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Transition énergétique à Monaco: ils s'engagent vraiment

Mis à jour le 17/07/2019 à 09:39 Publié le 17/07/2019 à 11:14
Annabelle Jaeger-Seydoux, directrice de la Mission pour la transition énergétique, et Jean-Luc Nguyen, directeur des Travaux publics.

Annabelle Jaeger-Seydoux, directrice de la Mission pour la transition énergétique, et Jean-Luc Nguyen, directeur des Travaux publics. Stéphane Danna / Dir. Com.

Transition énergétique à Monaco: ils s'engagent vraiment

Mardi dans ses locaux, la Mission pour la transition énergétique a mis à l’honneur des acteurs, publics comme privés, particuliers comme entreprises, qui s’engagent dans une démarche écoresponsable.

Une neutralité carbone à l’échéance 2050. Sans doute utopique il y a quelques décennies, cet objectif ambitieux est désormais l’un des chevaux de bataille du gouvernement princier. Pour accompagner cette démarche de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la Mission pour la transition énergétique chapeaute les actions, notamment dans les secteurs les plus polluants, à savoir le transport routier, le traitement des déchets et la dépense énergétique dans les bâtiments.

A eux trois, ce sont 90 % des émissions du pays. Hier, lors des premières rencontres de la transition énergétique, l’entité gouvernementale a mis en lumière des initiatives qui vont dans le sens d’une conduite écoresponsable, de nouvelles habitudes. Aussi individuelles que collectives. Aussi publiques que privées. Dans la droite lignée, donc, du Pacte national pour la transition énergétique voulu par le prince Albert II, cet outil de progrès permettant à tout un chacun – résidents, travailleurs, entreprises, institutions, associations – de contribuer à la transition énergétique. A son niveau. Avec ses moyens.Car la prise de conscience est collective. Et non pas individuelle.

Le prototype d’un bâtiment en bois programmé pour 2022

BD2M. Un acronyme pour Bâtiments durables méditerranéens de Monaco. Un label sur lequel planchent depuis octobre dernier les protagonistes de la filière construction, laquelle représente 30 % d’émissions de gaz à effet de serre dans le pays. "C’est une démarche volontaire qui implique tous les acteurs pour créer un référentiel qui les engage dans des bâtiments durables méditerranéens, détaille Annabelle Jaeger-Seydoux, directrice de la Mission pour la transition énergétique. C’est-à-dire qui est adapté au climat local, non seulement sur le volet énegétique mais aussi sur le confort de vie, le choix des matériaux, la ventilation naturelle. Il sert aussi à favoriser les bonnes pratiques. Il sera officiellement présenté fin septembre."

Une certification à la sauce monégasque fortement inspirée de BDM, créé il y a une décennie en Paca. Pour l’heure, seule la villa Troglodyte, signée J.B Pastor & Fils, est labellisée BDM en Principauté. Une autre réalisation pourrait suivre sur le territoire, cette fois sous l’étiquette toute fraîche de BD2M. Une construction qui casse littéralement les codes puisqu’elle sera en bois lamellé-croisé. "Ce projet en cours d’études visera la certification BD2M. Il se situera sur un terrain de 400 m² sur le boulevard d’Italie à proximité de Testimonio II, détaille Jean-Luc Nguyen, directeur des Travaux publics. Ce sera donc un immeuble en bois de neuf étages avec 25 logements domaniaux, et deux niveaux en sous-sol. Les travaux sont prévus pour 2020 avec une livraison à la fin du premier semestre 2022."

Ne voulant pas creuser davantage en profondeur pour le stationnement, les autorités ont opté pour un souterrain qui passerait directement sous le boulevard d’Italie jusqu’à un parking public où les résidents stationneraient leurs voitures. "Faire plus de niveaux en sous-sol aurait nécessité beaucoup de béton. Or, le ciment est un gros consommateur d’énergie grise. Avec ce système de souterrain, on réduit la signature carbone, affirme-t-il. À Monaco, on a une tradition : on fait beaucoup de maçonnerie et de béton. C’est une culture. Lorsque vous passez à d’autres modes de construction, le nombre d’heures est délocalisé en usines. Il faut voir si ce type de méthode aura aussi un impact positif en matière de logistique de chantier, de durée, de nuisances liées à la construction."

Par ailleurs, avec ce "prototype, ce démonstrateur", Jean-Luc Nguyen entend "innover sur le mix énergétique". "On va essayer de minimiser la consommation notamment au niveau du confort d’été avec des systèmes de protection solaire extérieurs afin d’éviter le rayonnement solaire. On a des brasseurs d’air, des pieux géothermiques, on va mettre une pile à combustible qui va créer de l’électricité, des panneaux solaires, photovoltaïques et thermiques. On va expérimenter un certain nombre de solutions."

Si cette expérimentation sur un « petit » immeuble s’avère fructueuse, elle pourrait bien s’étendre à d’autres constructions plus importantes.

