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Plus d'énergie solaire, repenser les transports publics, protéger les espaces naturels... Voici les combats à venir pour l'environnement de la Riviera française

Mis à jour le 04/02/2019 à 10:51 Publié le 04/02/2019 à 10:17

Plus d'énergie solaire, repenser les transports publics, protéger les espaces naturels... Voici les combats à venir pour l'environnement de la Riviera française

Nouvelle année, nouveaux enjeux pour l’Association pour la sauvegarde de la nature et des sites de Roquebrune-Cap-Martin, Menton et environs – qui se promet de ne rien lâcher.

À quelques jours de l’assemblée générale de l’Aspona (Association pour la sauvegarde de la nature et des sites de Roquebrune-Cap-Martin, Menton et environs), programmée samedi, Nadine Niel et Frédérique Lorenzi – respectivement présidente et trésorière – font un état des lieux des combats environnementaux à mener sur le secteur.

Des luttes qui se répètent bien souvent d’année en année. Qui progressent, souvent, mais ne se résolvent pas par miracle pour autant.

"Nos adhérents veulent qu’on ne se disperse pas et qu’on ne lâche rien", résument les deux porte-parole. Qui comptent profiter du Grand débat national pour faire entendre leur voix.

Proposant une autre voie.

Pour endiguer autrement

Frédérique Lorenzi et Nadine Niel.
Frédérique Lorenzi et Nadine Niel. Photo Cyril Dodergny

C’est clairement le sujet qui focalise l’attention de l’Aspona depuis quelque temps: l’endiguement. Alors que plusieurs projets de digues sont dans les tuyaux, l’association souhaite proposer des alternatives compatibles avec l’environnement. Se reposant sur l’expertise du Niçois Patrice Francour, spécialiste ès posidonies, Nadine Niel et Frédérique Lorenzi soulignent ainsi que "s’il y a aménagement, il faut qu’il soit fait avec des matériaux souples, poreux" de manière à ce que faune et flore puissent subsister.

Car les herbiers de posidonie jouent eux-mêmes un rôle important en "freinant la houle". Aussi l’Aspona appelle-t-elle à "laisser la nature faire son boulot". Et, d’un point de vue administratif, à imposer davantage de transparence pour l’aménagement du littoral.

"Il faudrait pouvoir soumettre ces projets à autorisation comme pour les Unités touristiques nouvelles (UTN) en montagne". Autre action possible, d’un point de vue urbanistique cette fois-ci : constituer des "zones tampons" dans les villes. Rôle que joue déjà pleinement la place d’Armes, à Menton, véritable "éponge" qui "limite le ruissellement urbain". "Si une route s’effondre, c’est parce que l’eau pluviale n’a pas d’exutoire dans la mer. Il n’y a pas de passage sous la voie…"

Engagée dans une lutte contre l’endiguement de Saint-Roman, à Roquebrune (visant à créer une plage), l’association assure par ailleurs que "ce n’est pas gagné pour [la SBM]. La Direction départementale des territoires et de la mer a accepté une digue sous marine à 25 cm sous l’eau, mais pas pour le pied de plage, à cause du ressac".

À l’avenir, l’association espère pouvoir être aidée par le "projet de stratégie de façade maritime" en Méditerranée – porté par le ministère de la transition écologique – qui pourrait engendrer une loi interdisant de nouveaux aménagements.

Davantage de solaire

« On pourrait tout avoir en solaire ici.»
« On pourrait tout avoir en solaire ici.» Photo C.D.

Dans l’une des villes les plus ensoleillées de France, le débat de l’énergie solaire est plus que jamais légitime. Mais en dépit de cette évidence, les résultats tardent à venir.

"La réflexion a démarré mais les objectifs sont assez flous, notamment concernant les passoires thermiques, etc. Quant aux panneaux solaires sur les toitures, on constate qu’il n’y a pas de volontarisme dans les collectivités", notent Nadine Niel et Frédérique Lorenzi. Précisant qu’à Menton, seuls deux dossiers devraient être, pour l’heure, acceptés. Alors que les potentiels sont énormes.

