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Re trait américain : une grave erreur historique

Après la décision de Donald Trump de retirer son pays des accords sur le climat, le prince Albert II s'est dit « extrêmement déçu » et considère qu'il s'agit d'« un signe très néfaste ».

Joëlle Deviras Publié le 03/06/2017 à 05:08, mis à jour le 03/06/2017 à 05:08
En octobre dernier, chaleureuse poignée de main entre le prince Albert II et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.	 (DR)
En octobre dernier, chaleureuse poignée de main entre le prince Albert II et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. (DR)

La décision de Donald Trump de retirer les États-Unis de l'accord de Paris sur le réchauffement climatique a provoqué une déferlante de réactions parmi lesquelles celle du souverain Albert II.

Avant même la publication par le Palais princier d'une déclaration officielle dans laquelle il s'exprime sans compromission (voir ci-contre), le souverain nous a confié son analyse : « C'est une très grave erreur historique et un signe très néfaste pour la communauté internationale. Quand un grand pays recule sur un engagement qu'il a pris au plus haut niveau international, c'est très grave. »

Le prince souligne que les États-Unis rejoignent les deux seuls pays qui ne se sont pas engagés pour lutter contre le réchauffement climatique : la Syrie et le Nicaragua… « Ce n'est pas très glorieux. » En effet, 195 des 197 pays reconnus par l'ONU ont signé l'Accord de Paris, négocié fin 2015 à l'occasion de la COP21. Ils se sont tous engagés à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C maximum d'ici 2050. Le dernier à avoir signé le traité est l'Ouzbékistan, le 19 avril dernier. « Je suis extrêmement déçu. »

 

Mais ce n'est certainement pas un chef d'État, quand bien même serait-il d'une des plus grandes puissances du monde, qui dictera sa loi. Bien au contraire. Selon Nicolas Hulot, cela ne fait « que renforcer la détermination du reste du monde ».

« La réalité s'impose »

« La Chine, qui a réaffirmé ses engagements, va prendre le leadership en portant plus avant les positions des pays, explique le prince Albert II. Si le signal des États-Unis est on ne peut plus déprimant, il faut garder l'espoir. D'ailleurs, de grandes entreprises et de grandes villes se développent avec des énergies renouvelables. » Car le prince en est convaincu : « Si l'on ne met pas en place, dès maintenant, de bonnes pratiques, c'est catastrophique. Il n'y a pas d'alternative. »

Depuis son avènement en 2005, Albert II martèle ce même discours. Il regrette que très peu de chefs d'État puissent inscrire une politique sur le long terme. Le prince considère donc avoir « un avantage énorme ». Il note aussi que Donald Trump aurait pu renoncer à une promesse de campagne certainement motivée par de « mauvais conseils ». « Une fois en poste à la tête d'un État, la réalité s'impose. »

 

Dès lundi, le prince se rendra à New York pour trois jours de rencontres et conférences sur l'objectif de développement durable (ODD) à l'ONU. C'est là qu'il a déposé, en octobre dernier, l'instrument de ratification de l'Accord de Paris, adopté à l'issue de la Cop21, et qu'il a pu échanger avec le secrétaire général. La semaine prochaine, il rencontrera le successeur de Ban Ki-moon, António Guterres. La prise de parole du souverain, notamment sur la protection des océans, s'inscrira certainement dans le flot des réactions qu'a provoqué la décision de Donald Trump. « Je pense que d'autres vont faire part de leur indignation. »

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