Pourquoi un remblai est-il en train d’être enlevé dans le lit du Paillon, à La Trinité?

La Métropole Nice Côte d’Azur a entrepris d’importants travaux d’enlèvement du remblai jouxtant la zone d’activité Anatole-France afin de limiter le risque d’inondation.

christine rinaudo Publié le 20/09/2022 à 09:09, mis à jour le 20/09/2022 à 14:17
Des travaux de déblaiement ont commencé début juillet pour dégager le lit du Paillon, non exempt de risques de crues et d’inondations sur ce secteur de LaTrinité. Photo Jean François Ottonello / Nice Matin

"On enlève un triste remblai sur une zone qui n’est pas la plus accueillante mais où se jouent trois types d’enjeux: le risque majeur d’inondabilité, les transports, le développement économique." Celui qui parle, c’est Ladislas Polski, maire de La Trinité, vice-président de la Métropole, délégué à la prévention des risques majeurs. À côté de lui, Christian Estrosi, président de la Métropole Nice Côte d’Azur, approuve.

Rajoutant que l’investissement mis sur ce tapis de boue et de galets "s’élève à plus d’un million d’euros, dont 600.000 déjà injectés".

La scène se passe dans la zone d’activité Anatole-France, en contrebas du pont du même nom, le long du lit du Paillon. Pour l’instant à sec ou quasiment, le cours d’eau pourrait, brusquement, devenir fleuve ravageur en cas de montée des eaux.

Il fallait donc déblayer cette partie du lit, obstruée par un remblai situé sur la rive gauche, en amont du pont, s’étendant sur trois cents mètres de long et une vingtaine de large pour deux mètres de hauteur. Soit un volume total de 11.300m3 de terre déposé là dans les années 1960 à partir de matériaux d’excavation et qui aurait pu aggraver le risque d’inondation en cas de crue.

Pourquoi ces travaux?

Les travaux d’enlèvements, engagés par la Métropole NCA et réalisés par l’entreprise niçoise C4 pour restaurer le lit du cours d’eau, ont démarré en juillet pour une durée de trois mois, dont un d’interruption estivale.

 

Près de cent personnes s’y activent d’autant plus énergiquement qu’en 2017, une étude d’Artelia a identifié ce remblai comme étant "la cause principale des débordements en crue centennale sur la zone. Sans celui-ci, la zone est inondable mais dans des proportions nettement moindres".

La pénétrante mieux protégée?

De fait, lors des intempéries de 2019, les écoulements accélérés par la présence du remblai avaient endommagé l’ouvrage de soutènement de la pénétrante du Paillon. Un effondrement s’était alors produit, entraînant quinze jours de fermeture de cette voie essentielle afin de diligenter les travaux d’urgence. Une réparation facturée plus de 600.000 euros pour la Métropole.

Quel planning?

En juillet, l’évacuation des matériaux s’est portée sur les zones de déchets inertes. Autrement dit, 14.500 tonnes de matériaux non pollués ont été évacuées vers des installations de stockage appropriées.

Fin août, l’évacuation des matériaux pollués a démarré portant sur 1.200 tonnes transportées sur un site de traitement du Gard. Les derniers travaux consistent à enlever les pistes d’accès et à réaliser des ouvertures dans la butée. Travaux qui prennent en compte les impératifs de biodiversité et notamment la préservation d’une bande large de 2 à 2,50mètres le long du remblai.

Et après?

Une phase complémentaire d’enlèvement du remblai sera programmée sur un tronçon plus au nord. Elle n’interviendra pas avant 2024 car il faut d’abord que les cabanes qui se trouvent là, en bordure du Paillon, soient évacuées et démolies après analyse des sols.

 
Un chantier de plus d’un million d’euros expliqués aux élus en contrebas du pont Anatole France. Photo Jean François Ottonello / Nice Matin.
Place nette sur près de 300mètres de long et 20 de large. Photo Jean François Ottonello / Nice Matin.

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