera en bois lamellé-croisé. « Ce projet en cours d’études visera la certification BD2M. Il se situera sur un terrain de 400 m² sur le boulevard d’Italie à proximité de Testimonio II, détaille Jean-Luc Nguyen, directeur des Travaux publics. Ce sera donc un immeuble en bois de neuf étages avec 25 logements domaniaux, et deux niveaux en sous-sol. Les travaux sont prévus pour 2020 avec une livraison à la fin du premier semestre 2022. »

Ne voulant pas creuser davantage en profondeur pour le stationnement, les autorités ont opté pour un souterrain qui passerait directement sous le boulevard d’Italie jusqu’à un parking public où les résidents stationneraient leurs voitures. « Faire plus de niveaux en sous-sol aurait nécessité beaucoup de béton. Or, le ciment est un gros consommateur d’énergie grise. Avec ce système de souterrain, on réduit la signature carbone, affirme-t-il. À Monaco, on a une tradition : on fait beaucoup de maçonnerie et de béton. C’est une culture. Lorsque vous passez à d’autres modes de construction, le nombre d’heures est délocalisé en usines. Il faut voir si ce type de méthode aura aussi un impact positif en matière de logistique de chantier, de durée, de nuisances liées à la construction. »

Par ailleurs, avec ce « prototype, ce démonstrateur », Jean-Luc Nguyen entend « innover sur le mix énergétique ». « On va essayer de minimiser la consommation notamment au niveau du confort d’été avec des systèmes de protection solaire extérieurs afin d’éviter le rayonnement solaire. On a des brasseurs d’air, des pieux géothermiques, on va mettre une pile à combustible qui va créer de l’électricité, des panneaux solaires, photovoltaïques et thermiques. On va expérimenter un certain nombre de solutions. »

Si cette expérimentation sur un « petit » immeuble s’avère fructueuse, elle pourrait bien s’étendre à d’autres constructions plus importantes.

Des gestes du quotidien qui pourraient s’apparenter à une goutte d’eau dans un océan mais qui donne assurément à Laureen Adele une conscience écologique. Un sentiment de bien-être. Cette Drapoise, salariée à la SBM Offshore à Fontvieille et l’une des mille signataires du Pacte national pour la transition énergétique, a littéralement modifié ses habitudes de vie depuis une poignée d’années. Entraînant, dans son sillage, son mari et sa fille de 2 ans. « Cela fait deux ans que je m’y suis mise activement et avec plaisir. L’urgence est là, tout le monde n’en a pas conscience. Si je peux changer les mentalités auprès de mes amis, du travail, je le ferai… Il faut y aller doucement mais s’y mettre tous ensemble », prêche-t-elle.

Première action pour la planète : Laureen a délaissé le moteur thermique pour la voiture électrique. « Le déclic s’est opéré grâce à la Principauté. Quand on n’est pas résident, il faut attendre deux ans pour avoir une place de parking à Monaco. Avec le 100 % électrique, l’attente passe à deux ou trois mois », développe-t-elle.

Quant au volet hygiénique, Laureen a fait le grand ménage de printemps dans ses affaires personnelles. Elle a troqué les cotons démaquillant contre des carrés éponges cousus main, a éradiqué les cotons-tiges pour un Oriculi écologique « suite aux images chocs où l’on voit les effets sur les animaux », a remplacé les mouchoirs en papier contre du tissu, des serviettes hygiéniques jetables contre des lavables. « C’est loin d’être sale, au contraire. Ça se lave à l’eau chaude ! C’est l’un des premiers articles qu’une femme devrait éradiquer. »

Elle dégaine ensuite une bouteille de parfum… rechargeable. « C’est une bouteille que je possède depuis dix ans. Par ailleurs, mon mari, ma fille et moi-même avons des brosses à dents 100 % compostables avec un dentifrice à base d’huile de coco pour l’hiver, que j’ai fabriqué moi-même, et un petit galet pour l’été qui dure six mois. »

Laureen donne aussi une seconde vie à ses collants filés. Plutôt que de les jeter à la benne, elle les lave puis les coupe en bandes. « Je m’en sers pour fermer des paquets de nourriture et pour attacher mes cheveux », sourit-elle.

Côté cuisine, elle est passée aux contenants en verre et achète systématiquement en vrac dans les magasins. Pour les dessus-de-plat, c’est une proche qui en a confectionné pour supplanter l’aluminium et la cellophane. L’éponge classique a disparu au profit d’une tawashi, éponge zéro déchet, fabriquée avec du tissu de récup’. La gourde, elle, remplace désormais la polluante bouteille en plastique. « Je ne supporte plus l’idée d’une bouteille en plastique. Certes, je ne pratique pas à 100 % le zéro déchet mais quand j’ouvre mes placards et que je vois du plastique, je me demande par quoi je peux le remplacer, qui soit durable. »

Ce qui pourrait paraître contraignant, fastidieux ou même coûteux pour les plus sceptiques ne semble pas l’être pour la salariée monégasque. « Je travaille 40 heures par semaine, j’ai une petite fille, deux heures de trajet par jour. C’est naturel et complètement ancré dans mon quotidien », assure-t-elle.

Laureen Adele a littéralement changé ses habitudes de vie. 	(DR)
Sébastien Botella

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