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Réunies à Monaco, les grandes compagnies aériennes réfléchissent à des solutions pour voyager plus proprement

Mis à jour le 04/11/2019 à 09:07 Publié le 04/11/2019 à 09:00
Le projet Flying V, développé pour KLM, représente une possibilité d’avion pour l’avenir, dont la forme permettrait de consommer 20% de carburant en moins.	(Illustration KLM)

Le projet Flying V, développé pour KLM, représente une possibilité d’avion pour l’avenir, dont la forme permettrait de consommer 20% de carburant en moins. (Illustration KLM) DR

Réunies à Monaco, les grandes compagnies aériennes réfléchissent à des solutions pour voyager plus proprement

Le monde de l’aviation discute avenir et perspectives à la salle des Étoiles. Avec une croissance importante, on peut s’interroger sur sa compatibilité avec la protection de l’environnement

C’est un peu la bête noire des consciences écolo, et on ne va pas se mentir: oui, le transport aérien coûte énormément en CO2 et autres émissions néfastes. Évidemment, propulser des centaines de personnes à plusieurs kilomètres d’altitude pour leur faire traverser la planète, ça demande de l’énergie. Et pour l’instant, l’énergie provient des hydrocarbures. Et ça, notre petite voix intérieure nous dit que c’est mal. Mais soyons honnêtes, les voyages des autres nous scandalisent quand même plus que les nôtres. Et c’est sans doute pour cela que l’on est passé de 1 milliard de passagers par an en 1990 à 4,2 milliards en 2019, et que les perspectives de croissance laissent entrevoir la possibilité de 8 milliards de passagers en 2030.

C’était précisément le thème du sommet "APG Connect", qui s’est déroulé ce week-end au Monte Carlo Bay, et qui réunissait 520 participants, essentiellement de grandes compagnies, parmi lesquelles le groupe Air France KLM, représenté par Pieter Bootsma, membre du comité exécutif. Qui a déclaré: "Il est temps de mettre en place d’importants changements. Ce n’est plus une question de choix, c’est une obligation".

Car le risque, à terme, comme nous l’a confié Jean-Louis Barroux, le président d’"AGP Connect", c’est de perdre des clients: "On parlait très peu d’écologie jusque-là. Aujourd’hui, on ne peut plus rien faire sans intégrer cette donnée. Si le transport aérien ne devient pas plus propre, les clients risquent de s’en détourner".

100 millions d’employés en 2030

La vérité, c’est qu’on s’imagine mal poser deux mois de vacances pour aller en bateau passer une semaine au Brésil. Même s’il existe une tendance à choisir des destinations de vacances plus proches, accessibles avec d’autres moyens de transport, les vacanciers ont toujours envie d’aller découvrir des plages paradisiaques.

Or, le transport aérien ne fait pas que polluer. "C’est un excellent créateur d’emplois et de richesses", expliquait Eric Schulz, consultant en aviation, passé par la direction d’Airbus et celle de Rolls Royce Civil Aerospace. L’IATA prévoit en effet que l’aviation emploiera 100 millions de personnes à l’horizon 2030. Alors, que faire ?

L’objectif de ce congrès était d’échanger sur les pratiques des uns et des autres, Pieter Bootsma a exposé les quatre grands piliers de la politique environnementale du groupe Air France KLM.

Investir, organiser, compenser

Ça commence par des investissements. "Renouveler sa flotte pour qu’elle soit plus propre coûte de l’argent. Mais ça en fait aussi économiser beaucoup. Moins de CO2, ça veut dire des coûts de fonctionnement moins élevés. C’est forcément une solution gagnante." Une évidence écolo si on met de côté l’impact environnemental de l’élimination des vieux avions.

Autre piste: améliorer l’organisation des aéroports. "Plus de la moitié des émissions de CO2 ont lieu lorsque les avions sont au sol et qu’ils attendent une autorisation de s’envoler ou de stationner", explique Pieter Bootsma. Car le système start and stop n’est toujours pas arrivé sur les avions. Toujours pour améliorer leur efficacité énergétique, les compagnies aériennes ont aussi de plus en plus recours à des technologies avancées: "L’utilisation de l’intelligence artificielle est de plus en plus répandue, cela nous permet de prédire les temps de voyage et d’éviter les fortes accélérations, (très consommatrice de carburant, N.D.L.R.), pour arriver à l’heure".

Moindre mal

Du côté des carburants, ce n’est a priori pas après-demain qu’on volera en tout électrique. Il faut donc regarder au carburant le moins sale.

Pour Air France KLM, c’est le biocarburant. D’après le site internet de la compagnie aérienne: "Le groupe soutient l’utilisation de différentes matières premières dès lors que leur production répond à des normes strictes: réduction substantielle des émissions de CO2, impact minime sur la biodiversité, pas de concurrence avec les productions alimentaires ou l’accès aux ressources alimentaires, impact positif sur le développement local."

Autant dire que ça ne se trouve pas sous les sabots d’un cheval, et c’est bien ça le problème, d’après Pieter Bootsma: "Le problème du biocarburant, c’est la disponibilité, mais aussi le coût. Aujourd’hui, il coûte cinq fois plus cher. Alors nous avons développé un programme avec les clients corporate, qui acceptent de payer la différence entre un carburant traditionnel et un bio carburant."

Enfin, autre solution: la compensation carbone.

"Nous plantons
un arbre par heure de vol par passager"

Gérard Feldzer, ancien pilote Air France, est aujourd’hui vice-président de l’association "A Tree for You", et il explique: "Aujourd’hui, nous plantons un arbre par heure de vol par passager. Cet arbre, il lui faut dix ans pour absorber l’heure de voyage pour laquelle il a été planté. Mais il s’agit d’arbres plantés en agroforesterie, qui resteront plantés 20 ou 30 ans. On est donc bénéficiaire."

Mais même en étant bénéficiaire, difficile d’envisager que toutes les heures de vol puissent être compensées.

D’après Anne Rigail, directrice générale de la compagnie, interrogée par le Parisien-Aujourd’hui en France, la compensation de tous les vols domestiques, qui sera mise en place dès le 1er janvier prochain, pourrait représenter 70 millions d’arbres à planter.

Selon Jean-Louis Barroux, président d’APG, "on ne peut plus rien faire sans intégrer la donnée écologie".
Selon Jean-Louis Barroux, président d’APG, "on ne peut plus rien faire sans intégrer la donnée écologie". Jean-François Ottonello

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