L’installation d’ombrières photovoltaïques sur des parkings serait ainsi à même de couvrir une bonne partie des besoins d’une voiture électrique. Même s’il restera à régler le problème de l’autonomie des batteries.

Les deux comparses soulignent que l’on pourrait plus largement "tout avoir en solaire à Menton".

À commencer par les chauffe-eau ou la clim (évitant ainsi que cette dernière renvoie de la chaleur dans les rues). Le soleil permettrait également de faire un séchage des boues d’épuration. "On inciterait ainsi aux fosses individuelles, plutôt que tout soit envoyé dans la station d’épuration…"

Quelle mobilité ?

Selon l’Aspona, les bus départementaux de la ligne 100 ne sont pas du tout adaptés à la ville.
Selon l’Aspona, les bus départementaux de la ligne 100 ne sont pas du tout adaptés à la ville. Photo C.D.

Dans une société où l’accès aux transports détermine de plus en plus le niveau d’intégration sociale, la question de la mobilité se pose. D’autant que la logique est à la baisse de population dans les centres-villes, font remarquer Nadine Niel et Frédérique Lorenzi.

"Nous assistons à un phénomène d’ubérisation et de ségrégation. Dans le vieux Menton, il n’y a que 30 % de résidents permanents. On note un véritable étalement urbain." Qui se traduit par une durée moyenne de transport pour aller travailler de 35 minutes.

"La clé du problème est une bonne compréhension avec Monaco, estime l’Aspona. Mais le Schéma de cohérence territorial (SCOT) est léger sur le sujet."

Outre le développement de la mobilité douce, quelles options ? Les membres de l’association estiment qu’une navette maritime entre Monaco et Vintimille pourrait avoir son sens.

"Et puis notre train est magnifique, il faut davantage l’exploiter. Les bus ne sont pas dimensionnés pour circuler dans des villes comme Menton, à l’exemple du 100 articulé…"

Protéger les espaces naturels inscrits

Le chantier du plateau Saint-Michel.
Le chantier du plateau Saint-Michel. Photo Archives M.A.

Deux dossiers mobilisent l’attention de l’association. En premier lieu, le plateau Saint-Michel. Le chantier mené par le délégataire – depuis que la mairie s’en est séparée – n’ayant de cesse de scandaliser les défenseurs de la nature. Face à l’abattage d’arbres, le goudronnage d’une partie du site, l’existence d’une "décharge illégale de déblais", l’Aspona demande le départ du concessionnaire.

"La mairie nous dit que le dossier est entre les mains d’avocats pour dénoncer la DSP. On attend…" L’association prévoit de faire un comptage des arbres, avec un comparatif entre la situation actuelle et celle d’il y a trois ans (à l’aide de Google maps).

Autre sujet qui fâche: l’Annonciade. L’Aspona s’inquiète que le PSMV (Plan de sauvegarde et de mise en valeur) ait été "gelé", et que les objectifs de la Ville – propriétaire depuis 2014 – soient "opaques".

Une vigilance accrue

L’Aspona suit de près certains chantiers. À l’instar du projet d’hôtel dans l’ancien centre Latournerie. "Les lacets Cernuschi sont classés au Plan local d’urbanisme. On souhaiterait qu’ils le soient aussi au point de vue national", clament Nadine Niel et Frédérique Lorenzi. Désireuses que les "barmes" (cavités naturelles) soient aussi protégées.

"Il y a sur ce site des aménagements hydrauliques exceptionnels à restaurer. D’ici à 2030, ils pourraient nous servir. Et ils avaient permis un biotope d’exception…"

À Garavan, la villa Rosmarino (ou, du moins, ce qu’il en reste) devait se muer en établissement ultraluxe.

"Nous n’avons depuis aucun détail. On aimerait qu’un naturaliste passe avant. Il y a des Chauve-souris, des Phyllodactyles, (sorte de geckos). Il pourrait même y avoir le lézard ocellé."

Face à l’argument, souvent énoncé, du besoin de développer le tourisme, les membres de l’Aspona n’en démordent pas. Hors de question de sacrifier la nature pour autant. "À raisonner ainsi, on scie la branche sur laquelle on est !"


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