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Pourquoi Jean-Louis Borloo a-t-il rasé son garage neuf ?

Mis à jour le 14/09/2019 à 10:33 Publié le 14/09/2019 à 10:33
Le « Garage» de Jean-Louis Borloo tel qu’il apparaissait il y encore quelques jours. Depuis tout a été démoli (sauf la dalle) et nettoyé.

Le « Garage» de Jean-Louis Borloo tel qu’il apparaissait il y encore quelques jours. Depuis tout a été démoli (sauf la dalle) et nettoyé. Ch.C. et DR

Pourquoi Jean-Louis Borloo a-t-il rasé son garage neuf ?

C’est l’un des coups de théâtre de l’été : l’ancien ministre de l’Ecologie a rasé en quelques jours la construction neuve qu’il venait de terminer dans le jardin de sa propriété de Saint-Tropez

De la jolie nouvelle bâtisse provençale qui se dressait cet été dans le jardin de la propriété tropézienne de l’ancien ministre de l’environnement Jean-Louis Borloo, située au domaine Bella Vista, allée Belles saisons, il ne reste rien. Ou presque. Juste une grande dalle au sol.

Mais que s’est-il passé ? Un permis de construire accordé par la ville avait pourtant bien été affiché en temps et en heure avant les travaux : « Permis n° 16 0 0069 M, délivré le 5 mars 2019, architecte Philippe Castanier, affichage le 18 mars 2019 ».

Selon nos sources il semble que ce ne soit pas le permis qui ait posé problème, mais plutôt la destination du bâtiment qui ne ressemblait pas beaucoup au «garage» annoncé mais plutôt à une belle petite maisonnée provençale, avec magnifiques poutres massives apparentes, une toiture avec double génoise, et pas moins de 8 ouvertures sur les façades ! Impressionnant au point d’alerter le voisinage de la copropriété réputée pour son cahier des charges ultra-strict. D’autant plus que cette nouvelle construction avait été édifiée à 2 m à peine de la clôture des voisins et à 4 mètres de l’allée des Belles Saisons, au lieu des 5 mètres obligatoires.

Enfin, le 17 avril, date de la photo ci-dessous, le chantier était déjà bien avancé malgré le délai de recours censé se terminer en mai, soit un mois plus tard !

Réaction illico

D’autant plus sensible à cet émoi inattendu que ses précédents permis d’extension de la maison principale n’avaient pas suscité la moindre remarque, Jean-Louis Borloo a très vite réagi après avoir eu connaissance des griefs de la copropriété à l’encontre de la société familiale qu’il représente, « Le mas d’Auguste », SCI (Société Civile Immobilière) propriétaire de la maison et du terrain, créée en janvier 2008, au capital social de 1000 euros et enregistrée dans la catégorie « Bâtiment et travaux publics», avec pour activité principale exercée : Location de terrains et d’autres biens immobiliers.

Ainsi dès le 18 juillet - et tandis que Nice-matin se heurtait en mairie au refus des services de donner le moindre renseignement sur le permis en question, expliquant : « Il n’est pas accessible, il est dans le bureau du maire, il faut attendre qu’il redescende » - Jean-Louis Borloo a tenté d’éteindre le début d’incendie en se montrant très pro-actif.

La faute de l’archi

Ainsi dès le 18 juillet l’ancien ministre écrit à la copropriété et à ses voisins pour leur proposer une rencontre « pour échanger » sur le sujet. Il y explique que l’initiative de la construction revient en fait à sa belle-mère depuis décédée et qu’il va faire le point avec l’architecte.

Le lendemain, 19 juillet, nouveau courrier tandis que la pression monte en mairie, le dossier étant toujours « retenu » dans le bureau du maire et donc inconsultable par quiconque ! Jean-Louis Borloo choisit cette fois de couper carrément la branche malade et « charge » son architecte, Philippe Castanier. Tout viendrait de lui en effet. Jean-Louis Borloo explique d’ailleurs dans ce nouveau courrier que l’architecte s’est trompé sur l’interprétation des règles d’urbanisme et sur l’implantation du garage (autrefois recensé comme pergola), qu’il reconnait son erreur et même qu’il s’excuse !

Et surtout Jean-Louis Borloo s’engage alors à faire démolir sa nouvelle construction « dès début septembre et avant le 15 ».

La dernière communication date du 23 juillet, Jean-Louis Borloo explique que les services de la mairie, à sa demande, se sont rendus sur place et qu’il leur a confirmé sa décision de « détruire le garage, malgré le permis ». Il précise également que l’architecte, outre le fait d’avoir reconnu son erreur, a en plus « informé son assurance ».

Rentré dans l’ordre

Parole tenue, le garage a bien été démoli ces jours-ci. Entièrement sauf la dalle. On pourrait donc conclure que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. L’erreur est effacée, le permis litigieux, bien qu’accordé par la ville, est jeté à la poubelle, l’architecte de très longue expérience porte seul le poids de tout et s’est excusé platement.

Tout est donc rentré dans l’ordre du côté de l’Allée des Belles Saisons qui peut retourner à sa discrète quiétude.

Reste à savoir maintenant si des membres de la copropriété échaudés par cette affaire, ou les services de l’Etat, n’iront pas chercher à vérifier les permis d’extension précédents, qui ont permis à la maison Borloo de Saint-Tropez de très largement s’étendre depuis 3 ans. Et reste aussi à croiser les doigts pour que l’architecte, le même, n’ait pas commis d’autres erreurs involontaires.


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