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Traitement des déchets: le projet d'usine à 300 millions d'euros qui séduit les élus de Monaco

Alors que le dossier d’une nouvelle usine de traitement et de valorisation des déchets a souvent suscité l’ire des élus du Conseil national, la présentation d’un nouveau projet a fait consensus.

Thibaut Parat Publié le 08/12/2021 à 11:40, mis à jour le 08/12/2021 à 11:40
Selon des données de l’Imsee de 2018, le traitement des déchets et leur valorisation énergétique représentent 26% des émissions de gaz à effet de serre à Monaco. Photo Jean-François Ottonello

Dans l’hémicycle du Conseil national, le dossier touffu de l’usine d’incinération a souvent rimé avec "crispation" et "tension". En octobre dernier à l’occasion du budget rectificatif 2021, la quasi-totalité des élus monégasques avaient exprimé, sur ce sujet, un vote de défiance à l’égard du gouvernement princier, à qui ils reprochaient de repousser la construction d’une nouvelle usine de traitement et de valorisation des déchets aux calendes grecques [lire notre édition du 14 octobre].

Ce lundi soir, le dossier a de nouveau atterri en séance publique. Dans une ambiance, non pas de contestation parlementaire, mais de satisfecit général.

On vous explique pourquoi.

Une future installation bien moins polluante

Après l’avortement de l’appel d’offres international - censé désigner une société capable de concevoir, bâtir et gérer pendant 24 années un lieu doté d’une technologie novatrice - le ministre d’État, Pierre Dartout, avait expliqué que la Société monégasque d’assainissement planchait en parallèle sur un projet.

 

Celui-ci, répondant au doux nom de Symbiose, a été présenté par les dirigeants de la SMEG et de la SMA aux élus, le 22 novembre à l’occasion d’une Commission plénière d’études. "Pour la première fois, un projet concret et réalisable a été présenté", s’est félicité, ce lundi soir, Balthazar Seydoux, rapporteur du projet de loi sur le budget primitif 2022.

Prévue sur le futur îlot Charles-III, à l’entrée Ouest du pays, et estimée à 304 millions d’euros, l’installation présentée sera bien moins polluante que l’actuelle, érigée en 1980 et désormais très coûteuse à maintenir en activité (42 millions d’euros pour la période 2018-2030 selon des données écrites présentées aux élus; 61 millions d’euros selon le rapport de Balthazar Seydoux., ndlr). "Cette opération limitera les rejets polluants et les divisera de 2 à 10 fois par rapport à aujourd’hui. Elle constituera un instrument majeur pour atteindre nos objectifs de réduction de gaz à effet de serre, en extrayant les plastiques résiduels de nos ordures ménagères", confirme le ministre d’État.

Selon des chiffres de 2018 fournis par l’IMSEE, le traitement des déchets et leur valorisation énergétique représentent 26% des émissions de gaz à effet de serre à Monaco. Autre objectif affiché par les porteurs du projet: faire des déchets une ressource. Et générer une énergie locale et décarbonée pour assurer l’autonomie énergétique du quartier de Fontvieille et de ses alentours.

"Une réelle avancée"

Jean-Louis Grinda, longtemps sévère à l’égard de l’exécutif sur ce sujet, a salué "une réelle avancée, une solution intelligente et pertinente".

L’élu de la minorité Union Monégasque a émis un souhait: "Ce projet sera en entrée de ville avec des contraintes terribles : on va incinérer. Je vous invite à faire un geste architectural fort quitte à revoir à la hausse les estimations budgétaires présentées."

Et Guillaume Rose, président de la Commission environnement et de la qualité de vie, de rebondir: "Je pense qu’il faut surtout assurer l’innocuité totale pour la population. Ce doit être la ligne rouge du Conseil national : pas de pollution."

 

Jean-Louis Grinda, du tac au tac: "Une incinération qui ne pollue pas, ça n’existe pas. Il y aura fatalement un effet pervers, mais tellement minimisé par rapport à ce que nous connaissons aujourd’hui. Nous serons forcément gagnants."

"Nous n’en sommes qu’à la moitié du chemin"

Face à cet enthousiasme débordant, le président Stéphane Valeri a tenu à tempérer: "Le projet est concret et nous a séduits. Les objectifs sont respectés et atteints par le gouvernement. Mais nous n’en sommes qu’à la moitié du chemin. Les délais sont contraints, l’espace de l’îlot Charles-III aussi. Il faudra que sa mise en œuvre se fasse dans les délais annoncés et en respectant une enveloppe déjà considérable."

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