“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre numérique > Abonnez-vous

Terrasses chauffées: pas d’interdiction à Monaco pour le moment mais... le gouvernement lance une réflexion

Mis à jour le 09/01/2020 à 16:24 Publié le 09/01/2020 à 16:24
Les terrasses chauffées sont apparues à partir de 2006 avec la loi Evin.

Les terrasses chauffées sont apparues à partir de 2006 avec la loi Evin. Cyril Dodergny

Soutenez l'info locale et Monaco-Matin

Terrasses chauffées: pas d’interdiction à Monaco pour le moment mais... le gouvernement lance une réflexion

C’est presque étonnant: la Principauté qui s’attelle pourtant à réduire les gaz à effet de serre n’a pas emboîté le pas de certaines villes françaises qui interdisent déjà les chauffages en terrasse.

"Nous avons interrogé nos adhérents, lance Alberte Escande. Aucun n’a reçu de consigne concernant les chauffages en terrasse."

À la tête du restaurant Le Sensais au Portier, Alberte Escande souligne toutefois que "les restaurateurs sont plutôt favorables au bien-être de leurs clients".

Seulement voilà, les parasols chauffants sont émetteurs de gaz à effet de serre ; du moins ceux qui fonctionnent sans combustible bio.

"Je sais que ces parasols commencent à être interdits dans certaines villes de France…"

>>RELIRE. Ça fait débat: faut-il interdire les terrasses chauffées à Nice? Les internautes réagissent

Rennes reste dans le froid

Depuis le 1er janvier effectivement, Rennes (Ille-et-Vilaine) est la première grande ville française à interdire le chauffage sur les terrasses des bars et des restaurants en raison de l’impact environnemental.

La capitale bretonne est dans le sillage d’autres villes de taille plus modeste comme Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) qui avait troqué en 2012 ses chauffages contre des couvertures. Aujourd’hui, d’autres villes pourraient bien leur emboîter le pas : Angers, Bordeaux, Grenoble et Paris y songent.

Mais à Monaco, les parasols chauffants ne sont pas la cible des autorités publiques ; enfin pas encore (lire ci-contre les réponses du gouvernement).

Contactée, la mairie souligne qu’il n’y a pas de directive de l’Urbanisme et elle n’a donc pas de position officielle sur la question.

De son côté, la Fondation Prince Albert II de Monaco ne donne aucune consigne particulière et n’a pas d’action envisagée à ce jour.

Chaque restaurateur fait donc ses propres choix.

Au Café de Paris, Stefano Brancato, le directeur, explique qu’après un long travail réalisé en 2019 et qui doit aboutir cette année à une certification Green Globe - "une première en Europe pour un restaurant" -, le nombre de parasols chauffants est progressivement passé de douze à quatre. Ils sont, de surcroît, utilisés ponctuellement et viennent en complément des radiateurs.

 "Notre terrasse bénéficie d’un ensoleillement tout au long de la journée. De plus, nous proposons des châles. Résultat, nous faisons presque tout l’hiver avec une bouteille de gaz par parasol."

À La Rascasse, sur la darse Sud du port Hercule, Franck Benedetti, responsable adjoint d’exploitation, a installé trois parasols électriques sur les 20 m2 en extérieur.

" Ils sont chauffants et lumineux. S’ils devaient être interdits, ce serait un manque à gagner important puisque 95% de la clientèle qui vient prendre un verre entre 18h à 22h privilégie l’espace extérieur."

Et si le réchauffement climatique permettait bientôt de rendre inutiles les chauffages en terrasse?


Ça chauffe sur les terrasses

Même s’il n’est pas encore question d’interdire les terrasses chauffées à Monaco, les professionnels de la restauration craignent un manque à gagner.

"Fermer la terrasse, c’est fermer le restaurant"

Au Huit et demi, rue Langlé, cinq parasols chauffants ont été disposés sur la terrasse de manière à satisfaire l’ensemble de la clientèle. Pour profiter d’un verre ou d’un plat, bien au chaud, le gérant des lieux, Nicolas Repellin, est prêt à faire le maximum pour accueillir ses clients dans les meilleures conditions. "Et cela passe par une terrasse chauffée."

