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Pierre Magnani, maraîcher bio au nom du respect de la terre

Mis à jour le 28/03/2016 à 05:11 Publié le 28/03/2016 à 05:11
Pierre Magnani, cultive en laissant faire la nature, depuis 16 ans.

Pierre Magnani, cultive en laissant faire la nature, depuis 16 ans. Cyril Dodergny

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Pierre Magnani, maraîcher bio au nom du respect de la terre

Quand il a fait le choix du maraîchage, le bio s'est imposé comme une évidence pour Pierre Magnani.

Quand il a fait le choix du maraîchage, le bio s'est imposé comme une évidence pour Pierre Magnani. Et pourtant, ses parents, horticulteurs colline de Saquier à Nice, le mettent en garde.

« Ils avaient cultivé des œillets toute leur vie, utilisée des pesticides, et ils sont violents dans le domaine floral. » Alors faire du bio... Ils se demandent quelle mouche l'a piqué. « Je n'avais pas envie de m'intoxiquer en cultivant les tomates, fèves, petits pois. » Et puis son épouse Anne est enceinte. « Je voulais que cette nouvelle vie soit bien pour nous, » confie-t-elle. Après trois ans de conversion, en l'an 2000, la terre des « Potagers de Saquier » est prête.

« Les coccinelles vont manger les pucerons »

« On a senti le rééquilibrage, avec la faune, des insectes sont revenus, et au fil des années, nous avons eu de moins en moins de maladies. Car nous pratiquons la rotation des cultures, pour rééquilibrer la terre ».

Sur l'une des restanques en balcon sur la plaine du Var, Pierre raconte son parcours sans pesticides, tout en redressant ses plants de petits pois. « Ils ont poussé très vite et un coup de vent les a bousculés ». Il se penche vers une tige, soulève une feuille pour nous montrer une cosse vert tendre.

« Dans trois semaines on pourra les ramasser, et les déguster frais. C'est délicieux ». Et garanti zéro traitement. Comme les fèves qui poussent sur la planche en contrebas. « Elles sont attaquées par les moucherons, observe-t-il, mais on attend que les coccinelles arrivent et les mangent. »

Pierre laisse faire la nature. « Si elles n'en viennent pas à bout on mettra du savon noir ». La veille, il a reçu la visite du contrôleur d'Ecocert.

« Cette année on n'a pas eu besoin de faire de traitement, on a juste passé un peu de cuivre. En agriculture bio, seuls le cuivre et le soufre micronisés sont tolérés. Pour lutter contre les mauvaises herbes, on met du paillage ou du mulch. »

Des apiculteurs ont déposé des ruches, sur leur exploitation. « Ici, on ne tue pas les abeilles avec des pesticides. Elles butinent tranquille. En ce moment les fleurs de cerisiers, puis, on les retrouvera sur nos plants de tomate ».

Les maraîchers regrettent les choix de la Politique agricole commune (Pac).

« La Pac favorise les grosses exploitations mécanisées qui font de la monoculture. Comme ça déséquilibre les terres, ils utilisent des pesticides, des antifongiques... Si on ne vous fait manger que des cerises par exemple, votre santé s'en ressentira. C'est la même chose. »

Dans leur choix d'une agriculture respectueuse de l'environnement, Anne et Pierre ont opté pour la diversité. Au fil des saisons. « Les fèves apportent des nitrates qui sont bons pour les feuilles, alors quand on les a ramassées, on plante des salades. Après les tomates, on plantera des concombres, pour décourager les agresseurs ou les maladies. »

Ces « autodidactes » du maraîchage se nourrissent de lectures pour enrichir leur savoir-faire. Pestent contre des interdictions comme celles frappant les produits à base d'orties. « Heureusement que l'interdiction a été levée, c'est un excellent insecticide naturel, et en plus les décoctions d'orties ça sert d'engrais. Mais ça ne coûte rien et donc, ça ne rapporte rien aux grands groupes qui produisent des pesticides ». S. C.


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