Laureen Adele a littéralement changé ses habitudes de vie.
Laureen Adele a littéralement changé ses habitudes de vie. Photo DR

Ces gestes du quotidien, adoptés par Laureen, qui préservent la planète

Des gestes du quotidien qui pourraient s’apparenter à une goutte d’eau dans un océan mais qui donne assurément à Laureen Adele une conscience écologique. Un sentiment de bien-être. Cette Drapoise, salariée à la SBM Offshore à Fontvieille et l’une des mille signataires du Pacte national pour la transition énergétique, a littéralement modifié ses habitudes de vie depuis une poignée d’années. Entraînant, dans son sillage, son mari et sa fille de 2 ans. "Cela fait deux ans que je m’y suis mise activement et avec plaisir. L’urgence est là, tout le monde n’en a pas conscience. Si je peux changer les mentalités auprès de mes amis, du travail, je le ferai… Il faut y aller doucement mais s’y mettre tous ensemble", prêche-t-elle.

Première action pour la planète : Laureen a délaissé le moteur thermique pour la voiture électrique. "Le déclic s’est opéré grâce à la Principauté. Quand on n’est pas résident, il faut attendre deux ans pour avoir une place de parking à Monaco. Avec le 100% électrique, l’attente passe à deux ou trois mois", développe-t-elle.

Quant au volet hygiénique, Laureen a fait le grand ménage de printemps dans ses affaires personnelles. Elle a troqué les cotons démaquillant contre des carrés éponges cousus main, a éradiqué les cotons-tiges pour un Oriculi écologique "suite aux images chocs où l’on voit les effets sur les animaux", a remplacé les mouchoirs en papier contre du tissu, des serviettes hygiéniques jetables contre des lavables. "C’est loin d’être sale, au contraire. Ça se lave à l’eau chaude ! C’est l’un des premiers articles qu’une femme devrait éradiquer."

Elle dégaine ensuite une bouteille de parfum… rechargeable. "C’est une bouteille que je possède depuis dix ans. Par ailleurs, mon mari, ma fille et moi-même avons des brosses à dents 100 % compostables avec un dentifrice à base d’huile de coco pour l’hiver, que j’ai fabriqué moi-même, et un petit galet pour l’été qui dure six mois."

Laureen donne aussi une seconde vie à ses collants filés. Plutôt que de les jeter à la benne, elle les lave puis les coupe en bandes. "Je m’en sers pour fermer des paquets de nourriture et pour attacher mes cheveux", sourit-elle.

Côté cuisine, elle est passée aux contenants en verre et achète systématiquement en vrac dans les magasins. Pour les dessus-de-plat, c’est une proche qui en a confectionné pour supplanter l’aluminium et la cellophane. L’éponge classique a disparu au profit d’une tawashi, éponge zéro déchet, fabriquée avec du tissu de récup’. La gourde, elle, remplace désormais la polluante bouteille en plastique. "Je ne supporte plus l’idée d’une bouteille en plastique. Certes, je ne pratique pas à 100% le zéro déchet mais quand j’ouvre mes placards et que je vois du plastique, je me demande par quoi je peux le remplacer, qui soit durable."

Ce qui pourrait paraître contraignant, fastidieux ou même coûteux pour les plus sceptiques ne semble pas l’être pour la salariée monégasque. " Je travaille 40 heures par semaine, j’ai une petite fille, deux heures de trajet par jour. C’est naturel et complètement ancré dans mon quotidien", assure-t-elle.

Madeleine Badia, gérante de "Eat Me".
Madeleine Badia, gérante de "Eat Me". Sébastien Botella

"C’est l’usage unique qu’il faut bannir, pas le plastique"

Elle a beau proposer à ses clients une alimentation saine aux accents bio, végétalien et sans gluten, le tout dans des contenants en amidon de maïs, pulpe ou kraft, Madeleine Badia, gérante de "Eat Me", n’en est pas moins frustrée depuis bon nombre d’années.

"Oui, je me suis acheté une bonne conscience. Mais je ne suis pas satisfaite qu’à la fin de votre repas, vous puissiez jeter les contenants à la poubelle jusqu’à cinq fois par semaine, développe-t-elle, précisant qu’elle parle en son nom, non en celui de sa profession. Peut-on prétendre que ces ustensiles, certes écoresponsables, ont une empreinte carbone neutre ? Je ne pense pas. Il a fallu les fabriquer, les transporter, les recycler en les brûlant à l’incinérateur de Monaco car ils ne peuvent être mis dans les poubelles jaunes. Je fais du fait maison avec des produits issus de l’agriculture raisonnée, mais je pollue…"

La gérante explique être à un tournant de sa vie professionnelle. Mais aussi tiraillée entre la volonté de dénicher des alternatives et la peur de perdre des clients, parfois peu intéressés par la cause écologique, ce qui pourrait mettre à mal son commerce. "Il faut passer par de la pédagogie, interpeller les gens, il faut changer de discours. C’est l’usage unique qu’il faut bannir, pas le plastique. Vous pouvez avoir un contenant en plastique qui dure dix ans avec une empreinte carbone inférieure à mes contenants. J’ai trouvé des alternatives mais je ne sais pas comment les mettre en place, les imposer, je ne sais pas comment expliquer aux clients qu’il faut emporter leurs propres bouteilles."

Ainsi, Madeleine Badia compte bientôt proposer à la vente des kits de contenants en verre. "Je ne veux plus continuer à polluer.C’est peut-être utopique de ma part.J’aurais pu continuer à me la couler douce mais je veux interpeller."


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