Le restaurateur, en place depuis plusieurs années, se dit "totalement contre cette interdiction", si elle venait à être appliquée en Principauté. "Elle représente 80 % de mon chiffre d’affaires. Si on me l’enlève, j’ai plus qu’à mettre la clef sous la porte", s’agace-t-il. Lui qui emploie une vingtaine de personnes à l’année ne verrait donc pas d’un bon œil cette révolution.

"On est dans le Sud, les gens ne mangent pas à l’intérieur. Le soir du 31 décembre, j’ai eu 150 couverts en terrasse par exemple." Le manque à gagner est trop important.

>>LIRE AUSSI. "Une décision brutale": pas d'interdiction des terrasses chauffées en vue à Nice selon Christian Estrosi

De lourds investissements

Quelques mètres plus loin, à la brasserie Le Mystic, le constat n’est pas différent. Michael Gentils, le gérant, a lui aussi investi dans du matériel. Le prix des "champignons", comme on les surnomme dans la profession, est estimé entre 250 et 300 euros. Mais les frais d’entretien sont aussi conséquents.

Avec une bouteille de gaz qui peut durer entre un jour et une semaine - "tout dépend de son utilisation" - les dépenses augmentent rapidement.

Même combat au Grand café, près de la gare, où la responsable, Liliana, a dépensé environ 80.000 euros pour aménager sa terrasse.

Sans ces investissements, elle redoute une interdiction drastique qui "pénaliserait trop les commerçants".

Des alternatives "moins risquées"

D’autres solutions moins radicales s’offrent aux gérants de terrasses en cas d’interdiction. Nicolas Repellin, du Huit et demi, a choisi de faire appel à des fournisseurs d’énergie.

En l’occurrence, Gregory Romano, administrateur de la société Energy, qui travaille sur un projet 100% écoresponsable. Son objectif? Remplacer le gaz par le biopropane, "une énergie permettant d’avoir un bilan carbone zéro". Une initiative testée sur certains stands du dernier marché de Noël.

Les résultats, d’après lui, sont immédiats. Entre 2018 et 2019, l’impact carbone de l’événement aurait diminué d’environ 10 tonnes. Un résultat significatif qui n’a pas fini de convaincre les commerçants.


Le gouvernement a "lancé une réflexion"

Pas d’interdiction ni de limitation à Monaco. Ici, les commerçants font comme ils veulent. Toutefois, le gouvernement dit s’interroger sur l’impact environnemental des parasols chauffants. Les résultats de cette "réflexion" ne sont pas encore connus. Voici les éléments écrits du gouvernement princier aux questions que l’on se pose.

Sur le débat concernant les parasols chauffants

"Nous voyons que cette interdiction de parasols chauffants sur les terrasses est une vraie question aujourd’hui, avec des villes qui y sont favorables, d’autres pas. À titre individuel, nous pouvons tous nous interroger sur la nécessité de ces dispositifs. Avant de prendre notre décision nous avons lancé une réflexion tant sur les aspects écologiques qu’économiques."

Sur la promotion des combustibles peu polluants comme le biopropane

"Le biopropane est produit à partir de sources d’origine renouvelable comme les huiles recyclées et des matières premières végétales. Un biopropane réduit de près de 80 % des émissions de CO2 par rapport au propane standard et de plus de 80 % les émissions de CO2 par rapport au fioul. Mais dès lors qu’il utilise aussi des matières premières végétales, il doit rester une solution de niche pour ne pas mener à un changement d’affectation des sols et entrer en concurrence avec les autres cultures."

Sur l’interdiction pure et simple des parasols chauffants

"Nous sommes dans un pays, une ville-Etat qui a des ambitions élevées en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de tri des déchets, de mobilité écologique. Nous sommes très attachés au développement durable de ce territoire, et très attentifs à ce qui pourrait l’altérer. Dans cette logique, ce dispositif qui peut poser des questions environnementales mérite d’être étudié."


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.