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Quel avenir pour les vallées après la tempête Alex? La parole est à vous

Quatorze mois après la tempête, l’État lance aujourd’hui une concertation publique auprès des élus et habitants de la Roya, la Vésubie et la Tinée. Une première. Explications du ministre Marc Fesneau.

Propos recueillis par Christophe CIRONE Publié le 02/12/2021 à 09:12, mis à jour le 02/12/2021 à 08:03
Au-delà de la reconstruction des infrastructures, les habitants des vallées vont pouvoir suggérer des projets d’avenir. (Photo archives Sébastien Botella)

Comment reconstruire? Quel avenir offrir aux villages, aux habitants, aux enfants des vallées frappées par la tempête Alex le 2 octobre 2020? Pour tenter d’y répondre, l’État lance ce jeudi une concertation citoyenne avec les élus et citoyens de la Roya, la Vésubie et la Tinée. Une première dans le genre. Elle pourrait faire école.

Emmanuel Macron avait alloué une enveloppe de 50 millions d’euros pour porter des projets d’avenir, sur un total de 572 millions d’euros pour la reconstruction. Reste à savoir comment (bien) les utiliser.

Ça commence ce jeudi, avec la première réunion du comité de pilotage (ouverture des inscriptions aux citoyens lundi prochain). À la manœuvre: le "préfet tempête", Xavier Pelletier, en lien avec les ministres Jacqueline Gourault (cohésion des territoires) et Marc Fesneau (relations avec le Parlement). Ce dernier dévoile la feuille de route.

 
Marc Fesneau, ministre délégué aux relations avec le Parlement français. Nicolas Lascourrèges / Nice Matin.

En quoi va consister cette concertation publique?

C’est un exercice de concertation citoyenne. Dans ces vallées frappées l’an dernier, il y a le plan d’urgence, puis la phase de reconstruction. Au-delà, la question est: quel avenir pour ce territoire? Comment faire évoluer les choses pour faire face à ce genre de catastrophe? Nous avons pensé que c’était utile de le faire avec des citoyens.

Sous quelle forme?

L’idée, c’est de créer un dialogue entre les habitants et les élus – élus qui ont le dernier mot, en tant que maîtres d’ouvrage. Les habitants vont pouvoir prendre la parole, dire quels types de changements ils sont prêts à accepter, à travers des ateliers. L’idée est de confronter les points de vue, les attentes et contraintes de chacun, pour élaborer ensemble une vision de ces territoires. Ces habitants seront choisis par tirage au sort, après un appel au volontariat. En parallèle se tiendra une consultation en ligne. Après, il y aura des arbitrages. Et à la fin, une phase de restitution: on rend des comptes aux citoyens.

Le but de l’opération est-il de réduire le fossé avec l’administration?

Il ne faut pas se contenter de reconstruire des infrastructures, mais aussi une envie commune de développer le territoire. Les élus font au mieux et se sont battus pour débrouiller des situations inextricables. Mais quand on veut se projeter à cinq, dix, vingt ou trente ans, cela ne peut pas se faire sans les habitants.

 

Il ne s’agit pas là d’un "gadget", reproche parfois adressé à la Convention climat?

On a parfois beaucoup critiqué la Convention citoyenne sur le climat. Objectivement, des tas de sujets n’auraient pas été mis sur la table sans cet exercice de participation citoyenne...

Pourquoi avoir attendu quatorze mois après la tempête pour ouvrir le débat?

Quand vous êtes dans une telle situation, la question, c’est d’abord l’urgence. Vous ne mettez pas les gens autour de la table quand ils n’ont pas de domicile.

Quel type de projet concret pourrait émerger de cette concertation?

Dans un exercice de concertation citoyenne, je m’astreins à ne pas préempter le débat. Il faut laisser citoyens et élus faire ce travail. Environnement, tourisme... Le champ est ouvert!

Est-ce là un exercice inédit?

 

Malheureusement, ce n’est pas le seul territoire qui risque d’être confronté à des phénomènes climatiques désastreux. Ce moment de concertation citoyenne doit aussi nous servir de modèle collectif, pour voir comment on reconstruit un territoire avec les citoyens.

Sans cela, le risque est-il d’assister à un exode, voire à la mort de certains villages?

C’est l’un des écueils. Après un tel événement, le risque est de dire, en première intention: "On va ailleurs". C’est pourquoi il faut associer les citoyens et les élus, pour qu’ils aient envie de construire quelque chose dans ces vallées. L’idée, c’est de dire: "Il y a un avenir pour ces vallées; essayons de l’écrire ensemble".

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