“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Pose de nichoirs, surveillance, recensement de nids... De Toulon à Nice, ces bénévoles veulent sauver les martinets

Mis à jour le 07/06/2019 à 09:40 Publié le 07/06/2019 à 09:39
Les martinets noirs arrivent fin mars dans la région et repartent en juillet.

Les martinets noirs arrivent fin mars dans la région et repartent en juillet. Photo André Schont/LPO PACA

Pose de nichoirs, surveillance, recensement de nids... De Toulon à Nice, ces bénévoles veulent sauver les martinets

Ce vendredi 7 juin, c'est la première "Journée mondiale du martinet". Elle a été créée pour mettre un coup de projecteur sur ces oiseaux migrateurs souvent confondus avec les hirondelles et favoriser leur préservation. Toute l'année dans les Alpes-Maritimes et le Var, des bénévoles de la Ligue de Protection des Oiseaux veillent au grain. Ils se battent pour protéger ces espèces vulnérables, fragilisées par l'urbanisation.

Quel est le problème?

Les martinets noirs voyagent sur des milliers de kilomètres entre l’Afrique et l’Europe au gré des saisons.  Ils arrivent fin mars pour repartir fin juillet. Mais ces oiseaux migrateurs rencontrent de plus en plus de difficultés pour se loger et se nourrir.

Rénovation, démolition de maisons, construction d'immeubles modernes mais aussi raréfaction des insectes… sont autant de menaces qui pèsent sur leur survie.

Quand les cavités où ils nichent, sous les toits, sont bouchées au gré de travaux, les couples se retrouvent en difficulté pour pondre leurs œufs et élever leurs poussins. 

"Il est important que les jeunes comprennent que c'est une petite merveille de la nature, ils ont besoin de gens qui les protègent."

Plus de 40% des effectifs des martinets noirs auraient disparu à l'échelle globale, ces 10 dernières années selon Viginature, et ce malgré leur statut de protection.

Pour attirer l'attention des citoyens sur l'enjeu de la préservation, Martinets sans frontière a lancé la Journée mondiale du martinet.  Et l'éthologue britannique Jane Goodall partenaire de l'événement,  rappelle la nécessité de protéger ces oiseaux fascinants qui "vivent, s'accouplent et mangent en vol."

"Il est important que les jeunes comprennent que c'est une petite merveille de la nature, ils ont besoin de gens qui les protègent."

Au fil des saisons, de Toulon à Nice, les bénévoles de la Ligue de protection des oiseaux veillent au grain.
"C'est illégal de détruire des nids d'hirondelles ou de martinets, qui sont des espèces protégées," rappelle Katherine Dubourg, vice-présidente de la LPO Paca.

"A Toulon 300 nichoirs à martinets ont été posés en 5 ans"

A Toulon et à Hyères, elle oeuvre avec la mairie pour la sauvegarde de ces oiseaux migratoires.

Cette passionnée de biodiversité a réalisé un véritable travail de fourmi. Aidée par des bénévoles, elle s'est lancée dans un recensement des sites de nidification du martinet.  

"On a localisé 1400 sites," précise-t-elle.

"Toulon est une ville pilote pour les martinets, ça fait 5 ans que nous travaillons avec la municipalité. 300 nichoirs intégrés ont été posés. La mairie a d'ailleurs intégré dans le règlement des ravalements de façade, la prise en compte de ces oiseaux."

Et dans les nouveaux quartiers qui sortent de terre, les architectes veillent aussi à héberger cet oiseau migrateur.

"A Chalucet, le cabinet Vezzoni a ainsi prévu 120 nichoirs", pointe-t-elle avec satisfaction.

Et quid des hirondelles? 

"Elles ont disparu à Toulon, mais on en trouve dans des communes avoisinantes."

Hélène Dauga et Katherine Dubourg veillent à la protection des hirondelles et des martinets.
Hélène Dauga et Katherine Dubourg veillent à la protection des hirondelles et des martinets. Photo archive Laurent Martinat

A Nice: des nichoirs installés

Coordinatrice bénévole du groupe local littoral niçois et mentonnais, Yvonne Delépine est intervenue l'an dernier à l'Ouest de Nice. Alertée par un riverain de la démolition imminente d'une maison où des hirondelles de fenêtre avaient installé leur nid, elle a contacté les promoteurs.

"Ils ont été très compréhensifs." La destruction prévue l'été dernier a ainsi été repoussée après la période de nidification.

"Pour avoir l'autorisation de détruire un nid, il faut faire une demande d'autorisation à l'Etat, à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). Et si cette demande de dérogation est acceptée, elle doit prévoir un nichoir, en remplacement du nid."

A Saint-Isidore, les promoteurs ont choisi l'installation d'une tour à hirondelles, un dispositif plus coûteux (19.000 euros) pour que dès ce printemps les oiseaux migrateurs puissent s'y réfugier. Elle a été posée en mars dernier.

A Nice-Nord aussi, les bénévoles veillent à leur protection. Avant la démolition de gradins du stade du Ray, où nichaient hirondelles, martinets et chauve-souris, la LPO et la Ville de Nice ont travaillé main dans la main pour réaliser un inventaire et prévoir des nichoirs de remplacement.

Là encore, la démolition a été retardée, pour n'intervenir qu'après le départ à l'automne des oiseaux migrateurs.

Les martinets nichent dans les cavités des maisons, qu'il faut éviter de boucher.
Les martinets nichent dans les cavités des maisons, qu'il faut éviter de boucher. Photo André Schont LPO Paca

Comment aider les oiseaux migrateurs à survivre?

"On peut poser un nichoir sur sa maison," suggère Yvonne Delépine, bénévole à la Ligue de Protection des Oiseaux. Ce n'est pas très coûteux, ça revient à quelques dizaines d'euros."

Mais avant de se lancer, mieux vaut se rapprocher de la LPO, qui connaît, grâce à ses campagnes de recensement, quelles sont les espèces présentes dans les différentes secteurs.

"Un couple de martinets mange jusqu'à 20.000 insectes par jour, dont les moustiques"

Si on trouve des hirondelles à La Garde et à Hyères, en revanche elles ont disparu à Toulon où Katherine Dubourg, suggère de faciliter l'accueil des martinets.

"On peut poser une brique-nichoir, dans les cavités en façade de sa maison, ou installer des nichoirs rapportés."
Il faut compter entre 25 et 50 euros.
Elle invite aussi les propriétaires tentés de "boucher" des trous pour éviter que les pigeons ne nichent sous leur toit, à simplement réduire l'ouverture.

"Le martinet a juste besoin d'une cavité de 11 cm de diamètre."
Et elle met en avant l'intérêt d'accueillir cet oiseau protégé: "c'est un formidable insecticide naturel, puisqu'on estime qu'un couple mange jusqu'à 20.000 insectes par jour, dont des moustiques."

Balades et recensement à Toulon et Brignoles

Des événements sont programmés à Toulon et Brignoles ce vendredi 7 juin pour la journée mondiale des martinets. Des balades, à l'heure où les oiseaux regagnent leur nid, seront l'occasion d'observer leur ballet aérien, mais donneront aussi le coup d'envoi de la campagne de recensement des nids.

A Toulon une balade dans le centre ancien entre 20 heures et 22 heures est organisée à la découverte de leurs sites de nidification et à l'observation de nichoirs artificiels.
Rendez-vous à 20 heures sur la Place Raspail (ancienne halle). 


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

La suite du direct