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Sécheresse et guerre en Ukraine menacent-elles la "souveraineté alimentaire"? Ce que prévoit le gouvernement

Conséquence de l'invasion en Ukraine, les deux pays belligérants ont paralysé leurs exportations de denrées tels que le blé, le maïs ou encore le colza. La menace plane désormais sur la production nationale française, avec une vague de sécheresse sur l'ensemble du territoire. Réuni le lundi 9 mai 2022 avec des organisations agricoles, le ministère de l'agriculture a évoqué les enjeux afin de préserver une "souveraineté alimentaire" sur le sol français.

Pauline Boussarie Publié le 10/05/2022 à 20:00, mis à jour le 10/05/2022 à 22:56
Une exploitation agricole. Photo Unsplash

"Le grenier à blé de l'Europe", voici le nom qui était donné à l'Ukraine et à la Russie, principaux producteurs et exportateurs de blé, colza et maïs. Après plus de deux mois et demi de guerre sur le territoire ukrainien, la question du sort des importations de ces céréales se pose pour les dirigeants des pays membres de l'Union européenne. Comment garantir une stabilité et une souveraineté alimentaire en Europe? 

Le 11 mars dernier, l'Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), avait évalué l'impact possible de l'invasion russe en Ukraine, avec des projections inquiétantes: 8 à 13 millions de personnes pourraient souffrir de la faim dans le monde. 

Face à cette nouvelle problématique, produire sur le territoire national paraît la solution la plus efficace pour continuer à assurer la production de denrées. C'était sans compter sur l'arrivée d'un autre phénomène qui vient compliquer la tâche des gouvernements et en particulier des agriculteurs: la sécheresse! 

Lancé le 28 mai 2021, le Varenne de l'eau avait réuni 500 structures et 1.500 acteurs pendant 8 mois afin d'anticiper les besoins en eau et en préservation des ressources. Les participants se sont basés sur des projections. Des conclusions ont été tirées et le gouvernement a décidé de déployer son 1er plan d'action. 

Quelle est la situation?

Avec un déficit de 20% de la recharge hivernale des nappes, un déficit pluviométrique de 25% en avril et de 19% cumulé entre septembre et avril, les prévisions saisonnières de Météo-France font état d’un scénario probablement plus chaud et plus sec pour les mois à venir.

 

De quoi préoccuper les instances qui jugent la "situation sérieuse mais pas encore désespérée", ce lundi 9 mai 2022, lors de réunions qui se sont tenues entre les directeurs des Agences de l'eau et les organisations agricoles, et en présence du ministre chargé de l'agriculture Julien Denormandie. 

Les représentants du cabinet ministériel ont ainsi rappelé que cet épisode de chaleur à l'échelle nationale arrive en complément d'une "situation internationale compliquée", il s'agit donc de répondre aux enjeux de la souveraineté alimentaire. 

Des arrêtés préfectoraux 

Afin d'endiguer le phénomène, le gouvernement a déployé les premières mesures de ce plan "post-Varenne de l'eau", avec la participation active des préfets de France, qui ont pris une série d'arrêtés pour préserver les ressources actuelles et agir à l'échelle locale. 

En date du 9 mai, 15 départements ont pris au moins un arrêté de restriction d’usage de l’eau et sont concernés avec la gradation suivante: 7 départements dont les Alpes-Maritimes sont en alerte, 6 en alerte renforcée dont le département du Var et 2 sont en crise.

Même si les données sont meilleures que celles enregistrées sur l'année 2017, le ministère souhaite anticiper grâce à des mesures et des prévisions qui ont jusqu'à présent fait preuve d'une excellente corrélation selon les membres de cabinet du ministère de l'agriculture. 

 

Une enveloppe de 20 millions d'euros annoncée 

En complément des arrêtés préfectoraux, le ministère a aussi annoncé l’ouverture, toute récente, d’un guichet à l’intention des agriculteurs. Sur une enveloppe de 20 millions d’euros pour financer des initiatives destinées à affronter les déficits hydriques, 17 millions ont déjà été engagés en quelques jours. Le ministre, Julien Denormandie entend ajouter très prochainement 20 millions d'euros supplémentaires. 

Au nom de la crise alimentaire que va causer la guerre en Ukraine, le ministère de l’agriculture promet une mobilisation large et souhaite discuter avec ses homologues de l’armée et des transports du meilleur parti à tirer de l’herbe des aéroports et des camps militaires, qui pourrait fournir du fourrage, pour nourrir le bétail.

Autre chantier gouvernemental, 100 millions d'euros sont prévus en 2022 pour financer des projets qui participeront à l'optimisation des ressources en eau existantes, pour palier aux éventuelles carences. 

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