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Plages fermées, pêche interdite, moyens déployés... Ce que l'on sait de la pollution aux hydrocarbures en Corse

L'est de la Corse s'attend samedi, avec inquiétude et "colère", à une possible arrivée d'une pollution aux hydrocarbures vraisemblablement liée au dégazage illégal d'un navire en Méditerranée.

AFP Publié le 12/06/2021 à 16:25, mis à jour le 12/06/2021 à 16:25
L'une des nappe d'hydrocarbures détectées au large des côtes d'Aleria-Solenzara. Préfecture maritime de Méditerranée

"Nous craignons qu'une partie de cette pollution touche les côtes corses aujourd'hui (samedi)", a indiqué à l'AFP la capitaine de frégate Christine Ribbe, porte-parole de la préfecture maritime de Méditerranée.

"On espère éviter la pollution, mais ça va être compliqué", a déploré par téléphone auprès de l'AFP Francis Giudici, le maire de Ghisonaccia, une des communes menacées et dont les plages ont été fermées.

"Je suis très inquiet. Il y a également beaucoup de colère. Ce n'est pas un petit dégazage", ce procédé illégal en mer par lequel des navires vidangent les gaz de leurs cuves d'hydrocarbures. "Nous n'avions pas besoin de ça en début de saison" estivale.

Repérée vendredi lors d'un exercice militaire aérien au large de Solenzara, dans l'est de l'île méditerranéenne, la pollution aux hydrocarbures - trait noir dans les eaux bleues de la Méditerranée - s'approche des côtes.

 

"Les reconnaissances effectuées en tout début de matinée établissent la présence de deux nappes", la première se situant désormais dans la zone d'Aleria à 800 mètres des côtes, et la seconde au large de la commune de Solenzara à 3,5 kilomètres des côtes", a indiqué la préfecture de Haute-Corse dans un communiqué.

ministres sur place

Les ministres de la Transition écologique, Barbara Pompili, et de la Mer, Brigitte Girardin, se rendent sur place samedi après-midi pour survoler la zone et rencontrer les personnels mobilisés, ont-elles annoncé.

La présence d'hydrocarbures lourds dont la dissolution est difficile inquiète les autorités qui ont déclenché samedi le plan de protection du littoral Polmar-Terre, qui inclut aussi une action sur les côtes.

Le préfet de Haute-Corse François Ravier a interdit l'accès aux plages sur une quarantaine de kilomètres, entre les communes d'Aleria jusqu'à Ventiseri, alors que l'île connaît un temps estival.

 

Des gendarmes ont demandé aux baigneurs de quitter certaines plages et des panneaux indiquant "baignade interdite-pollution maritime" ont été apposés.

"Le périmètre de l'arrêté sera revu en fonction des informations sur la dérive des nappes", a indiqué la préfecture dans un communiqué.

La pêche est aussi interdite sur ces mêmes secteurs.

Quelque 80 militaires de la sécurité civile, pompiers et gendarmes sont déployés dans cette région pour lutter contre la pollution maritime.

Enquête pour identifier le navire

Le préfet de Haute-Corse appelle les populations à "ne pas toucher ou procéder par eux-même au ramassage des galettes qu'ils peuvent être susceptibles de trouver sur les plages" mais à informer de leur présence la gendarmerie ou les sapeurs-pompiers.

 

Des travaux pour protéger trois étangs côtiers en fermant leur embouchure sont en cours.

La situation pourrait évoluer en raison du déplacement rapide de cette pollution, a toutefois précisé la préfecture.

La marine nationale a envoyé deux bâtiments de soutien et d'assistance affrété (BSAA), "Pionnier" et "Jason", "avec des matériels spécifiques antipollution et du personnel spécialisé de la cellule antipollution de la base navale de Toulon, pour renforcer les moyens déjà déployés depuis la Corse.

Une enquête a été ouverte et confiée à la gendarmerie maritime, a indiqué à l'AFP Dominique Laurens, la procureure de Marseille, compétente pour les affaires de pollution maritime sur le littoral méditerranéen français.

"Une analyse du trafic maritime dans la zone est en cours", a-t-elle ajouté.

 

"La brigade de recherche de la gendarmerie est en train d'enquêter pour identifier le navire responsable de cette pollution et nous avons aussi une vedette sur place qui procède à des constatations", a indiqué à l'AFP le colonel Jean-Guillaume Remy, commandant du groupement Méditerranée.

Il s'agit d'une des pollutions par dégazage parmi les plus significatives constatées au cours des trois dernières années, dans cette zone méditerranéenne, selon la gendarmerie maritime.

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